‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 159 sur 174 · DE LEUCADE. VU · texte numérisé non relu

DE LEUCADE. VU

festons, je les foule aux pieds; je cours ensuite au bois témoin de nos premières caresses; je brise la statue de l'Amour; et je m'éloigne en maiîdissant le lieu de ma naissance.

L'éloignement et l'absence n'éteignirent point mon amour. Je retrouvais partout l'image de celle que je fuyais. Je veux l'oublier, dis-je alors avec dépit; je veux l'oublier, ou mourir. Et je pris aussitôt le chemin qui conduisait au promontoire de Leucade.

J'arrive ; un peuple nombreux couvrait le rivage. Les sacrificateurs, après les libations accoutumées, immolent deux toiirtereXes, invoquent Neptune , et descendent ensuite dans les bateaux destinés à secourir les amans qui cherchent dans les flots .'.a fin de leurs souffrances.

Un jeune homme nommé Myrtil se présente; la tristesse est empreinte sur son front. La belle Cépbise paraît au même instant, et s'avance au doux bruit des louanges prodiguées à ses charmes. Ces acclamations répétées tirent enfin Myrtil de sa rêverie. — Quoi! s'écrie-t-il, si jeune et si jolie, vOus avez pu trouver un amant volage? — Eu estil qui ne soit pas volage.^ — Hélas! j'en connais un du moins. — Son exemple ne sera pas imité.

— Je le souhaite; voyez où conduit la constance.

— Pourquoi fîtes-vous Un mauvais choix? — Le vôtre était-il meilleur? — Je me suis trompée, et je vais m'en punir. — J'ai le même projet; mais avouez que cela n'est pas raisonnable. — J'avoue que mon inconstant seul devait être puni. — C'est mon infidèle qu'il faudrait noyer, — Et , loin de lepunir, je prépare à sa vanité un nouveau triomphe. — Il serait pins sage et plus doux de se venger. — J'en conviens. — Ce n'est pas assez d'en

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