‹ uvres complètes de A.-F. Ozanam (volume 3)Chapitre 9 sur 32 · DU PROGRÈS PAR LE CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

DU PROGRÈS PAR LE CHRISTIANISME

Tordre et la vie. Nous n'essayerons pas de comprendre toute l'étendue de cette opération merveilleuse, ni d'en décrire les innombrables effets. Nous nous contenterons d'en signaler les traits principaux, et de suivre de loin, dans chacune de ces sphères, le sillage brillant qui annonce que l'envoyée du Ciel a passé par là.

Premièrement, quelle peut être, sur les progrès de la science, l'influence bienfaisante de la foi ? Comme l'aigle enlève son aiglon dans les airs pour lui apprendre à fixer des yeux le soleil, et de môme qu'habitué à contempler face à face l'astre brûlant, le jeune oiseau plonge un regard plus assuré vers la terre et distingue plus aisément sa proie au fond de l'abîme : de même la foi, s'emparant de l'esprit humain dès l'heure de son premier réveil, le fait planer dans les régions les plus élevées de la pensée, accoutume son œil aux contemplations les plus éblouissantes et exerce ses forces aux méditations les plus ardues; alors, si Tesprit redescendu de ces hauteurs veut explorer à leur tour les régions de la science, il y monte sans effort et s'y meut sans peine, il distingue avec rapidité la vérité sur laquelle il peut se reposer, il s'y attache avec persévérance; et les premiers bienfaits qu'il recueille dans cette éducation de la foi, dans ce commerce journalier des idées religieuses, ce sont des habitudes méditatives et sévères, une portée de vue large et profonde, et une droiture exquise de jugement.

Mais ce n'est point assez; et, tout exercée que soit

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rintelligence, elle rencontre dans son empire des ténèbres qui Tarrêtent. En effet, les sciences peuvent se diviser en deux grandes catégories selon les objets différents dont elles s'occupent. Les unes étudient les faits libres et variés qui se sont accomplis au sein de l'humanité, les révolutions qu'elle a subies et les raisons qui les produisirent ; et ces sciences, qu'on nomme historiques, présentent deux problèmes de la solution desquels dépend toute leur économie : le problème des origines de l'humanité restées ensevelies dans les ombres du passé, et le problème de ses destinées perdues dans les nuages de l'avenir. Les autres se proposent l'investigation des phénomènes uniformes et réguliers qui se succèdent dans l'homme et dans l'univers, et des lois absolues auxquelles ces phénomènes sont soumis ; et ces sciences, qui s'appellent philosophiques et physiques, ont deux problèmes non moins graves : celui de la cause première ou de l'existence de Dieu, et celui de la distinction des deux substances, de la matière et de l'esprit. Et à voir avec quelle opiniâtreté ces quatre questions sont agitées depuis quatre mille ans, il faut convenir que si elles ne sont pas insolubles, du moins la réponse est-elle difficile. Or la foi, de son côté, est en possession de deux sortes de dogmes : les uns composent son histoire, et les autres sa doctrine. Son histoire n'est autre que le récit des rapports spéciaux de Dieu avec l'humanité, elle embrasse donc l'histoire de l'humanité tout entière, son origine et ses destinées. Sa doctrine n'est autre que la révélation de la nature de Dieu et de

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