CHANT DOUZIEME
Londre prise d'assaut ; valeur brillante d'Harol. Hors de la ville, Charles et Raymond combattent la troupe d'Oï.la; humanité d']Iarol; fureur d'Eric et d'OIdar j Roger, Dunstan, Engist, Oswal, Althor ; Harol fo;ce l'entrée de la tour ; Emma , Blanche , ElfVide , et Isaure ; Harol fait suspendi e le carnage; Eric etOldar refusent d'obéir; Raoul et Albert arrivent, combattent et luent ces deux chefs. Hors de la ville, les Danois sont vaincus ; Raymond retrouve Aldine; Charle et Osla. Sort de Raoul, d'Albert, et d'Harol.
Raoul , Albert et leur troupe nouvelle ,
De Londre enfin découvrent le rempart.
Pour le défendre ils accouraient trop tard.
Au jeune Harol la victoire est fidèle.
Les dards pleuvans, la planche qui chancelle.
N'étonnent pont son intrépidité;
Et de ce point que l'audace a jeîé
Dans les créneaux le premier il s'élance.
En arrivant, sa redoutable lance
Punit Althor dont la tcraérité
L'avait déjà de la voix insulté.
Les siens alors , qu'anime son courage,
De tous côtés forcent l'étroit passage.
D'autres encor s'élancent des vaisseaux.
Forts et nombreux , nourris dans le carnage,
En pelotons leur foule se partage,
Frappe, renverse, et le long des créneaux
Le sang anglais déjà coule à gi*ands flots.
De ce rempart , qu'en vain leurs bras défendent ,
Les uns dans l'onde étaient précipités ;
En résistant les autres sont jetés
Dans les jardins qui sous les murs s'étendent ,
Et que peut-être eux-mèmc avaient plantés ,
Harol , qui court et dans les rangs circule ,
LfiS ROSECROJX. 11)3
"Echauffe en cor ce combat inégal.
Partout son œil cherche un digne rival ; <
Mais des Anglais la crainte enfin recule, *Et dans leur fuite ils entraînent Oswal.
Fangeux , infects , et respirant à peine ,
Mille Danois commandés par Oslin
Sortent alors de l'égoût souterrain
Qui se prolonge et finit dans la plaine.
A leur aspect le faible citadin
Fuil éperdu, levant au ciel sa main;
Et des autels sa peur cherche l'asile.
Il a cru voir tons les anges pervers, .
Noirs et hurians , s'échapper des enfers.
Mais ces Danois des portes de la ville
vont attaquer les défenseurs surpris.
Les assiégeans qu'averlissent leurs cris , Livrent bientôt un assaut plus terrible. Le fier Duuslan , jusqu'alors invincible, Péniblement soutient ces deux combats.
A l'autre porte, Engist à ses soldats Reproche en vain leur faible résistance : Le double choc fatigue leur constance; Par un miracle ils se disent vaincus.
Au haut des murs , sur les Anglais timides Courent Harolet ses guerriers rapides ; Et du rempart les voilà descendus.
Mais hors des murs, de la jeune guerrière Se déployait le bataillon nombreux.
Elle aperçoit sur le chemin poudreux Des Rosecroix la flottante bannière.
Raoul, craignant un funeste relard:
« Charleet Raymond , je sais votre vaillance -, De mes soldats retenez une part, Et combattez l'ennemi qui s'avance. « Parlant ainsi, malgré les traits lancés,