‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 2 sur 174 · NOTICE SUR PARNY · texte numérisé non relu

NOTICE SUR PARNY

lit poème pastoral écrit avec la plus^exquise délicatesse, mais où l'on rencontre des longueurs, et quelquefois, quoique rarement, cette la*deuipour ainsi dire inévitable aux ouvrages de ce genre ; les Fleurs, morceau charmant où l'auteur, dans les vers les plus spirituels, enseigne l'art de cultiver les fleurs ; les Tableaux , et plusieurs pièces contenues dans les Mélanges, sur lesquelles nous ne pourrions que répéter les mêmes éloges.

Au milieu des excès de la révolution, Parny fit un sacrifice qui dut lui coûter beaucoup : il avait dans son portefeuille un poème en dix-huit chants sur les amours des reines et régentes de France, qu'il préférait à tous ses autres ouvrages. 11 craignit qu'une visite domiciliaire ne fit tomber cet ouvrage aux mains de la Convention, et, pour éviter le danger qu'il redoutait , il livra son manuscrit aux flammes.

Quelque temps après son admission à rx\cadémie , où il fut reçu en i8o3 , en remplacement de Dévalues, il publia le Paradis perdu et les Galanteries de la Bible. Ces deux productions, qui ont beaucoup de ressemblance avec la Guerre des Dieux , lui sont bien inférieures pour la conception. Néanmoins dans la première on retrouve tout le génie de l'auteur de ce poème ; c'est la même variété dans les descriptions et la même vigueur dans le style; et dans la seconde, sou pinceau, s'il est possible , est plus doux, plus voluptueux que dans l'épisode charmant de Thaïs «t d'Elinin , au septième chant de la Guerre des Dieux ; mais ses tableaux sont habilement couverts, et vn aucun endroit la pudeur n'en peut , cire blessée. Les Dégulsetncns de f'énus, petits poèmes imités du grec, que l'auteur a traités avec celte grâce et celle délicatesse dont il a su* parer tous ses ouvrages, paniient à la même époque.

Il ne non? leste jjhis à parier que de quelqiifs

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compositions inférieures à celles que nous avons déjà citées, mais dans lesquelles on voit briller en beaucoup d'endroits le talent de leur auteur. Les Roses -Croix , épopée hùioïque qui offre peu d'intérêt, contiennent des descriptions dont le style est d'une pureté soutenue. 11 n'en est pas d«; mémo de Goddam ! parodie de la conquête de i'Anfjleterrc par les Normands, ouvrage dans lequel on a peine à reconnaître le pinceau de Painy. Isncl et Asiêga, poème où l'auteur a voulu imiter la poésie Scandinave , renferme des morceaux très saillans qui en rendent la lecture agréable et attachante. Il estbien supérieur au précédent sous le rapport de l'intérêt et de l'exécution.

Parny ne fut jamais dans les bonnes grâces de iVapoléon. Lucien Bonaparte l'ayant porté sur une liste de candidats pour la place de Bibliothécaire des Invalides, .Napoléon raya son nom de cette liste, Cette indifférence ou plutôt cette injustice envers Parny vientpeut-ôtre de ce que le poète, dont le caractère était fort indépendant, ne se mêla point à la foule de ses adulateurs, et que jamais sa lyre ne célébra le maître de la Fjance. Cependant, malgré l'oubli du chef du gouvernement, il entra plus tard dans les droits réunis , grâce à la bienveillance et à l'amitié de M. Fiançois de Nantes, directeur de cette administration

La littérature, qui déplorait encore les pertes récentes qu'elle venait d'éprouver par la mort de Lebrun, de Chénier, de Deliile, de Bernardin de Saint-Pierre et de Grétry , eut à regretter aussi celle de Parny , qui mourut à Paris, le 5 décembre i8i4, "gé de près de soixante-deux ans, après une maladie longue et cruelle. L'n auteur presque ignoré à cette époque, et qui depuis a acquis une célébrité égale à son talent distingué , M. de Bérangcr , composa , à l'occasion de ce

jVOTICE SLR l'AR?ir. il

triste tîvtnenienl , des vers dignes du poêle dont il déplora la perte*. Nous ne croyons pas pouvoii mieux terminer cette esquisse qu'en citant les vers *nc la douleur inspira à notre chantre national :

Je disais aux fils d'Epicure ;

« Réveiliez par vos joyeux chants

>j Parnj, qui sait de la nature

« Célébrer les plus doux penchants, a

Mais les chants que la joie inspire

Font place aux regrets superflus :

Parny n'est plus !.

11 vient d'expirer sur sa lyre :

Parny n'est plus I

Je disais aux Grâces émues :

fc II vous doit sa célébrité ; » Montrez -vous à lui demi-nues; » Qu'il peigne ent or la volupté. »

]\Iais chacune d'elles soupire Auprès des Plaisirs éperdus ; Parny n'est plus ! etc.

.le disais aux dieux du bel âge :

« Amours , rende/, à ses vieux ans » Les fleurs qu'aux pieds d'une volage » Il prodigua dans son printemps, >j ."Mais en pleurant je les vois lire Des vers qu'ils ont cent fois relus.

Parny n'est plus ! etc.

Je disais aux Muses plaintives :

« Oubliez vos, malheurs récens.

» Pour charmer lécho de nos rives, » 1 1 vous suffit de ses accens. « Mais du poétique délire Elles brisent les attributs.

Parny n'est jdus ! etc.

•12 :NOTlCiî SLR PAR>Y.

Il n'est plus! Ah! puisse l'Envie S'interdire un dernier effort !

Immortel il quitte la vie; Pour lui tous les dieux sont d"at( ( Que la Haine, prête à maudire.

Pardonne aux aimables Vertus.

Parny n'est plus ! etc.

^. P. Cw.

IJVRE PREMIER.

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