I.E ROI
Soit ; venons aux Français,
lîIEPTON.
L'heureux Guillaume a de vastes projets. Si de l'Irlande il touche le rivage , Vous la perdez. Il peut après...
LE Ror.
J'enrage.
De l'arrêter trouvez donc le moyen.
ALMOSTALL.
L'assassinat,
Wandthi.
Moi, j^'en propose un aulr»^ Moiûs ha-sardeux , le poison..
(iODDAM ! H)..
LE ROI
Et le vôlif , Lord Georgepit?
GEORGEPIT.
C'est l'incendie.
t,E ROI.
Eh bien ^ Délibérez «ncore ; je vous laisse, El veux les mers ; écrivez ce mot-là.
Messieurs mes fils, il faut à la princesse Un prompt hymen : le plus brave l'aura.»
Cette princesse était la jeune Énide, Eelle , et de plus seul rejeton cfes rois A qui l'Irlande obéit autrefois , E.t qu'a frappés le poignard homicide.
Les fils d'Harold sollicitent son choi» ; Mais de Guillaume elle chérit le frère, Le jeune Ernest, et lui promit sa main. '"Vaine promesse; à Londres prisonnière, Le seul Harold réglera sou destin.
Loin d'elle Ernest entraîné par la guerre Peut l'oublier; une autre pourra plaire ; Et ce penser redouble son chagrin.
La bonne Alix , qui soigna son enfance, Veut dans sou cœur ramener l'espérance:
« Le ciel est juste ; il vous doit son secours. Vous le savez; le roi, trompé toujours, A pour ses fils une aveugle tendresse : Ils briguent tous votre hymen; sa faiblesse Craindra long-temj)s de prononcer entre eu;: . La guerre éclate, et Guillaume peut-êlre Bientôt ici pourra parler en njaître.
Espérez donc un destin plus heureux. »
Guillaume alors préparait sa vengeance.
Il réunit l'audace et la prudence.
Infatigable, ennemi du repos , l! est partout , et partout sa présence Porte la vie ; il presse les travaux; De ses soldats il lait des matelots; Son regard seul punit ou récompense, Et ce regard enfajite les héros.
Au haut des airs, dans un brillant nuage, Sont réunis ces premiers paladins.
Francs et loyaux , terreur des Sarrasins, Toujours ai mes contre le l^rigandage , Le fier Roland, Othon , Astolphe, Ogier , Roger, Pienaud , Bradamaute, Olivier, Dans les combats prodigues de leur vie , Et dont k' sang coula pour leur patrie. Ils souriaient àtjeui' postérité.
Au milieu d'eux la Sylphide Hilarine Levait son front éclatant de beauté.
Connaissez-vous son heureuse origine?
Devant le dieu qu'adoraient les guerriers. Dans un vallon où la Seine serpente, Vénus fuyait ; à ses yeux se piésente Un lit de fleurs, de pampre et de lauriers. Ce lit champêtre, un amant qui la presse, Le demi-jour qui précède la nuit , A s'arrêter invitaient la déesse :
De cet amour Hilarine est le fruit.
Elle promet le plaisir et la gloire.
Elle est debout , une lance à la maio ; Un demi-casque orne son front serein ; Et les Français la nomment la Victoire.
Dans l'cmbre assis , froid et silencieux , Le Gnome Spleen , noir enfant de la terre , Dont le pouvoir asservit l'Angleterre,
GOODAxM ! 105
Voit la Sylphide, et détourne les yeux. L'imprudeul Piide en jurant le rassure, Dans tous les cœurs il sout'Qe un fol espoir; A chaque houche il commande l'injure, El de la haine il a fait un devoir.
Des gentlemen la troupe enorgueillie.
Dans la débauche et loin des camps nourrie. Reçoit du Gnome un courage imprévu , Achète un sabre, et croit avoir vaincu. Dans la taverne ils entrent en tumulte. Les fils d'Harola arrivent triomphans.
Noble triomphe ! A nos guerriers absens Ils prodiguaient les défis et l'insulte. Pour augmenter le bruit et le fracas, Triste plaisir des gens qui n'en ont pas , Viennent aJors quelques Nymphes galantes. D'un brusque amour victimes indolentes.
Le lourd pudding et le sanglant rost-beef , Les froids bons mots , la licence grossière , Quelques éclats d'un rire convulsif , Toujours suivi du silence , la bière Qu'à chaque bouche offre le même verre, De ce banquet aux assiettes fatal , Font un dîuer vraiment national.
Puis au dessert coulent en abondance Le jus d'Aï, le nectar bordelais; Et ces messieurs , ivres des vins de France , Hurlent un toast à la mort des Français.