‹ uvres complètes de A.-F. Ozanam (volume 3)Chapitre 12 sur 32 · DU PROGRÈS PAR LE CIIRISTIAMSMK · texte numérisé non relu

DU PROGRÈS PAR LE CIIRISTIAMSMK

préparer la voie que le genre humain doit parcourir et y placer trois radieuses images de la perfection dont l'aspect triplera son courage et ses forces : à l'entrée, le souvenir de l'innocence primitive; à la fin, la vision prophétique de la glorification future; au milieu, la figure sacrée du Christ réunissant dans sa personne la nature humaine à la nature divine. On verrait le genre humain se diviser en deux parties et l'une des deux ahandonner l'autorité de la tradition véritable et s'aller perdre dans une dégradation toujours croissante, marche rétrograde dont le paganisme offre l'exemple dans les temps antiques, l'hérésie dans les temps modernes, le rationalisme dans les uns et dans les autres. On verrait la partie fidèle de l'humanité s'avancer sous l'œil de Dieu, passer de la forme patriarcale à la forme de peuple, et de celle-ci à la forme universelle ou catholique : dans ce dernier état, on verrait enfin l'humanité chrétienne, grandissant encore, traverser successivement l'ère de la foi, qui est celle des martyrs et des Pères, l'ère de l'espérance, qui embrasse les temps laborieux du moyen âge, et l'ère de la charité, qui commence au siècle de sainte Thérèse, de saint Charles Borromée et de saint François de Sales, arrive jusqu'à nous et doit se prolonger jusqu'à la réalisation complète de la loi évangélique dans l'état social : époque où la cité de la terre se transfigurera pour devenir la cité de Dieu.

D'autres que nous traceront ce magnifique tableau. Notre tâche plus courte et plus modeste est accomplie.

Nous voulions dire quelles doctrines présideraient à la nouvelle période dans laquelle entre ce recueil. Et maintenant que Ton sait nos doctrines, si l'on nous interroge sur nos intentions, et qu'on nous demande qui nous sommes, nous répondrons : Nous sommes comme le Samaritain de l'Evangile : nous avons vu la société gisante hors de son chemin, dépouillée et meurtrie qu'elle avait été par les larrons de l'intelligence. Et le prêtre et le lévite qui passaient près d'elle n'ont point passé outre ; ils se sont approchés avec amour, mais elle les a repoussés dans son délire, elle en a eu peur. Nous donc qu'elle ne connaît point, nous voudrions à notre tour nous approcher d'elle, et nous incliner sur ses blessures et y verser, s'il se pouvait, l'huile et le baume : nous voudrions, s'il se pouvait, la relever de la fange, et la reconduire calme et soulagée entre les mains de l'Eglise, celte divine hôtelière qui lui donnera le pain et lui montrera la route pour achever son pèlerinage vers l'immortalité.

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