‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 61 sur 174 · I.'onde gémit; Ions les bras dépouillés · texte numérisé non relu

I.'onde gémit; Ions les bras dépouillés

Glissent déjà fur les flots émaiilés ,

Ft le nageur laisse après lui sa tra^^'e.

Eu vain mes vers voudraient peindre leurs je;ix.

Bientôt du corps la toile obéissante

Suit la rondeur et les contours moelleux.

L'amant sourit et dévore des yeux

De mille atfrails la forme séduisante,

Lorsque Zulniis sélauça hors du bain ,

L'heureux Vohnon l'essuya de sa main.

Qu'avec douceur cette main téméra-re

Se promenait sur la jeune bergère,

Qui la Laissa recommencer trois fois !

Qu'avec transport il pressait sous ses doigts

Et la rondeur d'une cuisse d^" voire.

Et ce beau sein dont le bouton naissant

Cherche à percer le voile transparent!

Ce doux travail fut long, comme on peut croire;

Mais il finit : bientôt de toutes paris

La Modestie élève des remparls

Entre l'amante el l'amant qui soupire.

Volmon les voit, et je l'entends maudire

Cet art heureux de cacher la laideur,

Qu'on décora du bea^i nom de pudeur.

^^) LA JOURNEE CHAMPETRE.

Volny s'avance, et prenant la parole :

« l'ar la chaleur retenus clans ces lieux, Trompons du moins le temps par quelques jeux, Far des récits, par un conte frivole.

On sait qu'Hercule aima le jeune Hylas. Dans ses travaux, dans ses courses pénibles. Ce bel enfant suivait toujours ses pas; Il le prenait dans ses mains invincibles; Ses yeux alors se montraient moins terribles; Le fer cruel ne couvrait plus son bras; Et l'univers , et Vénus , et la gloire , Etaient déjà bien loin de sa mémoire.

Tous deux un jour arrivent dans un bois Où la chaleur ne pouvait s'introduire.

En attendant le retour de Zéphyre, î.e voyageur y dormait quelquefois.

Noire héros sur l'herbe fleurissante Laisse tomber son armure pesante.

Et puis s'allonge et respire le frais, Tandis qu'Hylas, d'une main diligente, D'un dîner simple ayant fait les apprêts, Dans le vallon qui s'étendait auprès S'en va puiser une eau rafraîchissante.

Il voit de loin un bosquet d'orangers, Et d'une source il entend le murmure; Il court , il vole où cette source pure Dans un bassin conduit ses flots légers. De ce bassin les jeunes souveraines Qui liaient alors leurs grottes souterraines; Sur le cristal leurs membres déployés S'enirelaçaient et jouaient avec grâce; Ils fendaient l'onde, et leurs jeux variés, Sans la troubler agitaient sa surface, Hylas arrive , une cruche à la main , Ne songeant guère aux Nymphes qui l'admirent; Il s'agenouille, il la plonge, et soudain Au fond des eaux les Naïades l'attirent.

LA JOURNEE CHAMPETRE. 'J7

Sous un beau ciel, lorsque la nuit paraît, Avez-vous \'u l'étoile étiacelante Se détacher de sa voûte brillante, Et dans les flots s'élancer comme un trait ? Dans un verger, sur la fin de l'automne, Avez-vous vu le fruit, dès qu'il mûrit, Quitter la branche où long-temps il pendit, Pour se plonger dans l'onde qui bouillonne ? Soudain il part, et l'œil en vain le suit. Tel disparaît le favori d'Alcide. Entre leurs bras les Nymphes l'ont reçu ; Et, l'échauffant sur leur sein demi-nu.

L'ont fait entrer dans le palais humide. Bientôt Hercule, inquiet et troublé, Accuse Hylas dans son impatience, Il craint, il lreml)le, et son cœur désolé Connaît alors le chagrin de l'absence.

Il se relève, il appelle trois fois, Et par trois fois , comme un souffle insensible, Du sein des flots sort une faible voix. Il rentre et court dans la forêt paisible. Il cherche Hylas; ô tourment du désir!

Le jour déjà commeuçail à s'enfuir; Son âme alors s'ouvre toute à la rage; La terre au loin retentit sous ses pas; Des pleurs brûlans sillonnent son visage; Terrible, il crie : Hylas! HylasI Hylas! Du fond des bois Écho répond : Hylas ! ît cependant les folâtres déesses Sur leurs genoux tenaient l'aimable enfant, Lui prodiguaient les plus dor.ces caresses, "Et rassuraient son cœur toujours tremblant. »

"Volny se tut ; les naïves bergères

Écoulaient bien , mais ne comprenaient guères.

L'antiquité, si charmante d'ailleurs, I. 8

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