‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbre (volume 2)Chapitre 46 sur 61 · IV · texte numérisé non relu

IV

7 I LES ROSECROIX.

Leur main jadis arma les Rosecroix.

Je veux venrer d'un injuste silence Tous ces guerriers dociles à leur voix , Q'f^lques Anglais , dignes de plus d'exploits El ' es Français dont l'heureuse vaillance Arracha Londre r.ux fureurs des Danois.

Sur les Anglais i éguail la sage Elfride. Fille d'Edgar, dojit la valeur lapide Trois fois vainquit l'Ecosse et les Galloisi, De Chéréberl" épouse couronnée, St dans Paris en triomphe amenée , Elle brilla dans le palais des rois.

Mère bientôt de ses filles , la Fi ance Avec amour voyait croître reni"auce.

Mais Chérébert , mais Edgar et son Sis , Dans vingt combats de vingt combats suiv». Cherchant , trouvant , fatiguant la victoire ^ Ensanglantaient un fantôme de gloire :

Ils sont tombés, point de larmes pour eux. Elfride alors , sans époux et sans frères , Alla s'asseoir au trône de ses pères , Et sous ses lois l'Anglais était heureux.

Le mois naissait où l'efleurif la terre, Mois de gaîté , d'espérance et d*amour.

Des grands alors l'hommage volontaire Du souverain venait orner la cour.

Tous étalaient leur faste héréditaire, Ducs et barons, bannerets, diàlulains, Remplissent Londre ci contemplent ^c& fêtes , Les dons , les arts des royaumes lointains , De la beauté le.? paisibles conquêtes.

L'éclat du peuple et ses rians festins. Dans le palais incessamment leur foule S'épand , circule, ou revient (,ii s'é'.-oule.

T.ES ROSECROIX. 7

Paricut les j^ux, les plaisirs reiiaissans, Jeux sans tumulte , et qu'Elfride partage. A ses attraits six lustres et trois aus Laissent encor les roses du jeune âge , Et sans couronne elle obtiendrait l'hommage Qu'à ses sujets commande le devoir.

Dunslan, Engist, étendent son pouvoir :

Egaux aux rois , et soumis auprès d'elle , L'amoui accroît leur dévoûmcnt fidèle, Et dans leur cœur est le crédule espoir. La jeune Emma de la reine retrace La majesté, la douceur et la grâce; Mai? son regard quelquefois languissant Donne à ses traits un charme plus touchant. Blanche sa sœur, Klanche, légère et vive, Plait autrement , et sait plaire toujours : Son cœur la tron^pe, et sa fierté craintive Croit vainement échapper aux amours.

Riches, puiâsans, aux filles de leur reine Le froid Osvval etTorgueilIeux Althor De leur Hymen olfrenl en vain la chaîne, lit, sans rivaux, ils espèrejit encor.

D'autres brillaient dans cette cour nombreuse,

Mais à leurs traits, mais à leur grâce heureuse,

L'.eil aisément reconnaît les Français,

D'p:ifride alors volontaires sujets.

Ils avaient vu sa première puissance.;

Lejir dévoùment précéda ses bienfaits;

El tout entiers à la reconnaissance.

Ils l'ont suivie aux rivages anglais.

Kaonl, Albert, pages des deux princesses,

Justifiaient la royale faveur :

Depuis l'enfance à leurs nobles maîtresses

Ils sont soumis , et croissent {>our l'honneur.

Plus belle e;icor, leur sœur auprès d'Elfrid(;

70 LES ROSECROIX.

Fut élevée , et toujours suit ses pas :

Indifférente, Isaurc ne sent pas

Ce qu'elle inspire, et sa,, vertu timide

Éteint rencei>st)ffert à ses appas.

Charle et Roger ont aussi de la France

Quitté la cour, la paisible opulence :

D'Elfride alors fidèles écuyei's ,

Tous deux brillaient dans les jeux des guerriers

Jule, Raymond , moins assidus près d'elle,

Loin de la ville et cliers à leurs vassaux,

Embellissaient leurs domaines nouveaux :

Dans Londre enfin le devoir les rappelle.

Près de ce fleuve où flottent aujourd'hui Mille vaisseaux et les trésors du monde. Dans les prés verts amoureux de son onde. Sur le chemin qui serpente avec lui, Marchent Elfride et son noble cortège.

Sur des chevaux aussi blancs que la neiije, Légers et vifs , mais dociles au frein , Et qu'à son gré guide une faible main, Brillenf la joie et les grâces nouvelles , De ces beautés à l'usage fidèles, Qui sur le poing portant leS éperviers , Rendent l'essor à ces oiseaux guerriers. Chacun s'élance, et d'une aile rapide Au loin poursuit ou h caille timi le.

Ou l'alouetîe aux njatineux concerts. Que la frayeur égare dans les airs :

Il la saisit , entend le cri de joie.

Vers sa maifresse il revole incertain , Et généreux à regret dans sa main Laisse tomber la palpitante proie.

Mais la pitié, qui d'un sexe charmant Est le plus vrai , le plus noble ornement , Déjà prononce une grâce furtive ,

LES ROSECROlX. 77

Et TaloueUe, un seul moment caplive, Retrouve encore sa douce liberté , Son ciel d'azur , sa compagne plaintive , El de son client l'éclatante gaité.

Dans le désordre et le bruit dé la chasse L'amour saisit quelques momens heureux.

Près d'Edgitha Roger enfin se place.

D'un prompt hymei^ il demande les iiœuds. C'est à regret qu'Edgitha les diffère ; Mais sa raison craint du jeune Roger Les grâces même et l'esprit si léger ; Elle sourit de sa vainc colère.

Dans ce moment au cortège royal

Viennent se joindre Alkent et Rénisthal.

Odon les sui t , de sa nièce timide

Guidant les pas; et pour la belle Olfide '

Des vœux flatteurs naissent de toutes paris.

Avec bonté de la reine accuedlie,

Par la rougeur aussitôt embellie,

Dans le cortège elle fait les regards.

Elfride voit avec indifférence

Les trois amis devant elle troublés.

Pourquoi ce trouble , autour d'eux ce silence,

Cette froideur qui ressemble à l'offense ?

Pourquoi sont-ils dans la foule isolés .î»

Tous les Anglais au nouvel évangile

IX'ont pas soumis leur esprit indocile.

Plusieurs encoi- sont fidèles aux dieux

Que vers la Saxe invoquaient leurs aïeux.

Mais des chrétiens' ils redoutaient l'oulrage ,

Désavouaient un culte clandestin,

Et de Crodo, l'un des frères d'Odin,

Au fond du bois ils ont caché l'image.

Là , tour à tour par des sentiers divers,

7)? LES ROSKCROIX.

Pendant la nuit arrivent les fidèles.

Au dieu menteur ils offrant des cprîcerts, Uu fol encens, des guirlandes nouvelles, Fantasmagor , l'un des anges pervers , Entend leurs vœux : A leur muelle idole De temps en temps il prête sa parole ; Pour ranimer un languissant espoir, Il leur promet l'empire et les richesses; Et même on dit qu'à ses jeunes prêîresses Parfois il donne un magique pouvoir.

Des trois amis secrètement le zèle Soutient encor les autels mensongers.

Dans une cour à leurs dieux infidèle, Leur embarras, leur chagrin les décèle , Et près d'Elfride ils semblent étrangers.

Le son du fifre annouce une autre chasse.

De ses roseaux , qu'un chien bruyant menace,

Au haut des airs s'élève le héron.

Sur lui lancé l'intrépide faucon

Part , et les cris animent son audace.

En tournoyant il monte vers les cieux :

llapide et fier, il atteint , il dépasse

De l'ennemi le vol ambitieux ,

L'attaque enfin , alors que dans îa nue

Sa fuite. heureuse échappait à la vue.

Malgré sa force , au faucon valeureux

Dans ce combat l'adresse est nécessaire.

Frappé vingt fois d'wn talon vigoureux ,

L'oiseau pécheur redescend vers la terre.

S'il a perdu l'asMe des roseaux ,

Il peut encore se plonger dans les eaux.

Frappé toujours, et dirigeaat sa fuite,

Vers l'onde enfin son vol se précipite.

Mais du faucoa l'adresse le prévient,

Et sur les flots sa serre le retient.

LUS uosEcaoïx. >

Vaiiu|ueur alors il remonte, il s'arràte , El dans les airs immobile un moment , Ses yeux fixés demandent fièrement S'il doit garder on céder sa conq-jêle. La douce flûte annonce le pai'don ; Le noble oiseau, lâche aussitôt sa proie , Vers les chasseurs il revole, et leur joie De ce vainqueur proclame l'heureux nom.

Aimables jeux que la beauté partage ,

Cessez ; déjà des coteaux au rivage

Le cor lointain a retenti trois lois ,

Et le taureau mugil au fond des bois ,

De la forêt usurpateur sauvage ,

Il vous attend , vclez , adroits guerriers ;

î-.à des combats vous trouverez l'image ,

Les dangers même , et de nouveaux lauriers.

Ils sont partis : Jule de leur absence

Veut profiter; inquiet il s'avance,

Dans le cortège il circule un moment ^

El près d'Olfide arrivé promptement:

« Je puis enfin vous parler^ vous entendre ,

Dit-il : votre oncle avec un froid dédain

M'a repoussé , de vous que dois-je attendre ?

— A Rénislhal est promise ma m«in.

— Sans dodle, Olfîde , elle est promise en vain

— (^et oncle injuste a tous les droits d'un père.

— Qu'entends-je ? vous qu'en secret une mère Sut élever dans la foi du chrétien ,

Vous formeriez ce coupable lien?

— Non , obéir serait alors un crim»;.

—Approuvez donc un amour légitime , " Et laissez-moi l'esnoir consolaleui-.

— Si de mon sort je deviens la maîtresse, Jule, c'est vous que choisira mou c<Eur.

— Ce mot suffit; sûr de votre leudreAsc.

8() LES ROSECROIX.

— Déjà revient le jaloux Rénisthal.

— Il veut sans plaire être heureux ; quel rival!

— Je craindrais tout s'il nous voyait ensemble! Éloignez -votis. — J'obéis; mais qu'il tremble!»

Dans la fofêl le bruit perçant des cors De vingt chasseurs aninte les elforts.

Sur le taureau mugissant et terrible Pleuvent les dards, les lances, les épieux. Il cède, il fuit, revient plus furieux,- Plus menacé, mais toujours invincible.

Il fuit encor sous les traits renaissans Devant ses pas au loin retentissans Des bois émus le peuple se disperse ; Son front écarte ou bri*e les rameaux; Dans le torrent il lom!)e, le traverse; El sou |)assage avec fracas renverse Les troncs vieillis et les jeunes ormeaux. Alkent prévoit ses détours, le devance.

Et près d'un (hène il se pla^e en silence. Le dard lauré par sa robuste main Atteint le flanc du monstre, qui soudain Se retournant , sur lui se précipite.

D'un saul icger l'adroit chasseur l'évite. Et frappe encor le flanc déjà sanglant. L>e taureau tombe, et prompt il se relève. Tremblez, Alkent, fuyez! K» reculant, A ce front large il oppose sou glaive. Succès trompeurs! dans la tête enfoncé Le fer se rompt : de ses mains frémissant^'s Alkent saisit les cornes menaçantes , Lutte , combat , repousse , est repoussé , Du monstre évite et lasse la furie , Ranime alors sa vigueur affaiblie, Et le taureuu sur l'herbe est renversé. Pour les chasseurs sa chute est une fête.

XES ROSECROIX.

I.'heureiix Alkent , immobile isn instant , Reprend haleine, et fier de sa conquête , Pour l'achever du monstre palpitant Sa hache enfin coupe l'e'norme tête.

Joyeux il part, et suivi des chasseurs, Environné des flattantes bannières , Des chiens hurlans et des trompes guerrières , De la victoire il goûte les douceurs.

A ces douceurs l'espoir-ajoute encore.

Vers le cortège il marche radioux ; Sur lui soudain se fixent tous les yeux ; Et toujours fier il jette aux pieds d'Isaure Le don sanglant, le don le plus flatteur Qu'à, la beauté puisse offrir la valeur. Elle recule, et, du présent confuse, Dit : «c Votre niain se îi-orr>j>e , je le vois. A cet hommage , au don que je refuse , La reine seule avait ici des droits. »> Il est muet à ce noble langige ; Mais le dépit colore son visage.

Dans le vallon d'Elfride on suit les pas.

Elle y préside aux factices combats.

Là le guerrier prend une p.rme nouvelle.

Arme de paix, sans pointe et sans tranchiot

Là sur un pont, sur un tertre glissant,

Il faut défendre et garder-une belle.

Le froid Oswal d'Elfride réclama

Le soin flatteur de protéger Emma.

Du pont Raoul doit forcer le passage.

La reine aussi de ce fidèle page

Veut enhardir le bras novice encor;

Tour défenseur Elaflclie reçoit Althor,

El sur le tertre orgueilleux il se place

Du jeune Albert l'impatiente audace

Déjà l'attaque : il roiigii; sa fierté '

n-l LES rosecroj:?^.

Croit ce combat sans péri! et sans i^loire. Et ne veut point un hymne de victoire Pour ce laurier à peine disputé, De ces pensers que suit un froid sourire ^on ennemi brusquement le relire.

Un premier coup brise son bouclier; Du casque un autre emporte le cimier.

«Eh bien! frappons; tandis que je balance, De ce beau page augmente l'insolence ; Frappons.» Il dit, lève à regi-et son bras; Son bras si vain. Le Français plus agile Pendant le coup a reculé trois pas.

Et de ce coup le poids est irfiutile.

Soudain Albert saisit le bras moios prompt Qui se relève , et vers la plaine il lire Son ennemi qu'indigne cet affront.

A Blanche alors échappe un faible rire, El l'espérance épr'noiiit son front.

L'Anglais descend, le page prend sa place; L'Andais revient ; le page qu'il mens^ce Sur lui s'élance; il tombe , renversé , Au bas du tertre il roule, et dans la plaine S'arrête enfin , tout poudreux , hors d'haleine. El consolant son orgueil offensé.

Cachant sa joie, et fière autant que sage , D'un seul regard Blanche tionore son page.

Pendant ce temps, Raoul du pont voisin Chassait Oswal : moins fort et plii§ rapide, De tous côtés son adresse intrépide - Frappe l'Anglais qui le repousse en vain. Des coups pressés qui pleuvent sur sa tète Oswal d'abord écarte la tempête ; Mais sur son bras descend le dur acier. Et de sa main Jtombe le bouclier.

Lent et courbé, tandis qu'il le relève ,

LES ROSECROIX. 85

Des coups pins sûrs oui fait voler sou glaive, Son casque d'or; et le jeune héros.

En le poussant, le jette dans les flots. , Il passe alors, et brillant d'allégresse Il va tomber aux pieds de la princesse. Heureux vainqueur! sur le page oliaimani , Dont le danger excita ses alaimes, Les } eux d'Emma se fixent ui» moment , Et dans ses yeux Raoul a vu des larmes, y

Aux deux Français les éloges flatteurs, Des cris joyeux , les fanfares bruyantes , Sont prodigués; et d'aigrettes brillantes La maiîî d'Elfride honi;re ces vainqueurs.

Dans son palais, où le festin s'apprête,

De nouveaux jeux ])rolongeront la fête.

Kon pas pour tons : le jaloux Rénistbal

S'approche enfin de son jeune rival :

« Tureviendras?— Oui.— Seul .►* —Seul-» Dans la feule

Qui lentement se sépare et s'écoule,

Il est rentré; mais un lit dans ses yeux

Ce qu'il a dit , surtout ce qu'il espère.

Jule est chéri, Rénisthal odieux;

On craint pour Ju'e un combat nécessaire;

D'Olfide on voit le silence et les pleurs.

Et son chagrin passe dans tous les cœurs.

Quoi ! de ses t'ons le ciel ainsi se venge!

N'est 'il jamais de plaisirs sans mélange.^

Non, trop souvent le nuage lointain.

Dont l'œil à peine aperçoit la naissance ,

Croit leiitement, se déploie en silence,

F.î d'un jour j)ur nienare le déclin.

FIN l)i; CHAKT rriF.MIF.R,

H) LES ROSECKOIX.

CHANT SECOND

Repas dans le palais. Raymond et Aldine. Ai rivée d'AriLui, freie d'Olcan , qui iè<:;ne dans l'iî*^ de AV aille. Combat de Jule et de Rénisthal. Présent d'Arthur à la reine. Piéseiit de la reine. Histoire d'Agéîine, mère d'Olcan et d'Arthur. Anuonte de l'approche et de l'arrivée des Danois.

J'aime Téclat .de celle cour fidèle

Que le festin pivs d'Elfride rappelle,

De ces Français le Ion noble, enjoué,

El leur encens des dames avoué.

Paris à Londre a donné ces parures ,

Ces longs cheveux séparément tressés.

Et sur la tête au.\ fleurs enhelacés,

La pourpre et l'or des légères bordures ,

De ces bras nus la grâce et la rondeur.

Ce soin voilé par la seule pudeur,

Où flotte et brille une croix .symbolique,

Le lin moelleux de la longue tunique.

Le lin plus court tombant sur les genoux ,

Ce blanc cothurne, enfin ce voile aniique

Né dans la Grèce et transmis jusqu'à nous.

La belle reine, Isanre, et les princesses ,

Charment les yeux et balancent les choix.

Aux vœux secrets, aux naissantes tendresses,

D'autres eucor, toutes avaient les droits.

Le seul Raymond, pour elles insensible,

Le long du bois, près du fleuve paisible ,

Va promener son silence rêveur.

Mais là du peuple il voit la gaîlé vive ,

Les jeux divers, le facile bonheur.

Plus loin il marche, et sa bouche plaintive

Trahit enfin le trouble de son cœur :

LES ROSECROIX.

« Que faJs-je ici loiu de loi . chère Aldine ? A tes conseils je n'obéirai plus.

Mais quand, dis-moi , cesseront tes refus? Française, pauvre, à quinze ans orpheliue. Indifférente à mes vassaux jaloux.

Qui de mes vœux conuaissent le plus doux. Ne ftuis-je pas ton appui nécessaire?

Un roi souvent couronne une bergère ; Nous nous aimons, plus de rang entre nous. ïu n'en crois pas ma constante promesse; Tu crains l'hymen; lu crains de ma jeunesse lin repentir qui punirait l'amour.

Mais la raison approuve ma tondresse.- Je l'interroge, et sa voix -chaque jour.;.. »> Des cris alors troublent sa rêverie.

Le peuple au loin sur un léger vaisseau A des Wailtaina aperçu le drapeau.

Et l'attendait sur la plage fleurie.

Les yeux bientôt reconnaissent Arthur, Frère d'Olcan , qui règne sur cette île . D'où l'œil charme , dans un lointain d'azur, Voit des Anglais le rivage fertile.

Arthur aima, mais ne put obtenir

La belle Elfride , à Chérébert promise.

Elle plaignit sa tristesse soumise,

El lui ,. constant jusque dans l'avenir,

Par un serment s'interdit l'ijyménée ,

Sanctifia sa douleur obstinée.

Et sur l'oubli de ce vœu solennel

Il invoqua les vengeances dvi ciel.

Son cœur toujours conserve sa tendresse;

Mais il commande à ce cœur agité ,

Et sur son fro-nt est la tranquillité.

Le sage Olcan , qui touchV; à la vieillesse.

N'a près de lui qu'un /ils encore enfant;

Il aime Arthur; et de Waille «ouvcnl

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