‹ Œuvres complètes d'Étienne JouyChapitre 29 sur 72 · DIALOGUE ENTRE LUI ET MOL · texte numérisé non relu

DIALOGUE ENTRE LUI ET MOL

Mol — En y réfléchissant bien , je pense que vous avez raison; j'abandonne l'idée de ma tragédie de Cambyse : aussi bien je n'aime pas les récits au théâtre, et je prévois que j'aurais de la peine à mettre mon dénouement en action. Maintenant que feraije? car encore faut-il que je fasse quelque chose.

LuL — Voulez-vous m'en croire, continuons chacun notre métier d'observateur et de glaneur. Platon suppose qu'on l'enferma dans une caverne sombre qui n'avait qu'une petite ouverture, et que, par cette ouverture, les ombres des corps qui passaient à l'extérieur venaient se retracer sur la muraille. Nous voilà placés comme Platon supposait l'être; du sein de notre chambre obscure nous ne verrons , pendant un mois, passer devant nous que des ombres: traçons sur nos murs des petits tableaux à la silhouette, reportons-les sur notre album, et publions en sortant nos esquisses ; je suis bien trompé si le public ne les accueille pas avec bienveillance.

Mol — A l'ouvrage! mon cher, l'idée est excellente, et je vous quitté pour mettre la main à l'œuvre.

HISTOIRE DE MA CHAMBRE. l3

'^•X/*rK^%/\/%r\/%y^-\/%A^'\/\/X'%/%/^^/*/^%^

Page 1