REBECCA
La nuit était déjà prochaine ,
Quand le fidèle Jézahor
S'arrêta près d'une fontaine
Devant la ville de Nachor.
Une fille charmante arrive,
Tenant une cruche à la main :
Sa voix d'une chanson naïve
Répèle le pieux refrain.
A son air on voit qu'elle est sage.
Elle s'approche : « Homme inconnu,
Dit-elle d'un ton ingénu,
La sueur mouille ton visage ;
Goûte la fraîcheur de ces eaux ,
Et désaltère tes chameaux ,
Fatigués par un long voyage. »
Son offre plaît à Jézahor;
Dans la cruche il se désaltère;
Puis la cruche s'emplit encor,
Et verse aux chameaux l'onde claire.
Elle reprend avec bonté :
« Le jour fuit dans l'obscurité;
Tes pas vont s'égarer sans doute :
Preads cher nous l'hospitalité ;
Demain lu poursuivras ta route,
— Oui , j'eutrerai dans -ta niaisou.
Fille aimable , quel est ton nom ?
— Je suis Rebecca ; j'ai pour père Le bon et juste Bathuel ,
Neveu d'Abraham. — Jour prospère!
Rebecca, je bénis le ciel,
Le ciel qui dans ce lieu cbampêtrft
A sans doute guidé mes pas.
Si l'espoir ne m'abuse pas.
Voilà l'épouse de mon maître. »
Dans la ville alors il la suit ,
Et chez Bathuel introduit ,
Il s'acquitte de son message.
Pour Isaac il demanda
Une compagne jeune et sage ,
La vertueuse Rebecca ;
Et le bon père l'accorda....
Elle partit avant l'aurore ,
Le cneur tremblant et plein d'amour j
Elle trembla durant le jour;
Le soir elle tremblait encore ;
Et , voyant quelqu'un s'approcher ,
Elle dit d'une voix timide ;
« On vient à nous d'un pas rapide ; m
Quel homme ainsi peut nous chercher.'
— Sans doutç que l'amour le guide ; Rassurez-vous. » Sou cri subit Remplaça le salut d'usage,
Et sa main pudique étendit Un voile épais sur son visage.