Dilel costinci : che voleté voi
Cominciô egli a dire : ov' è la scorta? Guardate che '1 venir su non vi nôi.
50 Donna del Ciel, di questecose accorta,
Rispose il mio Maestro a lui, pur dianzi Ne disse : Andate là, quivi è la porta.
31 Ed ella i passi vostri in bene avanzi,
Riconainciô il cortese portinaio :
Yenite dunque a' nostri gradi innanzi.
32 Là nevenimmo; e lo scaglion primaio
Bianco marmo era si pulito e terso,
Ch' io mi specchiava in esso quale i' paio.
33 Era il second o, tinto più che perso,
D' una petrina ru vida ed arsiccia, Crepata per lo lungo e per traverso.
54 Lo terzo che di sopra s' ammassiccia, Porfido mi parea si fiammeggiante.
Corne sangue che fuor di vena spiccia.
35 Sopra questo teneva ambo le pi an te
L' Angel diDio, sedendo in su la soglia, Che mi sembiava pietra di diamante.
56 Per li tre gradi su di buona voglia
(:IIA^•T 1\. 165
(le couleurs difforcnles, et un portier qui encore ne (lisait mot.
Et à mesure que mes yeux s'ouvrirent davantage, je le vis assis sur la plus haute marche, et le visage si éclatant, que je ne pus en soutenir l'aspect.
11 avait à la main une épée nue qui n^iliichissait vers nous ses rayons, de telle sorte ([ue vainement j'essayai plusieurs fois de diriger ma vue de ce C()tL\
« N'avancez pas et parlez; que prt'tendez-vous? commença-t-il ; où est votre guide? Prenez garde que vous ne vous repentiez d'(}lre venus si haut? »
« Unedamedu ciel, instruite de ces choses, répondit mon maître, vient de nous dire tout-à-l'hcure : « Allez, c( la porte est là. »
c( Et puisse-t-elle conduire vos pas à bonne lin, reprit le portier courtois; Tenez donc au pied de nos trois marches. »
Nous avançâmes ; le premier degré était de marbre blanc, si poli et si bien lavé, que je me voyais dedans tel qu'on me voit.
Le second était d'une couleur plus sombre que le pers, et d'une pierre raboteuse, calcinée, crevassée en long et en travers.
Le troisième qui se suparpose me parut d'un porphyre aussi éclatant que ce sang (jui jaillit de la veine.
Sur cette marche reposaient les deux pieds de l'ange assis sur le seuil, qui me semblait de diamant.
Mon guide m'entraîna par les trois marches, oii je le
164 DEL PIIRGATOIUO.
Mi Irasse il Duca mio, dicendo: Chiedi Umilcmenle clic '1 scrrame scioglin.
57 Divoto mi gillai a' sanli piedi :
Miscricordia chicsi, c ch' ei m' aprisse; Ma pria nel petlo trc fiate mi diedi.
38 Sette P nclla fronte mi descrisse
Col punlon délia spada, e : Ftx che lavi, Quando se' dentro, queste piaghe, disse.
39 Cenere o terra che secca si cavi,
D' un color fora col suo veslimento, E di sotlo da quel Irasse duo chiavi.
40 L' una era d'oro, et 1' altia era d'argento :
Pria con la bianca, e poscia con la gialla Fece alla porta si ch' io fui contento.
41 Quandunque V una d' este chiavi falla,
Che non si volga dritta per la toppa, Diss* egli a noi, non s' âpre questa calla.
42 Più cara è 1' una ; ma 1' altra vuol troppa
D' arte e d' ingegno avanti che disserri, Perch' eir è quella che il nodo disgroppa.
43 Da Pier le tengo ; e dissemi, ch' io erri
Anzi ad aprir, ch' a tenerla serrata, Pur che la gentea' piedi mi s' atterri.
44 Poi pinse T uscio alla porta sacra ta,
Dicendo : Intrate; ma facciovi accorti Che di fuor torna chi indietro si guata .
45 E quando fur ne' cardini distorli
Gli spigoli di quella regge sacra, Chedi métallo son sonanti e forti,
suivis de bon gré : «Demande liumblement, dit-il, que l'ange l'ouvre la serrure. »
Je me jetai dévotement à ses pieds sacrés, demandant (ju'il m'ouvrît par miséricorde ; mais auparavant je me frappai trois fois la poitrine.
De la pointe de son épée il écrivit sept fois sur mon front la lettre P, et <( quand tu seras entré, dit-il, fais en sorte d'effacer ces taches. »
La cendre ou la terre sèche qu on vient de creuser seraient de la même couleur que le vêtement de l'ange, et il en tira deux clefs.
L'une était d'or et l'autre d'argent ; d'abord avec la blanche, ensuite avec la jaune, il lit si bien qu'il me contenta.
« Ouand une de ces clefs fait défaut cl ne tourne pas exjictement dans la serrure, nous dit-il, celte entrée ne s'ouvre pas.
c( L'une est plus précieuse, mais l'autre veut beaucoup d'art et d'intelligence avant d'ouvrir, car c'est elle qui démêle le nœud.
«Je les tiens de Pierre, et il m'a recommandé de me tromper plutôt en ouvrant trop aisément la porte, qu'en la tenant fermée, pourvu que le pécheur se jette à mes pieds. »
Puis il poussa la porte du côté de l'enceinte sacrée, et il dit: «Entrez; mais je vous avertis que celui-là retourne dehors qui regarde en arrière, o
El quand roulèrent sur leurs gonds les battants de cette porte sacrée, qui sont d'un métal solide et retentissant,
Kit) DEL PURGATORIO.
46 Non ruggio si, ne si mostro sî acra
Tarpcia, corne tollo le fu il buono Métallo, per clie poi rimase macra.
47 lo mi rivolsi attenlo al primo luono,
E, Te Deum laudamus, mi parea Udir in voce mista al dolce suono.
48 Taie imagine appunto mi rendea
Ciô ch' i' udiva, quai prender si suole Quando a cantar con organi si siea :
49 Ch' or si or no s' intendon le parole.
La roche Tnrpéïenne ne rugit pas si fort ni d'un bruit si criant, lorsqu'on lui enleva le fidèle Métellus pour le dépouiller de son trésor.
Je me retournai attentif* au premier bruit, et je crus entendre, le chant du Te Deuni laudamiis mêlé à de doux accords.
Ce qui frappait mon oreille me rappelait ce cpi'on éprouve quand le chant se marie à l'orgue, et que tantôt on entend les paroles, tantôt on ne les entend plus.
La porte du purgatoire. — Nous liouvons ici une de ces belles allégories aimées du moyen âge. Ces siècles si simples sont en môme temps passionnés pour l'allégorie. Ils la cherchent dans l'inlerprétation de l'Écriture, ils la veulent dans les monuments^ Ils ne comprennent pas de poésie sans une pensée allégorique. C'est ainsi qu'ils expliquent Virgile et Ovide : c'est l'âme de tout le poëme du Saint-Graal qui symbolise toutes les lois de la chevalerie.
Terc. 24. — Lettor tu vedi hen. Toute la distribution du purgatoire représente l'économie de l'expiation chrétienne. La porte, c'est le sacrement de Pénitence. Le péché se commet de trois manières, pensée, parole, action : à quoi correspondent les trois degrés de la pénitence, contrition, confession, satisfaction. Le marbre poH, la confession ; la pierre fendue et tourmentée, la contrition; le porphyre, la satisfaction. L'ange est le juge spirituel « in forma di sficerdote. » Assis sur le diamant, symbole de réconciliation et de chr.rité. Le vêlement couleur de ceudie, humilité et mortification. La clef d'argent, la science. La clef d'or est l'autorité. Le retour en arrière, c'est la rechute dans le péché, et le bruit de la poi te montre la grande difficulté d'une conversion sérieuse,
La poésie de Dante est tout allégorique, mais elle est aussi toute peisonnelle. La pénitence dont il donne le spectacle, c'est bien celle de l'humanité coupable, mais c'est aussi la sienne. Quand il se montre à l'entrée de l'enfer, son fds Jacopo le commente ainsi : i{ Vuol dire Vautore che in quel tempo ch' egli comincio questo trattato era peccatore e vizioso, e era quasi in ima selva di vizi e rf' ignorenza, sicche délia via di virtude e di veritade errava. » Il insiste, et quand, au deuxième chant, Dante parle de la louve, (( avarizia per la quale egli lascià lo studio délia scienza che
* Tout le Spéculum de Yincent de Béarnais est dans les sculptures de la cathédrale de Chartres.
comminciato aven nel tempo délia (jiovinezza. » Quand il sera au sommet du purgatoire, il avouera ses torts envers Béatiix. Si c'est sou péché qu'il décrit, il décrit aussi sa pénitence.
Ou est au quatrième jour du pèlerinage. Dante, entré en enfer le 4 avril, lundi saint, se trouve au pied de l'ange le jeudi saint 7 avril au matin, au moment de rabsolutiou gêné» aie des pécheurs. Virgile, c'est-à-dire la raison, entraîne Dante sur les marches du tribunal. 11 Trappe sa [)oitrine.
L'ange tient les clefs de saint Pierre, exercice de la [prérogative papale, et la porte sainte est un souvenir du jul)ilé.
Nous avons étudié un passage trop peu eoiuni de la Divine Comédie^ ei dam la scînecpii letient le poêle à la porte du purgatoire, nous avons relrouxé le souvenir d'une grande époque de sa vie, sou ]tèleiinage au jubilé de Home eu 1500, la gr.inde révolution qui se lit dans sou àme, et des lainies de celle lilorieuse pénitence nous avons vu soi tir un pocme immoilel.