ISNEL ET ASI/^GA
Ses cheveux noirs relèvent la blancheur ; D'un frais huuton sa bonclu^ a la couleur; Ses longs soupirs et sa mélancolie Parlent d'amour; l'amour est dans ses yeux. Maisd'Aslég.1 j'ai baisé les cheveux.
» Je sommeillais :une lille charmante Sur mou chevet se penche avec douceur ; Sa pure haleine est celle de la fleur: Jeune étranger, c'est moi, c'est une aman'e Qui de son cœur t'offre les premiers feux. Mais d'AsIéga je baisai lej cheveux. »
Pendant newf mois sur des rives lointaines
Il promena son glaive deslruneur;
De l'Océan les orageuses [ilaines
]Ne firent point reculer sa valeur.
Les rois tremblans l'invitaient à leurs fète^ ,
Et leurs trésors achetaient son oubli.
De ses succès son cœur enorgueilli
Se proposait de nouvelles conquêtes.
Un soir, asfis près d'un chêne enflammé,
Il me disait : « Ami de mon enfance.
Roi des concerts, pourquoi ce long silence.^
Parle , retrace à mon esprit charme
Des temps passés les nobles aventures.
Le nom d'Olbrown , que tout bas tu murmui es
Pour mon oreille est encore nouveau.
— A quelques pas s'élève son tombeau,
Lui dis-je ; il dort auprès de son amie.
Raush^s forêts qui convient la Scanie
Par son adresse Olbrown était connu :
Vingt fois de Tours à ses pieds abattu
Sou bras nervrux sut dompter la fnrie;
Frappé par lui d'un trait inattendu.
Vingt fois des cieux l'aigle tomba sans vie.
ISKEL ET ASLÉGA. ! r> î
Dans l'âge heureux d'aimer et d'être aimé , Aux doux désirs son cœiw long-lemp-s fermé J}e la beauté méconnaissait l'empire t Il voit Rusla, se détourne, et soupire. A ses genoux il portait chaque jour D'un sanglier la hure menaçante, Et d'un chevreuil la dépouille sanglante. Il méritait, il oblint son amour.
A mes regards tu seras toujours belle, Répète Olbrown; un sourire charmant Dit que Rusla sera toujours lidèle; El pour sceller cette union nouvelle, Chacun toucha la Pierre du Serment.
« La nuit descend; l'étoile pacifique S'assied au non! sur un lit de frimas. Prés d'un torrent, qui roule avec fracas Se5 flots bourbeux, s'élève un toit rustique , De vieux sapins le couvrent de leurs bras : C'est là ({u'Olbrown a dirigé ses pas.
Trois lois il frr.ppe , et trois fois il écouta Si l'on répond à ses vœux empressés.
11 n'entend rien, et dit : Ses yeux la-sés Au douxsomnieil ont succomiié sans doute. Il frappe encore, et soudain il ajoute: « Eelle Rusla, c'est moi , c'est ton amant Qui vient chercher le prix de sa tendresse. Quoi! du sommeil est-ce là le moment .'' Réveille- toi, Rusla, liens ta piomesse, IN'e tarde plus : un vent impétueux , Un vent glacé siffie d.nns mes cheveux ; SoiiS un ciel j)ur l'étoile scintillante Du froid naissant alle&le la rigueur; Né tarde plus, cl (|ue ma voix Iremblaulo , Belle Rusla , passe jus(iu'à ton cœur. •>