‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 131 sur 174 · A M. FRANÇAIS · texte numérisé non relu

A M. FRANÇAIS

COITSEir-LER d'ÉTJ>T, DIRECTEUR GEHÉRiL DES DROITS-RÉUNIS.

-1er Janvier 180 '.

Il rentre l'émigré Janus ; De nouveau la France l'implore , Et sa clef profane ouvre encore Le calendrier de Jésus.

C'était lui , dans Rome païenne , Qui semait les couplets flatteurs .

Les vœux sincères ou menteurs , Les saluts et bonbons d'étrenne.

MÉLANGES. ''<i

Aulanl il en fait dans Paris.

Tout passe , dit -ou ; faux système î Nous rel)rodons de vieux liabits Dont l'étoffe est toujours la même.

Rome avait ses droits réunis :

Un hoir.-me intègre , franc , affable , Bon citoyen , bon orateur, De morgue et d'intrigue incapable , De ce^i^roits était directeur :

Il savait Horace par cœur.

Il lisait T-érence et Catulle , Et certain cadet de Tibulle Dans ses bureaux fut rédacteur.

Trop souvent la reconnaissance Parle et s'épanche en mauvais vers.

Et souvent aussi l'indulgence Pardonne ce léger travers ; Tibullinus , faible de tèfe , Au nouvel an devieut poète , Enfle une ode, et joyeux la lit A son directeur qui sourit , Puis répond : « J'accepte un hommage Que votre cœur vous a dicté ; Mais le cœ,ur veut la vérité.

Che« Apollon, point de partage; Les cadets an Parnasse ont tort.

A cette injuste loi du sort De bonne grâce il faut souscrire.

Laissez donc la flûte et la lyre, El pour étrenue, une autre fois, A ma santé qui vous est chère De Falerne buvez un verre.

Pourvu qu'il ait payé les droits. »

Page 1