CHANT PREMIER
Le noble ÉijiU, ce roi de l'harmonie, Dont la valeur égala Je génie, Long-temps pressé par de jeunes héros , Cède à regret, et leur parle en ces mois:
î^iravcs guerriers, qui poursuivez la gloire. Pourquoi d'Égill troubler le lon^j repos, Et riuviler à des hvnmes nouveaux?
Des temps passés le Scalde est la mémoire; Mais sous les ans je succom'be, et ma voix iiessemble au vent qui survit à l'orage; Son soufile à jieiue incline le feuillage, El sou murmuie expire au i'ond des bois. De vos aïeux qu'achfnira mon enfance.
Le souvenir occupe mon silence.
Plus fiers que vous, ils affrontaient les mers. Leur pied foula ces rivages déserti.
Levez les yeux, voyez sur ces collines Ces nuu's détruits, ces pendantes ruines, Et ces tombeaux que la ronce a couverts. Un seul , formé de pieires entassées , Fut par mes mains élevé : jour fatal ! • Ami d'Rgili, digne fils d'Ingisfalj Sur toi toujours s'arrèient Mes pen.^ée«. Vaillant Isnel, sous la tombe tu dors