‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbre (volume 2)Chapitre 49 sur 61 · IV · texte numérisé non relu

IV

i 10 LES ROSEOROIX.

Leur voix du ciel implora le secours; Le ciel loin d'eux reponssa les tempêtes. Heureux époux , ils s'aimèrent toujours.

Unis encore ils planent sur nos têtes.

Trois fois salut aux auteurs de mes jours ! J'ai raconté leurs fidèles amours.

— Fils d'Élidda, j'aime ta voix touchante , Ton front naïf, et sa fierté naissas^te.

Du scalde un jour tu seras le rival.

D'un maître dur infortuné vassal,

•Te t^affranChis. Gardes , cherchez ce maître :

Sous ma justice il Uéchira peut-être,

• — Je lui pardonne , et je plains son malheur.

— Crois-moi, trop loin c^est porter la doiueur. A ce tyran il faut laisser la vie ;

Mais qu'à tes pieds sa fierté s'humilie.

— Je l'avoûrai , parfois cette fierté Se radoucit et connaît la bonté.

— S'il est ainsi, la fortune contraire Lui paraîtra moins dure et moins sévère. Le voici. Viens. Oldar n'est point cruel, Et rompt tes fers : sois soumis et tranquille, Kl sous nos yeux en esclave docile

Sers à ton tour le jeune ménestrel.

— Vous entendez ? dit la prudente Aldinc , Noble seigneur, ainsi change le sort.

Je suis sévère, et je blâme d'abord

De votre front la surprise chagrine.

Maisi! est nuit, salut, Oldar, et loi

Earon si fier, obéis et suis-moi. »

Les voilà seuls , et des tentes guerrières

Aldiue approche un timide regard.

« Un lourd sommeil descend sur leurs paupières,

Dit-elle, ainsi, fuyons; peint de retard. »

Muets au cri de la garde nocturne,

Du vaste camp ils s'échappent tous deux.

Mais on poursuit leur marche tacilurn«.

Daus la forêt qui s'étendait près d'eux RayuioHd se jette; Aldine suit tn;niblanle. Pour la sauver dans sa fuite trop leiite. Il se détourne, il court, et de ses pas Le bruit at'.ire et trompe les soldats , Il leur échappe à travers le bois somhre , Marchant toujours, il s'égare daus l'ombre, S'arrête alors , de sa route incertain , Appelle Aldine, et l'appelait en vain.

Dans le vallon solitaire et tranquille D'une cabane elle a trouvé l'asile.

««Raymond, dit-elie, est plus que moi léger; Facilement il a fui ce daui^er.

Au camp d'Eugist de Loudre il doit se rendre; C'est son projet; et là j'irai l'attendre.» Des messagers Eifride chaque jour Désire et craint le rapide retour.

Dans ses pensers tandis qu'elle chancelle , Quatre soldats sont introduits près d'elle , Et l'un d'entre eux: «Des deux pages français. Dont la valeur étonne vos sujets , L'ordre m'envoie. (Emma rougit, s'avan.ce; Et Blanche affecte ku air d'indilTéience.) Nous combattions sous ces jeunes héros.

Ils ont vaincu trois fois; et des drapeaux Qu'aux ennemis enleva leur courage; Reine, à vos pieds je dépose l'hommage. — Je m'attendais à ce don glorieux, Répond^ElIride : élevés sons nves yeux , lis promettaient de remplacer leur père. Dont mon époux long-temps pleura la mort. Leur sœur en moi méritait une mère.

Je dois veiller, je veille sur leur sort. Leur dévortmenf, leurs naissantes prouesses, Semblent du ciel m'annoncer la faveur.

112 1.E5 ROSl'CJlOrX.

.Te les élève, auprès des deux princesses, Au noble emploi de chevaliers d'honneur. ^^ Emma craintive ajoute : « Qu'ils revienneat. Il faut qu'ici leurs prières obtiennent Des étendards, des guernei^ plus nombreux Et des travaux moins pénibles pour eux.» O de l'amour prévoyantes alannes!

Sexe chéri , toi seul crains les malheurs; Sur les combats loi seul verses des larmes ; A la pitié toi seul ^M'êtes des charmes; Toi seul enfin consolés les douleurs;

CHANT CINQUIÈME. -f

., V .. .1 iiA- Arthur marche vers le cauip d'Euj^ist ; il estjoimpïWf Jule. Projet d'Alkent et de ses amis. Althor com*bat l'arraëe d'Oldar. Pèleriuaj>e des deux princesses ; elles sont surprises par les Danois, et délivrées par Raoul et par Albert;' présent d'Emma à Raoul. .Enlèvement d'Isaure ; ses frères poursuivent les ravisseurs. Charle et Osla. Combat entre les troupç» d'Oswal et celtes d'Éric.

Arthur, suivi de sa troupe lidèle ,

Vient partager celle guerre nouvelle ,

Du nom d'Elfride orne ses étendards ,

Vole et de Londre il revoit les remparts.

Passant auprès , et traversatit la pla.ne

Que la Tamise embellit de ses flots,

Il fait trois fois abaisser les drapeaux.

Et d'un salut honore ainsi la reine. ^ '

Jule plus loin s'unit à ce héros.

Au camp d'Engisl ils vont chercher la gloire.

Puisse le sort leur donner la victoire L

Puisse l'urooi'r permettre leur repos!

^ans souvenirs, sans trouble, aux pieds d'Elfiid»

Qu'Arthur bientôt dépose ses lauriers,

LES ROSECROIX. il 5

Et que de Jule et de sa chère Olfide Les doux adieux ne soient pas les derniers!

I.e jeune Harol, dont la marche disperse Et devant hii chasse tous les Anglais, Sait des combats la fortune diverse.

Et prudemment médite ses succès.

Les prisonniers dans son camp pourraient nuir« r. Sur les vaisseaux tous il les fait ccmduire. Là ses trésors arrivent chaque jour.

De Londre il croit la conquête certaine ; Mais, prévoyant , vers sa flotte lointaine Il se ménage un facile retour.

Le brave Engist au danger j-e prépare.

' Alkent, dit-il, choisissez mille archers, Et postez-vous au pied de ces rochers Qu'un bois étroit de la plaine sépare.

Ijans le combat, sans clairons et sans cris, Vous tomberez sur les Danois surpris. » 1 1 obéit ; Felt et Rhinal ses frètes , Oden , Saldat , liénisthal , et Sunon , Suivent ce chef; et bientôt soliloirts , A leurs soldats voués au même auU^ lis ont donné leuf projet criminel.

« Voici pour nous le jour de la vengeance . Disait Alkent ; veuve de Chérébert , Dont la froideur, dont l'oubU nous offense. Tremble, à tes pieds un abîme est ouvert. Je bai". Jésus, et je hais ta puissance, »

La reine est loin de prévoir ce danger ; Mais quelquefois elle semble inquiète- D'Allhor enfin arrive un messager :

Son front est calme , et sa boucbe cit niucltc:. On l'eiivifonnc; EUridc, (jui sourit, flurhc son trouble , et remit cet écrit :

1 I , LES ROSliCROlX.

« Reine , le ciel favorise vos armes. ,

Sur deux coteaux Oldar et ses brigands

Avaient assis et retranclié leurs camps.

Dans le ravin je pousse mes gendarmes.

Déjà du roc ils gravissaient les flancs ;

Des deux sommets roulent d'énormes pierres ,

De lourds tonneaux , et des forêts entières;

Sous tant de chocs ils tombent renversés;

Et les Danois aussitôt élancés

Lèvent sur eux la hache et la massue ,

Et, du ravin ferment ia double issue.

Je souriais de leur crédule espoir;

Long-temps serré dans un étroit théâtre,

J'ai soutenu juqu'aux ombres du soir

De ce combat la lutte opiniâtre;

Deux mille Anglais sont tombés en héros ;

Et fatigués de carnage et de gloire.

Des étendards laissant quelques lambeaux ,

Le reste enfin a franchi les coteaux.

Reine, chantez l'hymne de la victoire. »

Le peuple écoute, ad rai rie , et n'entend pas

De ce récit l'obscurilé pompeuse.

De toutes parts une foule nombreuse

Lève ses maius vers le dieu des combats.

Mais près de Londre est une humble chapelle

Qui des chrétiens atJire le concours;

Et là surtout la piété fidèle

Du ciel facile implore le secours.

La sage reine à cet autel propice

Veut-elle même offrir avec éclat

Des dons nouveaux; et pour elle un prélat

A préparé le divin sacriQce.

Mais trop de soins dans Londre l'arrêtaient.

Blanche et sa sœur, que du peuple escortaient

Les chants pieux, vers ce prochain village

LES ROSECiUUX. \\:

Vont accomplir le saint pèlerinage.

Des laboui*eurs les groupes curieux , El des enfans l'élonnement joyeux , D'un cri flatteur saluaient leur passage. Tous adruiraieMl leurs traits nobles et doux , Que la bonlé rendait plus doux encore.

Devant le dieu que l'Augleterre adore Avec respect fléchissent leurs genoux.

Du peuple entier le cantique l'impiore.

A rnynuic saint recommencé trois fois Elles mêlaient le charme de leurs voix. Ce&jent enfin le chant et la prière.

Elles marchaient vers la simple chaumière Où les attend un modeste repas , Et des hameaux les vierges rassemblées, A leur aspect con^^nt€s et troublées, Sèment des fleurs au devant de leurs pas. Un cri Perçant soudain se fait enlendre ; « Ciell les Danois! les Danois! » la lerrenr Pâlit le front du faible laboureur.

En vain contre eux il voudrait se défendre. Timide il court, cherche le bois obscur, Et sa frayeur évite un trépas sûr.

Ainsi tout Juif ; et de leurs mains sanglantes Fraull et Ghesler^ suivis de leurs guerriers, Osent saisir les prnicesses t«remblanles. Malgré leurs pleurs , poin- elles deux coursiers Sont déjà prêts, mais Raoul et son frère. Et leurs soldats soumis au même dieu, Subitement arrivent dans ee Um.

Dignes héros, espoir de l'Angieterii; .

Le ciel lui-même ici vous a conduits, L'honneur, l'amour, les reudi-nt mvin. ibies. l'els deux lions rugi.ssans et terribles D'un jeune hymen défendent les doux i, uils. Moins fier encor l'aigle irrité s'élance

Ijfi; LES ^OSECROIX.

Sur le vautour, qui, durant sod abseuor.

Ose iiisuller d'un regard curieux

Sdu aire vaste et voisiiie des aaux.

Quelques Danois déjà mordent la poudre.

Sur leurs vengetirs descend comme la foudre

Des deux Français le redoutable ter.

Environné de sa troupe chérie,

FrauU disparaît ; en reculant Ghesler

Tombe , et son sani; rougit Therbe fleurie.

Fuyant alors et toujours menacé

Son escadron est au loin dispersé.

Les deux vainqueurs des sœurs reconnaissantes

Viennent calmer ks craintes renaissaales,

A ses côtés Emma, non sans rougeur

A fait asseoir son jeune défenseiu*.

Elle se tait; mais ses regards , ses larmes,

Du Rosecroix récompensent les armes.

D'un prix si doux l'amour est satisfaifl

«Vous m'évitez im îionteux esclave,

Dit-elle enfin , et jamais ce bienfait...

— Pourquoi descendre à cet hunàble langage i'

Quels sont mes droits, e«. pour vous qu'ai-je fait:'

Mon seul devoir, — Ebbien,qu'du moins mon page

Que mon fidèle et brave chevalier,

D'amiîié pure accepte un nouveau gage. »>

Sur son cou blanc l'of flottait en collier

Sa main détache et présente au t,uerrier

Ce don pour lui plus heureux qu'un empire.

Tremblant d'amour, dans un transport soudaii

Il ose prendre et baiser cette main.

Qui lentement des sien'ie.s se retire.

Blanche marchait, félicitant Albert.

Elle applaudit à sa gloire nouvelle;

Dans les soupirs sa voix faible ce perd ;

Et plus sensible elle paraît plus belle.

Tremblante encor, pour assuier ses pa« ,

LES ROSECIIOIX. H-

Du beau Français son bras pressant ie bras , Semble permettre une audace furtive.

Il hésitait; déMcate el craintive, Enfui sa bouche effleure ce satin.

Albert! dit-elle avec vfa ton sévère.

Pâle et confus , il baisse un front chagrin. Elle sourit, toujours vive et légère, Et dit encor: «Un bras m'est nécessaire; Marchons; le JDur penche vers son déclin; De la cité reprenons le chemin. »

Ils ont rejoint le cortège tranquille, Qui sans soupçon s'avance vers la ville. En approchant quel récit douloureux!

Ce jour, hélas! dût être malhe.ureux.

Dans les hameaux qui bordent la Tamise, La jeune Isaure, échappée à la conr, Des nobles sœurs attendait le retour.

Ses dons discrets , qu'Elfride favorise, De l'infortune y soulagent les maux , Et sa voix douce y laisse le repos.

Mais jusque là FrauU prolongea sa fuite. Il voit Isaure, et de l'ombre du bois Tous ses guerriers s'élancent à la fois. Kien n'arrélait leur audace Tsubi te :

Quelques vieillards , des femmes , des enfans, •N'avaient contre eux que des cris impuissans. Leur main néglige une vulgaire proie.

Un butin vil : sur un coursier fougueux Où la retient une utile courroie , Isaure en pleurs nu milieu de leur joie Sous la forêt disparut avec eux.

A ce récit que la douleur écoule, Raoul frissonne, et s'écrie : " Ah ! cans don le Nous ratleindroi!5 ce lâche ravi.<vseur.

Séparons-nous, Albert; prcmb cette roule;

IIS LES ROSECROIX.

Le ciel bienlôl nous reudra notre sœur. «

Il s'abusait; de Frauli la fuite hjeureuse.

Rapide encor sous la nuit ténébreuse,

Au fond des bois se frayait un chemin.

Dans les sentiers on le poursuit en vain.

Trop occupé de la belle étrangère,

Charle, toujours errant et solitaire,

Marche au hazard, espère la revoir.

Et chaque jour trompait ce doux espoir.

Il aperçoit la troupe fugitive;

Pour l'observer il s'arrête un moment ;

Son œil encor méconnaît la captive ;

Mais généreux il vole; brusquement

D'autres Danois lui ferment le passage.

Ils sont nombreux : qu'importe à sou courage :

Pour se défendi-e il recule d'abord,

S'adosse au roc , frappe alors et terrasse ,

Et des guerriers qu'étonne son audace

Seul il soutient et repousse l'efforî.

Son glaive adroit toujours donne la moit.

Impatient de sa longue défense ,

Pour l'écraser un Jutlandais s'avance.

«Avec honneur, dit-il, tu périras. »

L'énorme tronc que sans peine il agile ,

Et que de Charle un mouvement évite ,

Contre le roc se brise en mille éclats.

Un coup plus siir ouvre son front farouche ;

Sur ses amis il retombe , et sa bouche

Maudit Jésus, Odin, et le Julland.

Ainsi mourut le terrible Ruslaud.

La troupe cesse un combat difficile ,

Où la victoire est pour elle iiuitile ,

Elle recule, et bientôt elle fuit.

Et du vainqueur le sabre la poursuit.

De loin Osla , sous un arbre placée ,

LES ROSECROIX. 110

Âvall de Charle admiré la valeur. .

P^ile voyait, nou sans quelque douleur, Par un seul bras sa troupe dispersée.

A l'allaquer elle hésite un moment; Mais elle veut arrêter sa victoire , Et devant lui s'avance fièrement, «t Ne chercbe plus une facile gloire.

Et laisse i'nir ces timides {guerriers, Dil-clle , viens ; si ma valeur succombe , Sous le rocher fais élever ma tombe , Et de mon casque ennoblis tes foyers. -^ rarlcMt ainsi, du héros qui s'arrête Elle {.'approche, et déjà sur sa tête Elle tenaille trépas suspendu.

Par sa beauté Charle était mieux vaincu , Et devant elle il jette son épée.

Dans son attente heureusement trompée , Elle adoucit son front et son regard.

Puis se retourne, et légère elle part.

Il la suivait; elle dit : « Téméraire, L'honneur enfin me rendrait ma colère.

Va; si toujours l'un de mes ennemis Craint le combat que toujours je propose ^ Je veux du moins, fidèle à mon pays, De ce refus méconnaître la cause.

Il reste alors , long-temps la suit des yeux , El lentement il quitte enfin ces lieux. Ainsi l'amour au tumulte des armes Mêle souvent sa douceur et ses larmes.

Raymond gémît d'Aldine séparé.

De trahison, de vengeance altéré, Lesonsbre Alkent aime et s'abuse encore : Pour prix du crime il veut la jeune Isaure. «' Qu'Harol vainqueur à ses premiers sujets ,^ Disait Oldar, ajoute les Anglais; Tne provinre ef Klniicbe me suffisent;

120 i^t-.s ro:;ecr()ix.

Et pour surcroit à son riche butin , D'Emma si belle Éric aura la main.

Ainsi du moins nos scaldes le prédisent. »

Éric pourtant par,Oswal arrêté Harcèle en vain sou immobilité.

Entre eux ('oulail une large rivière.

Le camp danois couvre la plaine entière. Su? l'autre bord l'Anglais maître du pont Est sans projet ; mais un marais profond Défend sa droite à demi déployée , Et contre un bois sa gauche est appuyée. Long-temps Oswal, dans ce poste affermi, Défend aux siens une attaque incertaine. Et , refusant le combat dans la plaine, Du pont étroit repousse l'ennemi.

Voilà soudain ce combat qui s'engage.

Paul et Jenny, des deux frères en fans , Dont l'âge heureux allait toucher quinze ans , Époux futurs , pris au même village , Chez les Danois alors étaient captifs.

On n'avait point enchaîné leur faiblesse. Tous deux fuyaient, «. t malgré leur vitesse, Quatre soldats suivent leurs pas furtifs. De ces brigands la main croit les reprendre ; Mais quatre Anglais voient pour les défendre. Des deux côtés éclate un cri perçant ; Des deux côtés se lève im fer tranchan? ; Des deux côiçs le trépas va descendre.

Nouveau péril! mais le couple léger.

Pour échapper à ce double danger , Au tronc noueux d'un chêne solitaire Monte , et, perdu dans l'arbre tutélaire, Voit aussitôt le combat s'engager.

Les quatre Anglais soqt battus et reculent ; Quatre plus forts repoussent les Danois ;

LES ROSECROIX: ■\2\

Vingt Jutlandais accourent à la fois ; Sur eux du pont s'élancent vingt Gallois; D'Oswal , d'Éric, en vain tonne la voix ; Tous leurs soldats, et sans ordre et sans ?hoix , Autour de l'arbre en cercle s'accumuleîit. Ce cercle épais, tnmultueux , pressé , S'accroît toujours, de lances hérissé.

Entendez-vous le rauqne et long murninrtî Du malheureux dans la foule étouffé , Les hurlemens , la prière et l'injure, L'aigre défi par l'ivresse échauffé ?

Des combattans si la masse ébranlée Un moment s'ouvre, et si plus vigoureux Quelque héros, dans un reflux heureux.

Sort tout suant de l'horrible mêlée , Au doux repos à peine est-il rendu, Des arrivans le flot inattendu Soudain l'entraîne, et dans la presse il rentre. Serrés, portés, et promenés partout.

Morts et mourans restent droits et debout. De ce combat toujours l'arbre est le centre. Deux des guerriers sous cet arbre poussés , Et qu'écrasait la fouîc impénétrable..

Pour échapper au poids qui les accable, Le long du tronc qu'ils teuaient embrassés "Veulent monter : Paul et Jenny pâlissent. Ils montent ; ciel! Paul et Jenny frémissent. Mais des brigands l'impitoyable main laisit alors, frappe et renverse enfin

iurs compagnons qui touchaient le feuillage, châtimeat de près suivit l'outrage :

;s malheureux tombent, et de leurs poids 'Sont écrasés les barbares Danois Qui des rameaux leur enviaient l'asile.

I.e jeune couple est sur l'arbre immobile. I-ong-temps dura ce combat sans honneur

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