DEI. Pl:r>GAT01\lO
Gridaro a noi : Qui o vostro dimando.
7 Maggiore aperla molle voile imprima,
Con uiia forcalella di sue spine,
L' nom délia villa quando 1' uva imbruna,
8 Che.noii era la calla, onde saline
Lo Duca mio ed io appresso soli, Come da noi la schiera si partine.
9 Vassi in Sanleo, e discendesi in Noli :
Montasi su Bismantova in cacume
Con esso i piè ; ma qui convien cli' uom volJ
10 Dico con 1' ali snelle e con le pin me
Del gran disio, diretro a quel condotto, Che speranza mi dava, e facea lume.
11 Noi salevam per enlro il sasso rotto,
E d' ogni lato ne stringea lo slremo, E piedi e man voleva il suol di solto.
12 Quando noi fummo in su 1' orlo suprême
Dell' alla ripa, alla scoperta piaggia, Maeslro mio, diss'io, che via faremo?
13 Ed egli a me : Nessun luo passo caggia ;
Pur suso al monte dietro a me acquista, Fin che n' appaia alcuna scorta saggia.
14 Lo somme er' alto che vincea la vista,
E la cosla superba più assai,
Che da mezzo quadrante a centre lista.
15 lo era lasso, quando comminciai :
0 dolce padre, volgiti e rimira Com' io rimango sol, se non ristai.
CIIAM IV. 8:>
rt'iil loul iruiK' voix : «Ici Oï^l ce quo vous demandez. »
l/honinie des champs, quand bruiiil le raisin, n'a besoin (jue d'une seule l'ourchée d'épines pour lermer une ouverture souvent plus largo
Oue n'était le sentier par où mon guide et moi après lui nous montâmes, tous deux seuls, dès (pie la troupe des morts se fut séj)arée de nous.
On monte à San Léo, on descend à Noii, on gravit jus- (piau sommet de r.isin;inlova. on y arrive sur ses j)ieds; ici il faut voler.
Voler, dis-je, avec les ailes raj)ides, avec les plumes dun dt'sir puissant, à la suite du guide (|ui me donnail respérance et me prêtait sa lumière.
Nous montions par le sentier creusé dans le roc, et des deux côtés les parois nous pressaient, et le soi que nous toulions voulait (ju'on s'aidât des pieds ei des mains.
Quand nous liimes sur le bord supérieur de la terrasse élevée et dans un lieu découvert : «Mon maître, dis-je, (pK'l chemin tiendrons-nous?»
Et lui : u Qu'aucun de tes pas ne descende, avance toujours à ma suite vers le haut de la montagne, jusqu'à ce que nous apparaisse quelque sage compagnon de route. »
La cime était si haute qu'elle dépassait la vue, et la cote bien plus escarpée que la ligne qui traverse le milieu du quart de cercle du centre à la circonférence.
J'étais las quand je m'écriai : « 0 mon doux père, tourne-toi et considère coi):me je reste seul si lu ne l'arrêtes. »
SO W.l PURGATORIO.
10 0 fioliuoi, disse, insin quivi li lira, Abdiiandonii un l)alz() poco in sue, Che da quel lalo, il poggio tutto gira.
17 Si mi spronaron le parole sue,
Cil' i' mi sl'orzai, carpando appresso lui, Tanto elle il cinghio sollo i piè mi fue.
18 A seder ei ponemmo ivi ambedui
Volli a levante, ond' eravam saliti, Chè suole a riguardar giovare allrui.
19 Gli occhi prima drizzai a' hassi lili ;
Poscia gli alzai al Sole, ed ammirava Che da sinistra n' eravam feriti.
20 Ben s' avvide il Poeta, che io slava
Stupido tutto al carro délia luce, Ove tra noi ed Âquilone intrava.
21 Ond' egli a me : Se Castore ë Polluée
Fossero in compagnia di quello specchio, Che su e giù del suo lume conduce, t2 Tu vedresti il Zodiaco rubecchio
Ancora alP Orse più stretto rotare.
Se non uscisse fuor del cammin vecchio,
23 Come ciô sia, se'l vuoi poler pensare,
Dentro raccolto imagina Siôn
Con questo monte in su la terra stare
24 Si, eh' ambedue hanno un. solo orrizôn, - E diversi emisperi; onde la strada,
Che mal non seppe carreggiar Félon,
25 Vedrai com' a costui convien che vada
Dair un, quando a celui dalP altro fianco, Se r inlelletto tuo ben chiaro bada.
« Mon fils, (lit-il, traîne-loi jusqu'ici;» et il me montra dn doiol une saillie de rocher qui, à partir de hi, faisait le tour de la montagne.
Ses paroles m'éperonnèrent de telle sorte que je m'ettbryai de ramper apn-s lui, tant que la roche l'ut enfin sous mes pieds.
Là, nous nous assîmes tous deux, tournésveis l'Orient d'où imus étions venus. Car le voyageur prend courage à regarder la route qu'il a faite.
Je diri«^eai d'abord mes regards vers la plage que nous avions laissée en bas, puis je les levai vers le soleil et j'admirai cpieles layonsnous frappassentdu côté gauche.
Le poëte s'aperçul bien que je demeurais stupéfait à considérer le char de la lumière (jui cheminait entre nous et l'aquilon.
C'est pourcjuoi il me dit : « Si les Gémeaux étaient en comj)agnie de ce disque brillant qui verse sa lumière en haut et en bas,
(( Tu verrais le point flamboyant du zodia(jue, luuriicr plus près encore des deux Ourses, s'il ne sortait de son chemin accoutumé.
« Si tu veux comprendre comment il en est ainsi, recueille-toi, et figure-toi la montagne deSion et celle où nous sommes opposées à la terre.
« De façon qu'elles ont un seul horizon et des hémisphères différents. Donc le chemin où Phaéton pour son malheur ne sut pas guider son char.
(( Tu le verras nécessairement d'un côté de celte montagne, tandis qu'il passe du côté opposé de l'autre, si ton intelligence s'y applique et y voit clair. »
88 I)i;l !'iH(.\r()i',if>.
2() Cerlo, Maestro mio, diss' io, unquanco
Non vid' io chiaro si, com' io discerno, Là dovc mio ingc<>no pai'ea manco,
27 . Clie'l mezzo cerchio de! inoto superno, Che si cliiama Equalorcin alciin' arle, E che sempre rimaii Ira 1 8ole e il verno,
2H Per la ragion che du quinci si parle Verso seltenlrion, quaiito gli Ehrei Vedeyan lui verso la calda parle.
20 Ma se a le piace, volentier saprei
Quanto avemo ad andar, chè il poggio sale Più che salir non posson gli occhi miei.
30 Ed egli a me : Questa montagna è taie,
Che sempre al cominciar di sotto è grave, E quanto nom più va su, e men fa maie.
31 Pero quand' ella ti parrà soave
Tanto, che'l suo andar ti sia leggiero, Corne a seconda giù 1' andar per nave;
32 Aller sarai al fin d' esto sentiero ;
Quivi di risposar 1' affano aspetta :
Più non rispondo, e questo so per vero.
33 E, com' egU ebbe sua parola delta,
Una voce di presso sono : Forse
Che di sedere in prima avrai distretta.
34 Al suon di lei ciascun di noi si torse,
E vedemmo a mancina un gran pelrone, Del quai ne io, ned ei prima s' acçorse.
35 Là ci Iraemmo ; ed ivi eran persone
Che si stavano ail' ombra dietro al sasso, Corne r uom per negghienza a star si pone.
(;il.\>T IV. 89
c( Certes, mon maître, répondis-je, jamais je ne vis si clairement qu'à cette heure, en un point où mon esprit sembla! I impuissant.
c< Ainsi le cercle intermédiaire du mouvement céleste, qui s'appelle équaleur dans quelques livres, et qui se trouve toujours (Mitre le soleil el l'hiver,
a Par la raison (\ue tn donnes, nous paraît au septentrion de celte montagne, tandis que les Hébreux le voyaient du C(')t(' du midi.
a Mais si c'est ton plaisir, volontiers j'apprendrai combien nous avons à marcher, car la cime s'élève plus que ne peuvent s'élever mes regards. »
Et lui : c( Telle est cette montagne qu'au bas on la trouve toujours rude à commencer, mais plus on avance vers le haut et moins elle doune de fatigue.
Ainsi fjuand elle le |)ai',nliM si douce, que la marche vers le haut sera devenue facile comme la course d'une barque qui descend au fil de l'eau,
c< Alors tu seras à la fin «le ce sentier. C'est là qu'il faut attendre le rejjosde te^[)eines. Je n'en dis pas davantage, mais ceci je le liens pour vrai. »
Et quand il eut achevé cette parole, une voix se fit entendre près de nous : a Peut-être avant d'arriver auras-tu besoin de t'asseoir. »
Au son de cette voix, chacun de nous deux se retourna, et nous vîmes à notre gauche un grand rocher auquel ni moi ni lui n'avions pris garde.
Nous nous traînâmes jusque-là, et nous y vîmes des âmes qui se tenaient à l'ombre derrière la pierre, comme un homme qui par indolence s'arrête et se repose.
90 I)i;i, PUIUiATORIO.
50 Ed un (li lor clie mi scmbrava lasso
Sodeva od abbracciava le ginocchia, Tencndo '1 viso giù tra esse basso.
r,7 0 dolco Signor niio, diss' io, adoccbia Colui che mostra so più négligente, Che se pigrizia fosse sua siroccbia.
r>8 Allor si volse a noi, e pose mente,
Movendo il viso pur su per la coscia, E disse : Va su tu, che se' valcnte.
■)0 Conobbi allor chi era; e quell' angoscia, Che m' avacciqva un poco ancor la lena, Non m'impedi d' andare^a lui : e poscia
io Che a lui fui giunto alzô la tesia appena, Dicendo : Hai ben veduto, corne il Sole Dair omero sinistro il carro mena?
41 Gli atti suoi pigii, e le corte parole
Mosson le labbra mie un poco a riso ;
Poi comminciai : Belacqua, a me non duole
42 Di te omai ; ma dimmi, perché assise
Quiritta se'? attendi tu iscorta, 0 pur Io modo usato t'hni ripriso?
43 Ed ei : Frate l'andare in su che porta?
Che non mi lascerebbe ire a' martiri L' angel di Dio che siede in su la porta.
44 Prima convien che tanto il ciel m' aggiri
Di fuor da essa, quanto fece in vita, Perch'io indugiai al fin li buon sospiri;
45 Se orazione in prima non m'aita,
Che surga su di cor che in grazia viva :
Et l'un d'eux, qui me seml)lail las, restait assis embrassant ses genoux, eiilre lesquels il tenait le front
« Mon doux seigneur, dis-je, considère celui-ci qui ^e montre plus négligent, que si la paresse était sa sœur. »
Alors il se tourna vers nous el ai'rèta son attention en laissant glisser son regard le long de sa cuisse, et il dit : « Va donc et monte, toi (|iii «'s si vaillanl. »
Je connus alors qui c'était, et cette angoisse qui pressait encore ma respiration ne m Cnipéclia pas d'aller à lui, et après
Que je lus arrivé, il leva la tète à peine en disant : <i As-tu bien compris pourquoi tu vois le soleil mener son chai' du côté gauche?»
Ses mouvements paresseux et ses brèves paroles firent un peu veniy le rire sur mes lèvres; puis je commençai : c< Belacqua. je ne suis plus inquiet
« De toi désormais; mais dis-moi puur(pioi tu es accrouj)i pn'cix'ment ici. Aliends-tu des compagnons, ou bien es-tu repris de tes anciennes habitudes? »
Et lui : c< 0 frère, que sert de monter plus haut, puisque l'ange de Dieu, assis sur la porte, ne me laisserait pas aller aux expiations!
« Il faut premièrement que le ciel tourne sur ma tête, hors de l'enceinte, autant que je le vis tourner dans ma vie, parce que j'ai retardé jusqu'à la fin les soupirs salutaires;
c< A moins que je ne sois plutôt secouru par une prière qui s'élève d'un cœur vivant par la grâce; tout autre
02 DEL PURGATOIUO.
L'altra che val, clie in ciel non r, (iclita?
i() E già '1 Pocta innanzi mi saliva,
E dicea : Vienne ornai, vedi ch'è locco Meridian dal Sole, cd alla riva
47 Copre la notte già col piè Marrocco.
j)i'i«'M'(' (juc vaut-elle, puisqu'au ciel elle ii'esl pas «^nlendue? »
Va déjà le poêle marchait devant moi et disait : «Viens, maintenant; tu vois que le soleil touche au méridien, et déjà la nuit couvre de son pied le rivage de Maroc. »
Terc. 0. — San-Lco, ville du dnclié d'Uibin. Noii, petile ville de de I'KLiI de Gènes. Bismaiilova, nioiilagiie de Lonibanlie. G. A. H.
2-5. — Pla'oiî avait piofessé l'existence de (rois âmes : rationnelle, coiiciipiscible, irascible ou nuliilive, au cerveau, au cœur, au foie. Arislote le contredit au traité De Anima, lib. III. Les Manichéens reproduisirent l'opinion platouiciciine en la modifiant : deux âmes, l'une animale et mêlée au sang, l'autre spirituelle, eu (pii réside la laison. Le huitième concile général prononce sur ce point, eau. XI : (( Apparet qtwsdam in tantitm impietatis vernisse, lit hominem duas animas hnbere impndenter dogmatizent. » Le manichéisme reconnaissait deux principes. De là l'excuse de tous les désoiclres des sens, pourvu que la laison n'y consente pas. Le Livre des Dogmes ecclésiastiques, cité pai- s;iint Thomas : « Nous ne reconnaissons I oint deux âmes en un seul honmie, comme Jacques et d'au- Ires Syriens l'ont écrit... Mais nous disons qu'il n'y a dans l'homme qu'une seule et même àme qui vivifie le corps par sa présence, et se gouverne elle-même par sa raison. » Saint Thomas appuie cetle doc- Irine et combat Lopinion contraire par, trois raisons. 1° L'âme est la forme du corps; s'il y avait plusieurs âmes, il y aurait plusieurs animaux. 2° S'il y avait deux J'ormes, l'uue ne pourrait se dire de l'autre que par accident ; or ranimalilé est au contraire de l'essence même de l'humanité. 3° Parce (pi'uiie opération de l'âme, quand elle est intense, empêche les autres; ce qui n'arriverait point si. le prmcipe des actions n'était essentiellement un. Maisil recomiaît trois sortes de puissances, végétative, nutritive, intellective. — Dante, Convito. IV, 7. « Comme ledit le Philosophe au deuxième livre De Anima., les puissances de l'âme sont les unes sur les autres, comme l;i fi ure du carré est sur le triangle et le pentagone sur le carré, et ainsi la sensitive est sur la végétative, et l'inlellective sur la sensi-
C0M.MF.NTAII5E DV CIIAIST IV. 95
tive. » — Il ne s';\git j'as de siil.lilili's él;»blit s L'imitt' do rame, c'esl la responsabilité et aussi la tli^nilé de la cliaii , c'est l'unité de la vie Ininiaiue : c'est le secret de la Ibree. C'e^t (!aus les jours comme les nôtres, qu'on épiouve tout ce ipTil y a de lorce dans cette union, flans celle harmonie de rinteliiiïi.Mice, de la volonlé, des sens, et que ce n'e-t pas trop de toute noire j)t'nsée pour servir notre pays, et de tout no re s;uig, s'il le faut, poui' le délemlre.
CARACTÈr.E ALLÉr.ORIQCF, DE TOUT CE CHANT. — Cc clieuiiu rapide,
c'est celui de la pénitence, c'esl la voie étroitt; (pii mène au ciel. (( Inmavemet asperam facit tiobis viam virtuds loniju consue tudo peccandi. — Sénèque : <( Le chemin (pii mène à la vertu est « rude au (Oinmencement, p:nce ipie c'e>t le propie d une àme « malade, et «pii n'est point aguerrie, de se livier à la crainle. » Si donc elle est iuexpérimenlée, il Tant la contraindre à se mettre eu route; plus tard la vertu ne lui sera point amère, car ce qui j:uérit ne larde poiul à plaiie, et (juand la santé est reiulue, le rcuiètle'a sa vohiplé.
57. — Les négligents. — La [);\resse mallr.uléedans les l'roverbcs de Salomon : « Le paiesseux met ses m;iin> sous ses aisselles et c'e^l un liavail |>our lui de les porl'r à sa houclie*. « Kt au livre des Décrélales : « Sache donc ceci, ô loi <pii le sens cou|)aMe de cpielque erreur, aulaul de lenips tu te >ouvicns d.ivoir passé dans Terreur, aulant dois-tu en pa■^^cr à t'humilier devant Dieu. »
41. — l)elac(|ua : — Le glo^saleur ilu mont Cassin donne sur Bel.icqna le icnseiijiienieut que voici : n Iste Uevilacqua fuit optivius magister cithanu um elleutovum et pigrissimus (sic) Jiomo in o])eribus tnundi, sicut in opcribus animx. » C'est un peu l'imajje de cette 11 die qui se laisse eiidoiuiir aux chanls de ^es musiciens et de ses jjoëtes, et (pii méiila d'alkudre si ]on^teiu[)s la liberté.
* Absconclct piger iiiamun suani sub ascella siin, et laborat si ad os suum eam converlerit. (Prov., X, '24.)
CA.NTO V
Jo era già da quell' ombre partito, E seguitava 1" orme del mio Duca.
Quando diretro a me, drizzando il dito,
Una gridô : Ve', che non par che luca, Lo raggio da sinistra a quel di sotto, E come vivo par che si conduca.
Gli occhi rivolsi al suon di queslo motto, E vidile guardar per maraviglia Pur me, pur me, e il lume cli' era rolto.
Perché 1' animo tuo tanlo s' impiglia, Disse '1 Maestro^ che 1' andare allenli? . Che ti fa ciô che quivisi pispiglia?
Vien dietro a me, e lascia dir le genti; Sta, come torre, ferme, che non crolla Giammai la cima per soffiar di venli.
Che senipre 1' uomo, in cui pensier rampoUa Sovra pensier, da se dilunga il segno, Perché la foga V un delP altro insoUa.