XC SECOND PROCÈS
On raccuse , cette fois , d'avoir voulu provoquer à la haine et au mépris du gouvernement du roi ; et cette accusation est grave, car, suivant un écrivain ^ dont l'opinion peut servir de commentaire à la loi qui a motivé Faccusation, il ny a rien de plus dangereux pour un gouvernement que d'encourir la haine et le mépris.
(M. Dupîn lit ensuite l'article des frères Faucher, dont M. Jouy s'est déclaré l'auteur. Il n'y trouve point le caractère de criminalité que lui prête l'accusation. )
M. Jouy a expliqué ses motifs d'intérêt personnel pour les frères Faucher. Il a exprimé ses regrets d'une condamnation qui appartient à des temps déjà loin de nous. Il a parlé de deux condamnations ; toutes deux sont historiques : il a remarqué une différence saillante , et Ton peut dire sanglante entre les deux; mais il n'a point pour cela provoqué à la haine contre le roi ni contre son gouvernement.
Ce serait tout au plus sur le ministère de i8i5 que tomberait le reproche ; ministère qui a cessé , ministère contre lequel on a épuisé toutes les formules d'injures, d'attaques, et de diffamation; ministère dont celui-ci n'^ p^ jusqu'à présent entendu se rendre l'apologiste, ni se constituer le vengeur.
Ou bien ce sera, si l'on veut, une attaque contre
' Machiavel, dans son livre du Prince y chap. IX, intitulé: // faut éviter de se rendre méprisable et odieux.