‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbre (volume 2)Chapitre 27 sur 61 · I. IJ · texte numérisé non relu

I. IJ

47f) LE PARADIS PERDU.

Elles iront au fond des bois paisibles Cacher leur trouble et leur premier bonheur.

Satan paraît, la trompette éclatante, L'aigre clairon et le bruyant tambour, Au vaste enfer annoncent son retour.

Plus de baisers ; sous l'enseigne flottante Chefs et soldats sont aussitôt rangés.

Il conte alors son pénible voyage , Le bel Eden, ses succès, son courage; Puis il ajoute : « Amis, déjà vengés, ISous le serons eflcor mieux , je iespère. Mais votre bras me devient nécessaire : Il faut du ciel occuper les guerriers.

Suivez-moi donc; partageons les lauriers. »

Les inviter à reprendre les armes.

C'est au gourmand offrir un bon repas , Au vieux pécheur de novices appas.

Et des catins à de robustes Carmes.

Voyez leur joie et leur avidilé.

Ils sont partis ; comme eux par la Luxure, Se promettant quelque heureuse aventure:

Dans les enfers on la nomme Astarté.

Partant aussi , ses filles libertines , Au lieu du glaive, ont des rameaux fleuris, Et sous les fleurs se cachent des épines. Parfois, dit-on , une épine a son prix. C'était l'instant qui précède l'aiirore.

Le camp nombreux qu'a laissé Raphaël Obéissait à l'archange Itoèl.

Sur les guerriers l'ombie planait encore » Et prolongeait leur tranquille sommeil.

Quel bruit soudain et quel fâcheux réveil ! Dans la nuit brille , ainsi qu'une comète. Du fier Satan la tumineuse aigrette.

De tous côtés la peur, des cris eoufus ; Dti tous côtés les anges éperdus , Des généraux la voix rel en lissante.

Des officiers la bravoure impuissante.

Les coups pleuvans , les Trônes pourfendus , Les Séraphins sur l'arèi>€ étendus, L'horreur enfin, l'épouvante , la fuite , Et tiu vainqueur la sanglante poursuite. « Brave Moloch , dit Satan , c'est assez ; De nos guerriers modère la vaillance; Prends poste ici. Les ennemis chassés Laissent Éden sans garde et sans défense ; J'y vole seul : et toi , ferme en ce lieu , N'attaque point; je reviendrai dans peu. » Il part , d'Adam méditant la défaite.

Le dur Moloch , affamé de comhats , Pourtant s'arrête , ordonne la retraite , Et dans le camp renferme ses soldati».

Au haut des cieux ont voit alors paraître Des hataillons qu'au secours d'Itoël Conduit trop tard le brave Gabriel.

« Qui d'entre vous ira les reconnaître.^ A dit Moloch. — Moi , » répond Astarté: Et sur-le-champ , de ses filles suivies , Armant sa main d'une branche fleurie.

Elle s'avance avec légèreté.

Eu souriant la brigade ennemie De ces démons contemple la beauté , Les doux regards et l'air de volupté- Viens, Gabriel, astarté te défie.

Lata, SmiHne , Osculette et Kissmie , Toutes enfin , avec de longs rameaux , Frappent gaiment soldats et généraux.

Anges, fuyez ! mais leur désir dévore La nudité de ces contours diarmaus ,

172 LE PARADIS PJiRDU.

Nouveaux pour eux , et qu'à leurs yeux encore Développaient de libres rnouveoaens.

Frappés d'abord, attaqués par ces belles, Nos imprudens attaquent à leur tour.

Sans les frapper, ils avancent sur elles. Dans leurs regards brille un eo îpahle amour ; Des feux impurs dans leurs veines circulent , Pour achever ce ?;lorieux succès A droilement les friponnes reculent , Et bien ou mal défendent leurs attraits. On les poursuit , on les serre de près. Frappant toujours , et toujours caressés , . A droite , à gauche, elles vont dispersées, Puis dans la Lune, et Mercure et Vénus, En renégats changent tous les élus.

Gabriel seul combat avec sagesse.

Sa main repousse Astarié qui le presse. Il se permet quelques propos galans ; Mais devant il recule à pas lents.

Les deux rivaux traversent un nuage Que dans ce lieu pousse un heureux hasard. Un seul instant suffit pour ce passage : Que font-ils donc, et pourquoi ce relard? N'attendez pas que ma muse raconte Ce qu'elle ignore. Après un doux traité, Le bel archange au paradis remonte , Et vers les siens redescend Astarté,

FIN IJU rilANT IReiSIF.ME.

CHANT QUATRIÈME

Te voilà doue , belle et brillante Aurore? Va , je maudis la rose de tes doigts Que les rimeurs fanèrent tant de fois; Je bais les vers que tes pleurs font éclore. Du bel Éden pomquoi réveilles-tu Les possesseurs? Ils dormiraient encore, Toujours peut-être , et n'eussent rien perdu. Femme qui dort conserve sa vertu.

« Mon cher Adam, vois ces deux tourterelles,

Dans leur^ baisers quelle vivacité,

Quelle tendresse et quelle volupté!

C'est le plaisir qui fait frémir leurs ailes. «

Adam regarde et dit avec candeur :

« Je crois plutôt, Eve, qu'à leur manière

Ces oiseanx-là bénissent le Seigneur.

— Vois du taureau la fougue et la vigueur :

A la génisse il vole...* — Autre prière.

— Prions comme eux. — Pour le louer, ma chère ,

Dieu nous donna la parole et le chant.

Offrons lui donc l'hymne reconnaissant

Qu'il'nous apprit dans la leçon dernière. »

Eve à ce mot s'éloigne avec dépit,

Marche au hasard, et rêveuse elle dit :

« Si mon époux garde son ignorance,

Que faire, hëlas ! de ma vaine science? "

Dans ses l>eaux yeux roulent des pleurs naissans;

Un désir vague agite tous ses sens.

L'éclat du jour, cet azur sans nuage ,

Ce frais vallon, ces suaves odeurs,

174 LE PARADIS l'ERDU.

Rien ue lui plaît. Loin des bosquets de fleurs, Elle aperçoit un lieu triste et sauvage, Des rochers uus, des arbres sans feuilla^jc. Eve, craignez ce piège du démon.

Elle s'assied, l'iinpiudeute, el sous elle Satan fait naître une planle nouvelle, Dont la vertu fécondera Junon.

Présent fatal ! celle fleur élrangère Des voluptés touche le sanctuaire.

Et par degrés éveille une autre fleur- Eve bientôt devine le bouheu] .

L'oiseau d'amour parait; il lui présente Le fruit mortel qu'elle a trouvé si doux. Elle sourit, et sa main caressante Flatte loiseau placé sur ses genoux.

Il les couvrait d'une aile frémissante.

Il ose plus; de son bec amoureux L'a/ur efileure un sein voluptueux , Et de la bouche il entr'ouvre la rose. Eve soupire, el dans sou trouble heureux Sur une main sa tête se repose.

Ainsi Léda se penche mollement, Lorsque d'un cygne elle fait un amant.

Mais du plaisir avant celte aventure, Léda coQout le trait doux et fatal :

Eve l'ignore, et toute la nature Semble répondre à son cri virginal.

L'herbe soudain couvre la roche aride ; L'arbre agité fleurit ; une eau limpide En jets s'élance à travers les rameaux ; Des chants lointains éveillent les échos. Eve entend peu ce concert d'allégresse : La volupté pour elle est une ivresse, Et son repos est ent-or le bonheur. Faible el charmante, elle rouvre avec peine Bes yeux chargés d'une humide langueur.

LE PARADIS FCRDU. 175

El ne voit plus... ô surprise! 6 douleur ! Qui peut causer celle fuite soudaine? . .

« Oiseau chéri , disait-elle , reviens , Et tes plaisirs égaleront les miens. »

Du bon Adam alors la voix résonne.

Eve rougit, elle hésite un moment, Puis se rassure , et court légèrement Vers cet époux que son absence étonne.

Elle tenait dans ses mains le doux fruit. A cet aspect Adam frissonne et fuit , S'arrêle ensuite et dit : « Femme coupable , As-lu goûté ce poison.-' — J'ai fait mieux, J*ai dévoré ce fruit délicieux.

— O Dieu vengeur ! — Ce Dieu si redoutable Me laisse vivre. — Eh bien , Eve , crois moi , N'ajoute point à ta première faute,

2s e touche plus.... Tu me glaces d'effroi.

— Quecraius-tu donc.^ — O compagne trop chère.' NVhève pas; et d'un maître jaloux

Par les remords désarme le courroux. »

Dïàant ces mois, à sa femme riante

II croit donner un baiser amical;

Dans ce baiser sa bouche imprévoyante

Du fruil proscrit goûte le jus fatal.

Des sucs divins la secrète puissance

Eclaire un peu sa profonde ignorance.

Et de ses sens agite le repos.

11 se refuse à ces pensers nouveaux.

Eve sourit : de sa dent elle touche

Un second fruit ; son époux effrayé

Veut l'arrêter, et du poison sa bouche

Dans un baiser enlève la moitié.

Pour lui tout chauge; il prend nu nouvel être;

Il pense enfin, il sent, il vient de naître.

Il voit alors et compte les appas

Qu'il méconnut i des yeux il le» dévore.

^7Q LE PARADIS PERBU.

Brûlaul d'amour, mais incertain encore,

A sa compagne en vain il tend les hra.

Pour ajouter au désir qui le presse,

Elle rectile, et légère s'enfuit.

En l'implorant son époux la poursuit.

Eve bientôt ralentit sa vitesse,

Et va tomber sous l'arbre défendu.

Au ciel assis , le souverain du monde

Voit leur bonheur; la foule roule et gronde ;

Mais ce fracas est à peine entendu.

Tous deux cachés sous l'ombre hospitalière ,

Des voluptés boivent la coupe entière ,

Et sans remords leur main cueille ces fruits

Dont la vertu les a si bien instruits,

« N'abusons pas , dit Adam ; la prudence

Dans le bonheur eel nécessaire encor:

Des voluptés ménageons le trésor.

Des doux baisers l'excès ou l'ignorance ,

Voilà le mal ; l'usage modéré

De ce plaisir par l'amour épuré ,

Voilà le bien. » Il dit , et recommence.

Dans cet instant , qui perd tous les humains .

Du Dieu jaloux la première personne

Parle en ces mots : « Chez moi , dans mes jardius!

Je pars, il faut juger ces libertins.

J'aime à juger; pourtant j'ai l'âme bonne.

Passez-moi donc ma robe , Gabriel.

Veillez, mon fils , veillez : Je vois Michel

Du noir Moloch repousser les phalanges ;

Autour de vous il reste encor des anges ;

Ainsi je peux un moment vous laisser.

Pour mon retour qu'on prépare im canti(iue..

Le Saint-Esprit pourra mettre en musicjuc

Le jugement que je vais prononcer. »

Satau , joyeux de sa double victoire ,

Et dans le ciel cherchant une autre gloire, Sur son chemin trouve les renégats :

Il les rassemble, et les mène aux combats ; A ses guerriers campés sur la frontière Un tel renfort devenait nécessaire.

Devant Michel Baal a reculé; Moloch plus loin, par le nombre accablé, IN'e fuyait pas, mais il résiste à peine. Du fier Satan la présence soudaine Rend aux démons un courage infernal.

Leur nouveau choc aux anges est fatal.

D'un coup heureux sur la céleste plaine Thammuz étend le brave Zéphoël; Sous Arioch se débat Abdiel; De Belzébut l'acier perce Uriel ; Baal en deux tranche net Ophiel ; l.'affreux Moioch assomme Elitoël ; Enfin Satan extermine Azaël.

Michel de loin voit leur chute, et les venge. Sur Astaroth il tombe furieux.

Celui-ci pare , et riposte: l'archange Pare à son tour, et droit entre les yeux Frappe et refrappe Astaroth qui chancelle. Dagod entre eux se précipite, et dit:

« De ce hasard ton orgueil s'applaudit , Grand général de cour, valet fidèle.

Ne cherche pas un triomphe nouveau ; Va rassurer le pigeon et l'agneau ; Crois-moi , retourne à tes bêtes; renonce... » L'acier vengeur que dans sa bouche enfonce Un bras nerveux, de ce diable insolent Coupe la voix , perce la gorge impure Et par la nuque il ressort tout sanglant. Avec fracas Dagod tombe, exhalant Un .souffle infect et sa dernière injure. Ce double exploit, qu'admirent les élus.

A7'i Lli PABADLS PERDU

A ranimé leur inouraule vaillance :

De toutes parts le combat recommence.

A la fureur le fer ne suffît plus.

Elle saisit des armes étrangères,

Et sans effort lance des rocs pesans,

Des monts entiers , des arbres fleurissans ,

Et , qui mieux est, des lacs et des rivières

Déjà peuplés de poissons iunocens.

Milton l'a vu , l'a dit ; il faut le croire.

Michel encore espère la victoire ;

Mais tout à coup se présente Satan;

Tenant en main un cèdre du Liban.

Soudain sur lui l'archange redoutable

Jette une masse au Vésuve semblable:

En se baissant il évite le choc ;

Et le rocher, passant loin sur sa tète.

Va renverser Bélial et Chadroch ,

Ils sont vengés : Satan , que rien n'arrête ,

Perce les rangs, frappe, et ce coup fatal

De la victoire est l'éclatant signal.

Sur les vaincus Ghamod se précipite;

Plus de combat; des anges repoussés

Les bataillons sont au loin dispersés.

Voulant encore accélérer leur fuite,

Moloch , aidé de vingt bras vigoureux,

De Jupiter enlève un satellite,

Puis au hasard il le route sur eux.

Au Paradis ils portent les alarmes.

Pâle et tremblant, le Verbe crie: -Aux armes!

Que fait mon père en ce commun de danger.^

Etait-ce là le moment de juger ? »

Du saint pigeon les plumes se hérissent:

Sage il s'envole, et dans l'air balancé,

Chantant un psaume où les coteaux boudisseut j^

Obscurément il prédit ie [mssé.

Déjà croissaient la frayeur et le trouble ;

Satan paraît; le tumulte redouble, Et les démons sur les pas des fuyards Du Paradis franchissent les remparts.

Le Verbe alors croit les réduire en poudre; Mais un mouton sait-il lancer la foudre? Trop bas il vise , et touche rarement.

Devant l'autel combat la garde bleue ; Satan l'attaque en vain , en ce moment Près du soleil passe rapidement Une comète à lumineuse queue ; De ses deux mains il l'empoigne , et trois fois La masse lourde échappe de ses doigts; Mais il l'enlèvo enfin, tremble sous elle. Pour s'affermir avance un pied, chancelle, Et tout son corps lance l'énorme poids. En même temps sous l'effort il succombe, Tombe à demi , se relève, retombe.

Du coup affreux l'autel est fracassé; Le fils du père , un moment renversé : De ses débris se dégage avec peine ; Aux deux rivaux de fidèles soldats Prêtent l'appui de leurs robustes bras.

Et promptement ils reprennent haleine.

Satan déjà s'écrie: «A moi, Moloch« La garde enfin cède à ce double choc.

Du Verbe donc le courroux se déploie (La rage en loups peut changer les moutons) ; Sans distinguer les anges des démons , De tous côtés au hasard il foudroie.

Par des farceurs sur la scène amené , Tel brille et tonne un peccata risible , Qui de pétards est caparaçonné :

Dans ce fracas le baudet impassible Brait noblement, tient bon sur ses tréteaux, Dresse l'oreille, et se croit un héros. F.n un seul point la comparaison cloche,

ISO LE PARADIS PliR»U.

Et des savans méritent le reproche :

Les vains pétards que lance l'animal

Aux spectateurs ne causent aucun maî;

Ceux-ci, mieux faits, blessent, brûlent, renversent;

Et de Satan les troupes se dispersent.

Loin du combat notre grand juge enfin

A des époux prononcé la sentence.

Ils sont chassés de cet heureux jardin ,

De ces beaux Ueux ornés pour rinnoccnce.

Bien escortés , ils marchent en silence.

Baissant toujours son front humilié,

Pâle et traînant sa robe de feuillage ,

Le pauvre Adam inspire la pitié.

Moins abattue , Eve plaît davantage.

Elle a jeté l'informe vêtement

Qu'elle reçut de la bonté céleste ,

Et sa pudeur conserve seulement

De pampre vert une feuille modeste.

En la voyant , les anges attendris

Disent tout haut et tout bas: « Qu'elle est helh' '

Ces mots si doux ranimaient ses esprits ,

Et consolaient sa disgrâce cruelle.

Le juge alors remonte dans les cieux.

Il était temps : les démons fu-ieux Bravaient le 'Cerbe et sa fojidre amortie. Ammos, en hâte arrivant des enfers, Les rassurait contre un nouveau revers.

Son art triomphe, et l'heureuse chimie Au feu du ciel oppose un feu rival.

Elle a trouvé le salpêtre fatal Qui lance au loin la mort et le ravage. Des séraphins qu'importe le courage?

Du Saint-Esprit qu'importe les versets , Et de Fanfan la bêlante colère?

Leur voix s'éteint dans le bruit des mousquets , V.l les canons répondent au tonnerre.

Ils allaient fuir; le Père arrive, et dit : « Cher Saint Esprit, où donc est votre espril? Pour conserver le céleste royaume , Vous le quittiez ? brillani sujet de psaume! Des goupillons, morbleu! des goupillons; El d'eau bénite inondez les démons. »

On obéit à sa voix magistrale.

De toutes parts sur la troupe infernale

De l'onde sainte on verse des torrens.

Qu'oppose Ammos a ces feux dévorans ?

Rien : leur nature échappe à la chimie.

Les noirs démons sous la brûlante pluie^

Hurlent d'effroi , de rage et de douleur.

Le seul Satan résiste au feu vainqueur,

D'un pistolet arme sa main impie ,

Et sur l'autel il saute, Eon lecteur,

Ne craignez rien ; le papa , qu'il ajuste.

Heureusement tourne sa tête auguste ;

Le plomb sifflant effleure son menton ,

Et coupe net sa barbe vénérable ;

Au même instant , armés du goupillon,

Cent mille bras repoussent le coupable.

« Messieurs , dit-il , de fuir je rougis peu.

J'ai relouché votre œuvre favorite:

Malgré la foudre et malgré l'eau bénite.

Le premier hom;ne est homme enfin; adieu. •

Ce premier homme , inquiet et sans guide , Errait alors au milieu des déserls.

Triste, il s'assied sur une mousse aride , Et de ses yeux coulent des pleurs amers. « Quel changement ! dit-il ; Dieu nous repousse. Jardin fécond , sans soins entretenu ,

m, iH

t82 LE PARADIS PEROU.

Fruits délicats , paresse longue et douce , Ruisseau de miel, nous avons tout perdu. Oui , mais aussi nous gagnons quelque chose. Dit la jeune Eve , et son souris propose Le don d'amour. Prompt à se résigner, Entre ses bras l'heureux Adam la presse, Brûle, jouit, et, dans sa folle ivresse. Il répétait: -< Perdre ainsi , c'est gagner. »

FfN nu TROrSlKMfc VOMJME.

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