LES RO.'^ECROIX
Brise d'OJon la bannière coupable.
Toujours vainqneur el toujours menaçant
Dans le tumulte autour de lui croissani
Il voit Alkent qui le cherche peut-être.
Et son courroux promet un coup mortel ;
Mais autrement en ordonne le ciel ;
Le bras est loin qui punira ce traître;
Et le héros par la foule ecilrainé
Frappe du moins sa cohorte parjure.
Nommant la reine et vengeant son injure,
De morts bientôt il est environné.
Felt et Rhinal , d' Alkent trop dignes frères ,
Lèvent sur lui leurs lâches cimeterres.
Fier il s'arrête, et tandis qu'au premier
li opposait son large bouclier, •
Sa forte main, qui jamais ne s'égare.
Par un revers prévient l'autre guerrier.
Et, traversant les côtes qu'il sépare.
Dans la poitrine entre le h'oid acier.
Rhinal expire, et son sang infidèle
Sur la verdure à gros bouillons ruisselle.
Son frère alors, 'bien loin de le venger.
Veut sans pudeur se soustraire au danger.
Arthur atteint sa fuite solitaire.
Du fer aigu sous l'omoplate entré
.Tusquà son cœur la poinîe a pénétré;
Il jette un cri, ses dents mordent la terre.
Et lâche encore il meurt désespéré.
A cet aspect' pâlissent les rebelles.
Le fier Alkent en vain les rappelait :.
Sourde à sa voix, leur frayeur prend des ailes.
Plus lentement lui-même reculait.
De ses archers un groupe l'environne.
Le brave Arthur, dont l'approche rélorme,
Pour. le punir courait le bras tendu^
Un sang- épais sur l'herbe répandu
LES ROSECROIX. 15.>
De ce héros trompe le pied rapide.
Il glisse et tombe; inutile valeur!
Percé de coups il expire, et d'Elfride L'image enfin s'efface de son cœur.
Pendant ce temps, ambitieux de gloire.
De sang couvert, des timides Anglais
Le jeune Harol perce les rangs épais.
Sous ses drapeaux il fixait la victoire.
Inébranlabl , Engist luttait encor.
De loin l'a vu le robuste Ladmor.
Dans le Holstein sa main s'est illustrée :
Là corps à corps il avait combattu ,
Et, plus adroit, à ses pieds abattu
Un ours aftreux, terreur de la contrée :
De sa dépouille il fit un vêtement.
Un long couteau pendait à sa ceinture.
Tout hérissé de l'épaisse fourrure,
Près de l'Anglais il tourne lentement.
.Son arc reçoit une flèche furfive ;
Au but «choisi le trait sifflant arrive,
Et sous la hanche il demeure enfoncé.
Engist l'arrache et frémit de colère.
Uu second dard subitement lancé
Perce la main qui tient le cimeterre; ,
Et tel que l'ours au combat animé
Le Danois court sur l'Anglais désarmé.
Il le saisit, dans ses bras il le serre;
Plus vigoureux il l'étouffé à demi ;
L'Anglais résiste, et de sa main blessée
Repousse en vaiu cet étrange ennemi.
Il succombait; son auire main baissée
En s'agitant touche le long couteau.
Faveur du ciel! la pointe meurtrière,
Que dirigeait son adresse guerrière,
Porte au sauvage un coup sûr et nouveau,