Noi funimo già tutti per forza morti
E peccatori inlino ail' ultim' ora :
Quivi lu me del cieLne fece accorti
19 Si che, pentendo eperdonando, l'uora
Di vita uscimmo a Dio pacificati, Che del disio di se veder n' accora.
20 Ed io : Perché ne' vostri visi guati,
Non riconosco alcun; ma s'a voi piace Cosa cil' io possa, spiriti ben nati,
21 Voivlite, ed io farô per quel la pace,
Che, dietro a' piedi di si fatta guida, Di monde in monde cercar mi si face.
22 ¥A uno incominciô : Ciascun si lida
Del bénéficie tuo.senza giurarlo, Pur che '1 voler non possa non ricida;
2'. Ond' io, che solo, innanzi agli altri, parlo, Ti prego, se mai vedi quel paese Che siede ira Uomagna e quel di Carlo,
2i Che tu mi sie de' tuoi prieghi cortese In Fa no sî, che ben per me s' adori, Perch' io possa purgar le gravi offese.
2o Quindi fii' io, ma li profondi fori,
Ond' usci '1 sangu( , in sul quai io sedea, Faiti mi furo in grembo agli Antenori,
26 Là dov' io più sicnro es^cr credea :
CIIAM V. iOl
avec les mornes membres que tu apportas à ta naissance, modère un peu tes pas; » ainsi allaiont-ils criant.
(( Regarde si lu vis jamais queliiu'uii do nous dont lii puisses rapporter là-bas des nouvelles. De grâce pourquoi t'en vas-tu? Pourquoi ne t'arrêtes-tu point? • « Nous mourûmes tous de nioit violente, et nous restâmes pécheurs jusqu'à Hk iire dernière; c'est alois que la lumière du ciel nous (il ouvrir les yeux,
«Si bien que, repentants et |)ar(l()nnant, nous sortîmes de la vie réconciliés à Dieu, qui tourmente notre cœur du désir de le voir. »
Et moi : « J'ai beau fixer vos visages, je ne reconnais personne; mais si telle chose vous plaît qui soit en mon pouvoir, esprits prédestinés,
« Dites- la et je l'accomplirai au nom de cette paix qui se fait chercher par moi de monde en monde, sur les traces du guide que voici. »
Et l'un d'eux commença : «Chacun a confiance dans tes bons services, sans qu'il soit besoin de serment, pourvu que l'impuissance ne détruise pas ta volonté.
«D'oii vient'que moi, qui seul te parle avant les autres, je te conjure^ si jamais tu vois le pays situé entre la Romagne et le royaume de Charles,
«De m'assister généreusement de tes prières à Fano, de façon qu'on prie beaucoup pour moi, et que je puisse expier mes graves offenses.
«C'est là que je naquis ; mais les profondes blessures d'oii sortait le sang qui me portait me furent faites au giron des filsd'Anténor,
« Au lieu même où je me croyais le plus en sûreté, le
-102 1;KL l'IHKlVTOi I ).
Quel da Esti il fe far, chc m' avea in ira Assai |)iù là chc dritto non volea.
'27 Ma s' io fossi fug-gilo invcr la Mira,
Quand' i' fui sovraggiunto ad Oriaco, Ancor sarci di là dovc si spira.
28 Corsi al paludc, e le cannucce e il braco
M' impigliarsi, ch' io caddi, e li vid' io Délie mie vene farsi in terra laco.
Poi disse un allro : Deh, se quel disio Si compia chc ti tragge ail' alto monte, Con buona pielate aiuta il mio.
:.) Io fui di Monte feltro, i' son Buoncônte : Giovanna, o altri non ha di me cura; Perch' io vo tra costor con bassa fronte.
31 Ed io a lui : Quai forza, o quai ventura Ti traviô si fuor di Campaldino, Che non si seppe mai tua sepoltura?
m Oh, rispos' egli, appiè del Casentino
Traversa un' acqua c' ha nome l'Archiano, Che sopra Y Ermo nasce in Apennino.
55 Là 've '1 vocabol suo diventa vano Arriva' io forato nella gola, Fuggendo a piede, e sanguinando il piano,
34 Quivi perdei la vista, e la parola
Nel nome di Maria fini, e quivi Caddi, e rimasse la mia carne sola.
35 r dirô '1 vero, e tu '1 ridi tra i vivi :
seigneur d'Esle fil commettre le crime, lui ([ni ni'nvait pris en liaine hic n plus (jiie la justice ne le voulait.
a Si je me fusse enfui vers la Mira. (|uan(l je fus arrivé à Oriaco, j'habilej'ais encore au lieu où l'on respire.
« Mais je couius au marais, et les loseaux et la fan<>e me retinrent de telle sorte que je lomi)ai, et c'est en ce lieu que je vis du sang de mes veines se Aiiie un lac sur la terre. »
Ensuile un autre me paila : c< Ainsi puisse s'accomplir le désir qui t'entraîne au somme! de la liaule montai^ne! De grâce, aide aussi mou «U'-sir j)ai' une douce compassion !
<( Je naijuis à Montelfultio, je suis Buonconte; ni Jeanne ni les autres n'ont souci de moi; c'est pourquoi je marche le front haissé au milieu de ces morts. »
Et je lui dis: « Quelle violence ou quelh^ aventure t'(igara si loin de Campaldino, qu On ne euuuut jamais la sépulture? »
ctUli! répondit-il, au pied du Casentino roule un courant d'eau qu'on nomme l'Archiano, qui naîtdans l'Apennin au-dessns du saint désert.
u Là où son nom se perd, j'arrivai blessé à la gorge, fuyant à pied et ensanglantant la plaine.
c< C'est là que je perdis la vue, et la parole s'éteignit sur mes lèvres avec le nom de Marie; c'est là que je tombai et que ma chair demeura seule.
« Je dirai la vérité, et toi répète-la parmi les vivants :
^«* DFf. ITIir.ATOKIO.
L' Angel di Dio mi prese, e quoi d' Inferno Gridava : 0 lu dal ciol, porcliè mi privi?
5G Tu te ne porti di cosUii V eterno
Per una la^mmetta che '1 mi toglie; Ma io tarô dell' altro nllro governo.
7^1 Ben sai come nell' aer si raccoglie
Queir umido vapor che inacqua riede, Tosto che sale dove '1 frcddo il coglie.
58 Giunse quel mal voler, che pur mal cliiede, Con r intelletto, e mosse il fumo e il vento Per la virtù, che sua nnlura diede.
Inde la valle, come il di' fu spenlo.
Da Pratomagno al gran giogo coperse Di nebbia, e il ciel di sopra fece intenlo
40 Si, che '1 pregno aère in acqua si converse :
La pioggia cadde, ed a' fossati venne Di loi ciô che la terra non sofferse :
41 E come a' rivi grandi si convenne,
Ver lo fiume real tanlo veloce Si ruinô, che nulla la ritenne.
42 Lo corpo mio gelato in su la foce
Trovô r Archian rubeslo; e quel sospinse Neir Arno, e sciolse al mio petlo la croce, 45 Ch' io fei di me quando il dolor mi vinse : Vollommi per le ripe e per lo fonde ; Poi di sua preda mi coperse e cinse.
44 Deh, quando tu sarai lornato al mondo,
r.iiANT V. lor.
l'an^j^e de Dion me [>i-il et celui do l'cMilVr rri;nt : 0 loi qui viens tlu ciel, pourquoi nie taire lorl?
« Tu em portes avec toi ce (jn'il y a d'i m mortel en celui-ci, pour une petite larnu^ (jui me le (h'rohe : mais pour le reste je le traiterai autrement.
(( Tu sais bien comment se ramasse dans l'air cette humide vapeur qui retourne en eau aussitôt qu'elle monte dans une ré{.nnn où le (Void la sai^ii.
«Ledémou mil sou in tel licence au service de ce mauvais vouloir qui ne cherche que le mal, d(''chaîna le venl elles nui'es, avec celte puissance qu'il lic^il de sa nain iv.
« Ensuile, cl dès (jue le jour fut éteint, il couvrit de brume toute la vallée, depuis Pratomagno jusqu'au sommet de l'Apennin, et au-dessus il disposa les régions du ciel,
(( De lelle sorle que l'air imprégné se résolut en eau. La pluie tomba, et co que la terre n'absorba pas roula «lans les ravins.
«Et à mesure que les eaux se réunirent en torrents, elles se précipitèrent vei-s le fleuve royal avec tant de rapidité, que ricm ne les retint.
(( F.'Archiano impétueux trouva sur son embouchure mon corps glacé, et le pousse dans l'Arno, et défit sur ma poitrine la croix
f< Que j'y fis de mes bras quand je fus vaincu par la douleur. Il me roula sur ses rives et sur ses bas-fonds, puis il m'enveloppa et me couvrit du sable dont il avait fait sa proie. »
c< De grâce! quand fuseras retourné au monde, et re-
io<) i)i:i. puur.ATonio.
E riposalo delln limi^^a via, Segiiilo il lerzo s pi ri lo al secondo,
45 nicordili di me, clie son la Pia :
Siena mi fe, disfecemi Maremma :
Saisi colui clie innanellala pria,
46 Disposa lo m' avea con la sua gemma.
posé de ton long voyage, » dit ini troisième esprit snccé- (lanl au second,
uSuuviens-loi de moi, je suis la Pia. Sienne me donna la vie, la Maremme me la reprit. Celui-là le sait bien, <(ui m'épousant m'avait mis au doigt la pieire de son anneau. »