‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 3 sur 174 · LE LENDEMAIN · texte numérisé non relu

LE LENDEMAIN

A ÉLÉONORE

Enfin , ma chère Éléonore , Tu l'as connu ce pécfeé si charmant, Que tu craignais , même en le désirant ; En le goûtant, tu le craignais encore.

Eh bien! dis-moi: qu'a-t-il donc d'eff rayant ? Que laisse- t-il ap»rès lui dans ton âme ? Un léger trouble , un tendre souvenir, L'étonnement de sa nouvelle flamme , Un doux regret, et surtout un désir.

Déjà la rose aux lis de ton visage

Mêle ses brillantes couleurs ; Dans tes beaux yeux , à Ja pudeur sauvage

Succèdent les molles languenrs' ,

Qui de nos plaisirs enchanteurs Sont à la fois la suite et le présage.

Ton sein , doucement agile,

Avec moins de timidité

Repousse la gaze légère

Qu'arrangea la main d'une mère,

Et que la main du tendre amour,

Moins discrète cl plus familière ,

Saura déranger à son tour.

Une agréable rêverie

Remplace enfin cet enjoûment,

Cette piqîiante étourderie,

Mi POÉSIES EROTIQLES.

Qui désespéraietit ton amant ; Et ton âme plus attendrie S'abandonne nonchalamment Au délicieux sentiment D'une doue*', mélancolie.

Ah ! laissons nos tristes censeurs Traiter de crime impardonnable Le seul baume pour nos douleurs ,

Ce plaisir pur, dont un dieu favorable ^Mit le germe dans tous les cœurs.

Ne crois pas à leur imposture.

Leur zèle hypocrite et jaloux Fait un outrage à la nature :

Non, le crime n'est pas si doux.

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