IV. G
f>2 LESGALA^'TERIES
Des maris le plus inutile Pour [qs champs a quille la ville, Et la vendange le relient ; Jamais de nuit il ne revient.
Mets à profit sa négligence ; Et sans alarmes jusqu'au joui* Viens vendanger en son absence Des fruits de plaisir et d'amour. »
A ce discours ferme l'oreille, Jeune imprudent J sache opposer Une main sévère au baiser Que t'offre sa bouche vermeille.
Une source dans ton verger Jaillit avec un doux murmure , El son eau bienfaisante et pure Te désaltère sans danger.
La faim te presse et te fatigue ?
De ton figuier mange le fruit ; Et ne va pas durant la nuit Du voisin grignoter la figue. «• On pense bisn que Salomon , Avec une telle morale , De la tendresse conjugale Donna l'exemple dans Sion.
Il faut achever et to'it dire :
Ce prince avait d.ms son palais ^ Mille femmes dont les attraits Au moins constant devaient suffire.
Ces mille femmes tour à tour Amusaient son fidèle amour.
Des lointains pays amenées , Elles différaient par l'esprit, Les traits , le langage cl l'habit; Et ces sultanes fortunées, Dont les caprices faisaient loi , Diversement fêtaient le roi.
DE LA BIB/ E. ?î5
Fière de fa haute origine.
L'une d'ornemeus précieux Couvrant ses bras et ses cheveux , Sur des coussins de pourpre fîue Qu'enrichissent la perle et l'or, Avec décence, avec noblesse, Livre aux désirs de son altesse De ses charmes le doux trésor :
Et son bonheur com.ip3nce à peine, Que d'une musique lointaine On entend les sons ravissana , Tantôt vifs , tantôt languissans.
Une autre, en ses goûts plus modeste, Cherche l'ombrage des bosquets.
Sa tunique flottante et leste »
Défend mal ses jeunes attraits.
Mais aussi pourquoi les défendre ?
Elle foule d'un pied mignon, D'un pied nu , les fleurs du gazon; Et Salomon vient la surprendre.
Imitant cet exemple heureux, Soudain les oiseaux du bocage Préludent par un doux nmage A leurs ébats voluptueux.
Mais Nicausis d'une amazone Conserve l'habit et les mœurs.
Quelquefois se fnoque du trône, Et fait acheter ses faveurs.
Toujours sa pudeur inîraitablc Résiste à l'attrait du plaisir; Avec elle il faut tout ravir :
C'était un combat véritable.
Salomon fort heureusement Savait lutter ; et notre belle
^4 LES GALA.ISTERIES
Dans sa chute encore querelle L'audace du royal amant.
Te voilà , tendre Salomée ?
Que tes regards sont caressaus i Que tes soupirs sont séduisans!- O combien tu dois être aimée I Permets que ma lire charmée Répète les aveux touchans Qu'exhale ta bouche enflatnoïée.
« Oui, j'ai connu le vrai bonheur; El ces inslans de ma victoire Seront toujours dans ma mémoire, Seront à jamais dans mon cœur.
Il me nommait sa seule amie; Des larmes humectaient ses yeux ; D'un sentiment délicieux Son âme paraissait remplie; Il soupirait , et ses soupirs Étaient doux comme son ivresse; Il désirait, mais aux désirs Il joignait la délicatesse; Moins emporté, plus amoureux, Sur mes mains penchant son visage, Il répétait : « Je suis heureux , .
Et mon bonheur est ton ouvrage. »
Cél aveu , son trouble enchanteur, Et ses baisers et ma victoire, Seront toujours dans ma mémoire.
Seront à jamais dans mon cœur. »
La vive et légère Zéthime, Qui jusque dans la volupté Conserve sa folle gaîté, D'une autre manière s'exprime:
« Rien n'tst joli comme l'amour.