LA JOUR^'EE CHAMPÊTRE
Dans ses plaisirs n'était pas scrupuleuse. Di^ ses amours la peinture odieuse Dépare nu peu ses écrits enchanteurs, î.orsque, ennuyé des baisers de sa belle, Anacvéon, dans son égarement, Inerte à T5athyle un encens fait pour elle, Sa voix afflit^e et n'a rien de touchant. Combien de fois, vif et léger Catulle, Eu vous lisant J8 rougissais pGur vous! Combien de fois, voluptueux ïibuUe, .l'ai repoussé dans mes justes dégoûts Ces vers heureux qui devenaient moins doux î Et vous encore, ô modeste Virgile!
Votre âme simple, et naïve, et tranquille, A donc connu là fureur de ces goûts?
Pour Cupidon quand vous quittez les Grâces , Cessez vos chants et rougissez du moius On suit encor vos leçons efficaces; Mais, pour les suivre, on prend de justes soins Et l'on se cache en marchant sur vos traces. Vous :ii'enîendez, prêtresses del-esbos.
Vous, de Sapho disciples renaissantes.^ Ah! croyez-moi, retournez à Paphos, Et cîioisissez des erreurs plus touchantes. De votre cœur écoulez mieux la voix; Ne cherchez point des volup'.és nr'uvelles. Malgré vos vœux la Nature a ses lois, Et c'est pour nous que sa main vous fit belles.
Mais revenons à nos premiers plaisirs , Tournons le« yeux sur la troupe amoureuse Qui dans uu bois., refuse des Zéphirs, Et qu'arrosait nue onde p'-.resseuse , Vient d'apprêter le rustique repas.
La propreté veillait sur 'ous les plats. La jeune Flore, avec ses doigts de rose ,
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Avait de fleur tapissé le gazon.
Le dieu du vin dans le ruisseau dépose Ce doux nectar qui trouble la raison A sou aspect l'appélit se réveille; Le fruit païaît; de feuilles couronné, En pyramide il remplit la corbeille; Et dans l'osier le lait emprisonné Blanchit auprès de la pèche vermeille.
De ce repas ou bannit avec soin Les froids bons mots toujours prévus de loin, Les longs détails de l'intrigue nouvelle, Les calembours si goûtés dans Paris, Des complimens la routine éternelle, Et les fadeurs et les demi-souris.
La Liberté n'y voulut introduire Que les plaisirs en usage à Paphos; Le Sentiment dictait tous les propos. Et l'on riait sans projeter de lire.
On term-na le festin par des chants.
La voix (i'Eglé, molle et voluptueuse.
Fit retentir ses timides accens; Et les soupirs de la flûte amoureuse, Mêlés aux siens, paraissaient plus touchans. L'eau qui fuyait, pour la voir et l'entendi'e, Comme autrefois n'arrêta point son cours ; Le chêne alîier n'en devint pas plus tendre. Et les rochers n'en étaient pas moias sourds; Kien ne changea : mais l'oreille attentive Jusques au cœur transmettait tous ses sons ; . En les peignant, sa voix douce et naïve Faisait germer les tendres passions.
L'heureiix Volny , placé vis-à-vis d'elle , Volny , charmé de sa grâce nouvelle , Et de ses chants lidéle admirateur.
Applaudissait avec trop de chaleur.
Églé se tait, Volny l'éctHite encore,