IS^^EL ET ASLÉGA
Près d'Asléga : couple sensible et lendre , Contre l'oubli je saurai vous défendre , Et l'avenir entendra mes accordr..
Isnel un jour dit à sa jeune amie :
« Ciièro Asléga , fille de la beauté , Ton regard seul à mou o(eur attristé Rend le bonheur ; la présence est ma vie : Mais ton amant scra-t-il ton cpoux?
Malgré nos vœux, quel obstacle entre nous ! Dans un palais où brille la richesse Ton heureux père élève ta jeunesse , Et chaque jour des messages nouveaux A ses festins invitent les héros.
Du mien , helas ! je n'eus pour héritage Qu'un toit de chaume, un glaive, et sou couragi P-r des exploits il faut te mériter.
Quoi! tes beaux yeux se remplissent de larmes! Chère Asléga, tremble de m'aiTÔter.
Mes compagnons ont aiguisé leurs armes; Impatiens, avides de dangers, Ainsi que moi , sur des bords étrangers Ils vont chercher la gloire et les richesses. Au fond du cœur j'emporte tes promesses , Et sous la 'ombe elles suivront Isnel:
Mais quelquefois dans une longue absence • L'espoir s'éteint ; (|n'un gage nuituel De ton amant confirme l'espérance; Que tes cheveux, sur mon casque attachés, Dans les périls sDUtiennent ma vaillance. Et ([ue les miens, garans de ma constance , Soient quelquefois par tes lèvres touchés. »
Elle approuva cet iu)prudent échange.
Et d'un baiser y joignant la douceur, Elle rougit d'an?our et de pudeur.
128 ISNEL ET ASLEGA.
Isuel ;>'ùloij;uc : autour Je lui «o range J)e ses guerriers la Ijrillanle phalange; Tous à 1,'rantls cris appellenl les cornbals , Et leurs regards promettent le trépas. ; Leur jeune chef à leur tète se place, Et par ces mots enflamme leur audace.
" Bravi's amis, nos pères ont vaincu •' De leur aeier l'éclair a disparu ; Brillons comme eux au milieu du carnage. Leur front jamais n'a connu la pâleur; Jamais la mort n'étonna leur courage ; Ils l'insultaient par un souris moqueur. La craindrez- vous .^ le faible qui révite. Par la .*"5ayeur à demi désarmé.
D'un coup plus sûr est percé dans sa fuite, Pour lui d'Odin le palaii est fermé; Du Valliallu les charmantes déesses Ne ver>eut point au lâche l'hydromel.
Quels droits a-t-il au banquet solennel? Du froid Niflheim les ténèbres épaisses Engloutiront l'esclave de la peur Qui recula dans le champ de l'honneur.
Marchons, amis; le brave doit me suivre, Le brave seul : si la mort nous surprend. Du Valhalla le festin nous attend; Mourir ainsi, c'est commencer à vivre. »
A ce héros j'allarhai mon destin.
Je parcourus la vaste Biarmie,
La riche Uplande, et ma robuste main
D'an noble sang fut quelquefois rougie.
Le nom d'Isuel répandait la terreur,
Et l'étranger à ce nom tremble encore;
Uji incendie avec moi«s de fureur
Court et s'étend sur les champs qu'il dévore.
ISNEL ET ASLEGA.
Mais des cotiibats la sanglante rigueur A la pitié ne fermait point sou cœur.
Avec la mort sou l)ras allait descendre Sur un guerrier cpi'il avait terrassé; Ce guerrier dit : « Malheureuse IngeLsé, Sarle cliemin pourquoi vions-tu m'aîîendie? Tes yeux eu pleurs me clierclient vùuement;' En vain tes pieds parcourent le rivage; Plus de retour ; sur ce lit de carnage Un long sommeil retiendra ton amant»»
Isuel s'arrête ; à cett^e voix louchante , Le souvenir de sa maîtresse absente SVst réveillé dans son cœur atîendri; Et le pardon termine sa menace.
Sur le rocher telle se fond la glact; Que vient frapper le rayon du n-idi.
Dans les momeus où le cri de la guwrre N'éveillait ])lussa bouillante valeur, L'amour charmait son repos solitaire ; Sa voix alors chantait avec douceur:
«' Belle Asléga , quand l'aube matinale Lè\esa tête au milieu des brouillards, Sur tes cheveux j'attache mes regards; Lorsque du jour la tranquille rivale Jette sur nous son voile ténébreux, Chère Asléga, je baise tes cheveux.
»Un roi m'a dit : Ma filie doit te plaire ; De nos climats sa beauté fait l'orgueil, Sa flèche atteint le timide chevreuil, Sa lyre est douce ^ et sa \oix est légère; De ses amans sois le rival heureux.
Mais d' Asléga j'ai baisé les cheveux
.. J'ai \u Risnié : d'une gorge arrondie