‹ uvres complètes d'Évariste Parny, poète célèbreChapitre 93 sur 174 · TABLEAU XXVIII · texte numérisé non relu

TABLEAU XXVIII

Le sombre Pluton sur la terre Était monté furtivement.

De quelque Nymphe solitaire Il méditait l'enlèvement. De loin le suivait son épouse :

Son indifférence est jalouse.

Sa main encor cueillait la fleur Qui jadii causa sou malheur :

11 renaissait dans sa pensée.

Myrlis passe : il voit ses attraits, Kt la couronne de cvprès

LLS DEG UISEMENS DK VEXUS. >f (J I A ses cheveux entrelacée.

Il se prosterne; d'une main Elle fait un signe; et soudain Remonte sur son char d'ébène.

Près d'elle est assis le berger.

Les coursiers noirs d'un saut léger Ont déjà traversé la plaine, ils volent; des sentiers déserfs Les conduisent dans les eafers.

Du Styx ils franchissent les ondes :

Caron murmurait vainement ; Et Cerbère sans aboîment Ouvrait ses trois gueules profondes.

Le berger ne v^t point Minos, Du Destin i'uâfe redoutable, D'Alecion le fouet implacable, Ni l'affreux ciseau d'Atropos.

Avec prudence Proserpine Le conduit dans un lieu seciet, Où Pluton, admis à regret, Partage sa couche divine.

Myrtis bai-^e ses blanches mains :

La presse d'une voix émue, Et la déesse demi-nue Se penche sur de noirs coussius.

Elle craint un époux barbare :

Le berger quitte le Tarîare.

Par de longs sentiers ténébreux Il remonte , et sa main profane Ouvre la porte diaphane D'où sortent les Songes heureux, Morphéea louché sa paupière; Elle dort sous l'ombrage frais.

Des Zéphyrs l'aile fanùlièn; Dévoile si;j charnics secret:.

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