LES FEMMES
On pourrait croiie que Dante cède au penchant qu'ont eu tous les poètes satiriques <à médire des femmes.' C'est pourquoi il est
586 DEI- PURGATOUIO.
bon d'eiitciulrc sur ce passage le commcnlaiie de Cenvenuto d'Imola : « Il n'est pas d'ailisles dans le monde qui aient autant d'engins, d'instruments divers et de subtiles industries pour l'exercice de levn- art, que les femmes florentines pour le soin de leur personne. Car non contentes de leur beauté, elles s'efforcent d'y ajouter toujours, et elles s'armentd'un art incroyable contre les défectuosités de la nature. Car elles relèvent leur petite taille en exhaussant leurs chaussures. Si elles ont une carnation trop noire, elles la blanchissent; trop prde, elles savent lui prêter des couleurs. Elles savent se donner des cheveux blonds, des dents d'ivoire, un corsage clégant, et pour parler brièvement, elles meltent de rarlifice dans tous leurs membres. »
Le pape Grégoire X au concile de Lyon, 1274, entre autres constitutions, interdit Texcès du luxe dans les vêtements des femmes par toute la république chrétienne. — Statut de Modène, 1527 ^ « Dél'ense aux femmes de compagnie, servantes et autres d'humble condition déporter des vêtements qui touchent la terre. Item de porter dans leur chevelure des tresses de soie. Item ordoime qu'aucune femme mariée ou non mariée ne puisse porter dans la maison ou hors de la maison, aucune robe, mante ou fourrure, ou vêtement quelconque, dont la queue traîne à terre de plus d'une brasse, mesurée à la mesure de la commune, taillée dans la pierre sur la place publique. Défense d'avoir aucune couronne ou guirlande, aucun cercle ou fil de perle, d'or, d'argent, de pierreries, de quelque sorte que ce soit, ni aucune tresse d'or ou d'argent, ni aucune ceiutuie qui vaille plus de dix livres deModène, ni aucune boursequi vaille plus de cinquante sous. ))
Satire de FraJacopone. 0 femine gttardate aile mortal fenite. Les Romans de la Table ronde. Lancclot. Galeotto fu libro, e chi lo scrisse. Tristan et les aventures du roi Marc. Immoralité des premiers troubadours, des trouvères et du roman de la Rose.
Le moyen âge ne fut pas ce qu'on pense. L'empire du mal y fut grand. Restes de paganisme, restes de barbarie. Violence des passions de la chair. Mais le moyen âge eut le mérite de détester le mal, de le flétrir. Il ne connut point les délicatesse?. On ne craignait pas de diminuer le respect en publiant les vices des grands. Les prédica-
* Uicord. Mnlcsp., cap. cxcix.
teurs s'armaient du fouet pour chasser les veudeurs du temple. Les lois étaient sévères quoique mal exécutées. Le uiérite du moyen â"e n'est pas d'avoir triomphé, mais d'avoir combattu, de n'avoir pas connu ces capitulations misérables dont s'accommodent les siècles faibles.
GANTO XXIV
1 Ne il dir V andar, ne 1' andar lui più lento
Facea; ma ragionando andavam forte, Si coQie nave pinta da buon vento.
2 ET ombre, che parean cose rimorte,
Per le fosse degli occhi ammirazione Traén di me, di mio vivere accorte.
3 Ed io, continuando il mio sermone,
Dissi : Ella sen va su forse più tarda Che non farebbe, per 1' altrui cagione.
4 Ma dimmi, se tu sai, dov' è Piccarda ;
Dimmi s' io veggio da notar persona Tra questa gente che si mi riguarda.
5 La mia sorella, che tra bella e buona
Non so quai fosse più, trionfa lieta Neir alto Olimpo già di sua corona.
G Si disse prima; e poi : Qui non si vieta Di nominar ciascun, da ch' è si munta Noslra sembla nza via per la dieta.
La parole ne ralentissait point la marche, et la marche ne ralentissait point la parole, mais, tout en discourant, nous allions rapidcmcntcommc un navire quele bon vent pousse.
Et les ombres, qui paraissaient deux fois mortes, ouvraient avec étonnement les fosses de leurs yeux, apprenant que je vivais.
Et moi, continuant mon discours : « Cette âme, dis-je, à cause d'autrui s'en va peut-èlre plus lentement vers le ciel. »
« — Mais dis-moi, si tu le sais, où est Piccarda. Dismoi si je vois quelque personne digne de remarque, parmi ce peuple qui me regarde ainsi ? »
« Ma sœur, toute belle et toute bonne (je ne saurais dire ce qu'elle fut le plus), triomphe joyeuse et couronnée sur les hauteurs de l'Olympe, w
Ainsi parla d'abord Forèse ; puis il ajouta : c< Rien ne défend ici de donner à chacun son nom, tant nos traits sont défigurés par une diète salutaire.»
390 DEL rURGATORIO.
7 Qucsti (c mostro col dîlo) c Buonngiunta; Buonagiunta da Lucca : e quella faccia Di là da lui, più clie V altre trapunta,
s Ebbe la Santa Chicsa in le sue braccia : Dal Torso fu, e purga per digiuno L' anguille di Bolsena e la vernaccia.
9 Molti altri mi mostro ad uno ad uno; E nel nomar parean tutti contenti, Si cil' io perô non vidi un atto bruno.
10 Vidi per famé a vuoto usar li denti
Ubaldin dalla Pila, e Bonifazio Che pasturô col rocco moite genti.
11 Yidi messer Marcliese, eh' ebbe spazio
Già di bere a Forïi con men secchezza, E si fu tal che non si senti sazio.
12 Ma, corne fa chi guarda, e poi fa prezza
Più d' un che d' altro, fe' io a quel da Lucca, Che più parea di me voler contezza.
13 Ei mormorava; e non so che Gentucca
Sentiva io là ov' el sentia la piaga Délia giustizia che si gli pilucca.
14 0 anima, diss' io, che par si vaga
Di parlar meco, fa si ch' io t' intenda, E te e me col tuo parlare appaga.
15 Femmina è nata, e non porta ancor benda,
Cominciô ei, che ti farà piacere
La miacittà, corne ch' uom la riprenda.
16 Tu te n' andrai con questo antivedere :
CHANT XXIV. r,91
c( Celui-ci, et du tloigl il le montra. C'est Buonagiunta de Lucqnes, et au delà de lui ce visage plus amaigri que les autres
f< Kut la sainte Église dans ses bras. Il était de Tours, et il expie par le jeûne ses anguilles de Bolsena et son vin doux.»
Il m'en nomma beaucoup d'autres, un à un, et tous paraissaient contents d'être nommés, si bien que je ne vis pas un seul visage se rembrunir.
Je vis, réduits par la faim, à fatiguer leurs dents à vide, Ubaldino délia Pila et Coniface, qui rangea sous sous son bâton pastoral un grand peuple.
Je vis Messer Marcbese, qui jadis à l' orli eut le gosier moins sec et tout le loisir de boire. Il fut tel cependant qu'il ne se sentit jamais désaltéré.
Mais, comme un liomme qui regarde et ensuite fait plus d'estime de l'un que de l'autre, ainsi j'en montrai davantage à lliabitant de Lucques, lequel semblait me connaître mieux.
Il murmurait, et j'entendais le nom de je ne sais quelle Gentucca sortir de cette bouche, oi\ il sentait les coups de la justice divine qui émonde ainsi les pécheurs.
a 0 àme, dis-je, qui semble si désireuse de converser avec moi, fais en sorte que je t'entende, et que la parole nous satisfasse tous deux. »
(c — Une femme est née, qui ne porte pas encore de bandeau , commença-t-il, et qui te fera aimer ma patrie, encore qu'on en médise;
«Tu t'en iras avec cette connaissance de l'avenir. Si
392 DEL rURGATORIO
Se nel niio mormorar prendesli errore, Dichiareranli ancor ic cose vcro.
17 Ma di s' io veggio qui coliii che fuore
Trasse le nuove rime, cominciando :
Donne, di avete intelletto dJ amore.
18 Ed io a lui : F mi son un clic, quando
Amore spira, noto, ed a quel modo Che delta dentro, vo significando.
19 0 frate, issa \egg' io, diss' egli, il nodo
Che il Notaio, e Guitlone, e me ritenne Di qua dal dolce stil nuovo eh' i' odo.
20 Io veggio ben come le vostre penne
Diretro al dittator sen vanno streite, Che délie nostre certo non avvenne.
21 E quai più a guardare oltre si mette,
Non vede più dall' uno alF allro stilo : E quasi contenfato si tacette.
22 Come gli augei che vernan lungo il Nilo,
Alcuna volta di lor fanno schiera, Poi volan più in fretta e vanno in filo ;
23 Cosi tutta la gente che li era,
Volgendo il viso, raffreltô suo passo, E per magrezza e per voler leggiera.
2i E come V uom che di trottare è lasso,
Lascia andar li compagni, e si passeggia Fin che si sfoghi 1' affoUar del casso;
25 Si lasciô Irapassar la santa greggia Forese, e dietro meco sen veniva, Dicendo : Quando fia ch' i' ti riveggia? fon so, risposi lui. quant' io mi viva;
ÎVT.
les mois que je murmure t'ont trompé, l'événement te le fera voir.
« Mais dis si je vois celui qui mit au jour les vers nouveaux commençant par ces mois : Dames qui de Vaynour avez VinteU'ujencclyy
Et moi, je reparus : « Je suis un homme qui écris quand l'amour m'inspire, et qui vais exprimanl ce qu'il dicte au dedans de moi. »
« 0 frère, répliqua-l-il, je vois maintenant le nœud qui nous a relenus, le notaire etGuittone et moi, loin du nouveau style dont mes oreilles goûtent la douceur.
« Je vois bien comme vos plumes suivent de près celui qui vous dicte, et certes il n'en fut pas ainsi des nôtres.
c< Et celui qui pour plaire veut aller au delà ne voit plus de différence entre les deux styles ; » et comme s'il eût été satisfait, il se tut.
Ainsi que les oiseaux qui vont hiverner vers le Nil quelquefois se forment en balaillon, puis pressent leur vol, ils s'en vont à la file;
Ainsi toutes les ombres qui étaient là, tournant vers moi leurs regards, hâtèrent le pas, devenues légères par leur maigreur el parleur volonté.
Et comme un homme fatigué de courir laisse aller ses compagnons, et marche jusqu'à ce qu'il ait déchargé le souffle de sa poilrine ;
Ainsi Forèse laissa passer le sainl troupeau, et il venait derrière moi disant : a Quand sera-ce que je te reverrai ? »
« — Je ne sais, lui répondis-je, combien je vivrai; mais
Ma già non fia '1 tornar mio lanto losto, Ch' io non sia col voler prima alla riva. *27 Perocchè il luogo, u' fui a viver poslo,
Di giorno 'n giorno più di ben si spolpa, E a trista ruina par disposto.
28 Or va, diss' ei, chè quoi che più n' ha colpa
\e^g' io a coda d' una bcstia tratto Yerso la valle, ove mai non si scolpa.
29 La besiia ad ogni passo va più ratto
Crescendo sempre, infin ch' ella il percuote, E lascia il corpo vilmente disfatto.
30 Non hanno molto a volger quelle ruote
(E drizzô gli occhi al ciel), ch' a le fia chiaro Ciô che '1 mio dir più dichiarar non puote.
31 Tu ii rimani ornai, chè '1 tempo è caro
In queslo regno si, ch' io perdo troppo Venendo teco si a paro a paro.
32 Quai esce alcuna volta di galoppo
Lo cavalier di schiera che cavalchi, E va per farsi onor del primo intoppo ;
33 Tal si parti da noi con maggior valchi;
Ed io rimasi in via con esso i due, Che fur del mondo si gran maliscalchi.
34 E quando innanzi a noi si entrato fue,
Che gli occhi miei si fero a lui seguaci, Corne la mente aile parole sue;
35 Parvermi i rami gravidi e vivaci
D' un altro pomo, e non molto lontani, Per esser pur allora volto in laci.
36 Vidi gente sott' esso alzar le mani,
mon retour ne sera pas si prompt que mon désir ne le devance sur votre rive;
c( Car le lieu où je fus placé pour vivre de jour en jour se dépouille de bien, et semble réservé à quelque triste ruine. »
a — Va donc, dit-il, car je vois celui qui en porte surtout la faute traîné à la queue d'une béte vers la vallée où jamais le crime ne s'absout.
« La béte, à cliaqu<^ pas, va plus rapide, toujours se bâtant, jusqu'à ce qu'elle le fr»ippo, et laisse son corps misérablement défiguré.
a Ces spbères n'ont pas beaucoup à tourner (et il leva les yeux au ciel), avant (jue te devienne clair ce que ma parole ne peut t'éclaircir davantage.
a Je te laisse maintena?it, car dans ce royaume le temps est si précieux, que j'en perds trop en marcbant ainsi d'un pas égal avec toi. »
Comme on voit quelquefois un cavalier se détacber au galop d'une troupe (jui cbevaucbe, et courir pour se faire bonneur du premier coup;
Tel Forèse se sépare de nous en pressant sa marche, et je restai sur la route avec ces deux, qui furent pour le monde de si grands capitaines.
Et quand il fut si loin devant nous que mes yeux le suivirent à peine, comme mon intelligence suivait ses paroles,
Alors m'apparurent les rameaux d'un autre arbre, vivants et chargés de fruits, et peu éloignés de moi, car je venais seulement de me tourner de ce côté.
Au-dessous je vis une foule qui levait les mains et qui
E gridar non so chc verso le fronde, Quasi bramosi fanlolini e vani,
37 Clie pregano, e il pregalo non risponde;
Ma perfare essor ben lor voglia acula, Tien alto lor disio, e nol nasconde.
38 Poi si parti si come ricreduta;
E noi venimmo al grande arbore adesso, Che lanti priegbi e lagrime rifiula.
39 Trapassate oltre senza farvi presso ;
Legno è più su che fu morso da Eva, E questa pianta si levô da esso.
40 Si ira le frasche non so cbi diceva ;
Perché Virgilio e Stazio ed io ristretti, Oltre andavam dal lato che si leva.
41 Ricordivi, dicea, de' maledetti
Ne* nuvoli formati, che satolli Teseo combattér co' doppj petti :
42 E degli Ebrei ch' al ber si mostrar molli,
Per che non gli ebbe Gedeon compagni, Quando in ver Madian discese i colli.
43 Si, accostati ail' un de' duo vivagni,
Passammo, udendo colpe délia gola, Seguite già da miseri guadagni.
44 Poi, rallargati per la strada sola,
Ben mille passi e più ci portammo oltre, Contemplando ciascun senza parola.
45 Che andate pensando si voi sol tre ?
Subita voce disse; ond' io mi scossi, Come fan bestie spaventate e poi tre,
CllÂiNT WIV. 597
poussait je ne sais quels cris vers le feuillage, comme de petits en(\ints pressés de vains désirs,
Qui prient, et celui qu'ils prient ne répond pas, et, pour faire que leur convoitise s'aiguise encore, il tient au-dessus d'eux l'objet désiré, et ne le cache point.
Puis cette troupe s'éloigna comme détrompée, et aussitôt nous vînmes auprès du grand arbre qui repousse tant do prières et de larmes.
« — I\issez outre sans approcher. Plus haut est le bois duquel Eve mordit le fruit. Et cette plante en est un rejeton. »
Ainsi disait entre les branches je ne sais quelle voix. C'est pourquoi Virgile, Stace et moi, nous passâmes outre en nous serrant du côté de la hauteur.
ce — Souvenez-vous, disait la voix, de ces maudits qui naquirent des nuages, et qui dans leur ivresse combattirent Thésée avec une double poitrine,
« Et des Hébreux qui, au moment de boire, montrèrent leur mollesse. C'est pourquoi Gédéon ne les voulut pas pour compagnons d'armes, quand du haut des collines il fondit sur Madian. »
Ainsi nous tenant près de l'un des deux bords, nous passâmes, entendant raconter des péchés de gourmandise, suivis jadis d'un misérable retour.
Puis, nous mettant an large dans la route solitaire, nous marchâmes bien mille pas et plus, chacun de nous méditant et sans parole.
« Où allez-vous pensant de la sorte tous les trois seuls? » Ainsi dit une voix soudaine ; et moi je tressai J comme font des bêtes ombrageuses et mal domptées.
4c Drizzai la testa per vcder chi fossi;
E giammai non si videro in fornace Vetri 0 mctalli si lucenti e rossi,
47 Gom' io vidi un clic dicca : S' a voi piace
Montare in su, qui si convien dar voila; Quinci si va chi vuole andar pcr pace.
48 L' aspetto suo m' avea la vista tolta :
Pcrch' io mi volsi indietro a' miei dottori^ Corn' uom cheva secondo ch' cgli ascolta.
49 E quale, annunziatrice degli al bon,
L' aura di maggio movesi ed olezzn, Tutta impregnata dall' erba e da' fiori;
50 Tal mi senti' un vento dar per mezza
La fronte, e ben senti' mover la pi u ma, Che fe sentir d' ambrosia 1' orezza;
51 E senti' dir : Beati cui alluma
Tanto di grazia, che 1' amor del gusto Nel petto lor troppo disir non fuma,
52 Esuriendo sempre quanto è giusto.
Je relevai la lèle pour voir qui parlait, et jamais on ne vit dans une fournaise des verres ou des métaux aussi rouges et resplendissants,
Qu'un personnage qui m'apparut, disant : a S'il vous plaît de monter, il fîiut tourner ici ; par ici l'on passe» quand on va chercher la paix. »
Son aspect m'avait ôté la vue : c'est pourquoi je me retournai vers mes maîtres, comme un homme qui va selon la parole qu'il entend.
Et comme messagère des premières hhincheurs du jour, la brise de mai passe et embaume, tout imprégnée du parfum de l'herbe et des fleurs ;
Ainsi je sentis un souffle me toucher au milieu du front, et le battement de l'aile qui me parfuma d'ambroisie.
Et j'entendis ces mots : «Heureux ceux qu'embrase assez la grâce pour que la passion du goût ne jette pas trop de fumée dans leur cœur, et qui on[ toujours faim de la justice. »
La rencontre de Forèse a réveillé dans la mémoire de Dante les plus chers souvenirs de sa jeunesse. 11 retourne par sa pensée aux jours où il ne connaissait pas l'exil et l'amertume du pain de l'étranger. Il revoit la maison des Donali qui lui donna une épouse; le chef de cette famille puissante, Corso Donati, l'âme de la faction noire dont il prédit la mort, les deux nobles femmes Ànnella et Piccarda dont les douces figures tempèrent le sombre tableau des mœurs florentines. En même temps il se rappelle le chaste amour qui le fît poëte, et met sur les lèvres de l'un de ses interlocuteurs le premier chant où son génie se révéla : Donne cK avete intelletio d' amore. Cet interlocuteur est un poëte, Buonagiunta degl' Urbicciani ; et Dante trouve l'occasion de l'envelopper avec le notaire de Lentino et Guittone d'Arezzo dans un même jugement qui jette une lumière inattendue sur les commencements de la poésie italienne. Enfin lui-même livre le secret de son art, et donne en peu de mots une admirable définition de l'inspiration poétique, il en donne en même temps l'exemple par la beauté des comparaisons qu'il emprunte à toute la nature, aux oiseaux et aux fleurs.
8. — Le pape Martin IV (1281-1285), né à Montpince en Brie, Ircso'ier de la cathédrale de Tours (Benvenuto) : Vir bonus et pru-
COMMENTAIRE PU CHANT XXIV. 40i
(leiis, nimis tameii splendide vivons. Nain qiuim haberet curiam in Ilalia, in civitato Viterbii, faciebat siiflbcari anguillas optinias illins lacus in vino optimo Veinaccino.
1 0. — Boniface, archevêque de Ravenne. Benvenuto. Quum cœteri pastorojî, liabeant virgam pastoralem retoitam, isle liabet totam virgam rectani, et in sinnmitalo lotnndam ad inoduni calcnli sivc Rocchi. Même explication de Pietio di Dante.
W. — Marcliese. Benvenuto : Oninii seniel adjnrarot pinceinani snum ut sibi diceret qiiid diceielur de eo, et illo lespondente trépide : « Domine, dicitur quod nunqnam facilis nisi bibore, di\il rideiiler : Kl qnare nntiqnnm diruiit qnod seniper sitio. »
12. — Buonagiunta deFrbisanis, Incnlenlus orator in lingua materna et facilis inventor rbylhmorniii, sed facilior viiiornn), qni noverat auctorem in vila sua et aliqiiando scripserat sibi {Benvenuto, confirmé par le Falso Boccacio).
1-i. — Dante à Lucques. An moment où liante accomplit son pMerinage, Lucqnes est dans la ligne des noirs. Aussi la traite-t-il sévrrementan vingt et unième chant de son LnCer où un diable apportant sur ses épaules un des anciens de Sainte-Zita déclare qne dans cette ville tont le monde est concnssionnaire, excepté Bonlnro. Mais en 131-4, le 14 juin, Uguccione, capitaine des Gibelins et seigneur de Pise, s'empare de Lucques, d'où il chasse les Guelfes, alors seulement Dante put la visiter et connaître Gentucca la jeune lille,qui le rendit moins sévère pour la belle et coupable cité.
Terc. 17. — Caractkre, vie et mort de Corso Doaati. — Dino Compagni. Portrait de Corso Donati. — « H y avait un cavalier du ciractère de Catilina romain, mais plus cruel ; noble de sani,^, bien lait de corps, beau parleur, orné d'agréables manières, subtil d'esprit, toujours attentif à mal faire. Beaucoup de gens d'épée s'attachaient à lui; il avait une grande suite, par laquelle il fit faire un grand nombre de pillages et d'incendies, et beaucoup de tort à ses ennemis. Il v
402 I-E PURllATOIlŒ.
gagna un grand avoir cl monta à iincgrando <'lcvation. Tel était messire Corso Donati, qni à cause de son orgueil fut appelé le baron : si bien que lorsqu'il passait par la ville, beaucoup criaient : « Vive le baron » et il semblait que la ville fut à lui. »
Corso Donati, rival deVieri de' Cerchi. Lntledes noirs et des blancs. Août 1500. Dante était prieiu-, les cliefs des deux piutis sont exilés. Corso Donati rompt son ban et se rend à Kome. Après le passage de Cbarles de Valois à Florence, Corso Donati et les siens restent maîtres des aU'aires. Violence du parti vaiu([ueur; six cents citoyens envoyés en exil. Le feu prit à un oratoire de la Vierge à Orto-San-Micbele ; il s'étendit jusqu'à Pou te-Veccbio, plus de dix-neuf cents maisons furent brûlées. Les voleurs emportaient publiquement ce qui leur plaisait, et qui voyait emporter son bien n'osait le réclamer, tant le p.ays était mal gouverné en toute chose. (Dino.)
Enfin le parti noir se divise, comme tous les partis victorieux. Rosso délia Tosa et Pazzino de'Pazzi s'élèvent contre Corso Donati, et travaillent à l'exclure du pouvoir. Corso rallie autour de lui les nobles mécontents et se recompose un parti. 11 va chercher des albés à Lucques (probablement auprès d'Uguccione délia Faggiuola, son gendre). De retour à Florence, il donne rendez-vous à ses partisans pour aller en armes au palais de la Seigneurie déclarer qu'ils veulent un autre gouvernement. Mais le parti contraire les prévient. Un dimanche matin, les magistrats convoquent le conseil et citent à comparaître Corso, ses fils et ses adhérents. Sur leur refus on les met au ban et le peuple va donner l'assaut à leurs maisons.
Corso, goutteux et hors d'état de porter les armes , excite les siens du "este et de la voix. Le petit nombre des siens se défend avec vigueur en attendant le secours des conjurés. Ceux-ci ne paraissant pas, les assiégés rompent les chaînes et s'échappent. Corso moule à cheval et s'enfuit vers l'abbaye de San-Salvi. Une troupe de soldais du parti opposé le rejoint et le tue. Benvenuto d'Imola raconte que se voyant pris, et dans l'impossibilité de se défendre, pour éviter les io-nominies que lui réservaient ses ennemis, il se laissa tomber de cheval, ou qu'il tomba involontairement. Mais son pied resta engagé dans l'étrier, et après que la bête l'eut traîné quelque temps, un soldat le tua d'un coup de lance. C'était le 15 septembre 1307.
nino Compagni conclut en ces termes : « Telle est la condition de notre cité afiligée, ainsi se gouvernent nos citoyens obstinés à mal
fil ire, et ce qui se lait un jour est blâmé Tautre. Les hommes sages avaient coiitmne de dire : « Le sage ne fait chose dont il ait à se re pcntir. )) Et dans cette ville et par les mains de ce peuple il ne se fait aucune chose si louable qui ne soit jugée au rebours et blâmée. On y tue les hommes, le mal n'y est point puni par la loi. Mais selon que le malfiitenr a des amis ou peut débourser de l'argent, il est absous de ses crimes. »
Ora era che '1 salir non volea storpio, Chè '1 Sole avea lo cerchio di merigge Lasciato al Tanro, e la Notte allô Scorpio.
Per che, corne fa V uom che non s' affigge, Ma vassi alla via sua, checchè gli appaia, Se di bisogno stimolo il traiîgge;
Cosi entrammo noi per la callaia,
Uno innanzi allro, prendendo la scala Che per artezza i salitor dispaia.
E quale il cicognin che leva 1' ala Per voglia di volare, e non s' attenta D' abbandonar lo nido, e giù la cala;
Tal era io, con voglia accesa e spenta Di dimandar, venendo infino ail' atto Che fa celui ch' a dicer s' argomenta.
Non lasciô, per ï andar che fosse ratio, Lo dolce Padre mio, ma disse : Scocca L' arco del dir, che msino al ferro hai tratto.
L'heure était venue où notre montée ne souffrait plus (le retard ; air le soleil avait laissé le méridien au Taureau et la nuit le laissait au Scorpion.
C'est pourquoi, comme fait l'homme qui ne s'arrête pas, mais qui va son chemin, quoiqu'il voie si l'aiguillon du besoin le blesse;
Ainsi nous entrâmes par la brèche l'un devant l'autre, prenant l'étroit escalier qui ne permet pas aux voyageurs de monter deux à deux.
Et tel que le petit de la cigogne, tenté de voler, lève ses ailes, et, ne s'aventurant point à quitter son nid, les replie,
Tel j'étais avec un désir d'interroger, qui tour à tour en moi s'allumait et s'éteignait, et qui me conduisait jusqu'au mouvement d'un homme prêt à parler.
Si rapide que fût sa marche, mon doux père ne laissa pas de dire : « Lâche l'arc de ta parole que tu as bandé jusqu'au fer. »
I Allor sicuramrnte aprii la bocca,
E cominciai : Come si puô far magro Là dove 1' uopo di nutrir non locca?
8 Se t' ammentassi corne Meleagro
Si consumô al consumar d' un lizzo, Non fora, disse, questo a te si agro :
9 E, se pensassi come al vostro guizzo
Guizza dentro allô specchio \'ostra image, Ciô che par duro ti parrebbe vizzo.
10 Ma perché dentro a tuo voler t' adage,
Ecco qui Stazio, ed io lui chiamo e prego, Che sia or sanator délie tue piage.
II Se la veduta eterna gli dispiego,
Rispose Stazio, laddove tu sie, Discolpi me non polert' io far niego.
12 Poi cominciô : Se le parole mie,
Figlio, la mente tua guarda e riceve, Lume ti fieno al come che tu die.
13 Sangue perfetto, che mai non si beve
Dair assetate vene, e si rimane Quasi alimento che di mensa levé,
14 Prende nel cuore a tutte membra umane
Yirtute informativa, come quello Gh* a farsi quelle per le vene vane.
15 Ancor digesto scende ov' è più bello
Tacer che dire ; e quindi poscia geme Sovr' altrui sangue in natural vasello.
16 Ivi s' accoglie 1' uno e 1' altro insieme,
Alors, rassuré, j'ouvris la bouche el je commençai : <( Comment peul-on devenir maigre, là où l'on n'est point touche du besoin de se nourrir? »
(( — Si tu te rappelais, dit-il, comment Méléagre se consuma à mesure que se consumait un tison, ceci ne te serait point si épineux.
« Et si tu pensais comme à vos tressaillements, votre image tressaille aussi dans le miroir, ce qui te semble dur te semblerait facile.
« Mais, pour que tu pénètres ce point selon ton gré, voici Stace, el je l'invoque et le prie d'être maintenant le médecin de tes plaies. »
« — Si je lui ouvre les yeux aux choses éternelles, quand tu es là, répondit Stace, que mon excuse soit de ne pouvoir te refuser rien. »
Puis il commença : c< Mon lils, si tu reçois et garde mes paroles, elles porteront la lumière sur la question que tu fais.
«Un sang plus parfait que les veines altérées ne boivent pas, et qui reste comme un mets qu'on relève de la table,
« Prend dans le cœur une puissance capable de former tous les membres du corps humain ; car c'est pour se changer en eux qu'il court à travers les veines.
« Encore épuré, il descend en un lieu qu'il est plus beau de taire que de nommer, et delà il s'épanche sur le sang d'autrui dans le vase que la nature lui a destiné.
« Là, tous deux se recueillent ensemble, Tun disposé
408 Ml PUnCATORIO.
L' un disposto a palirc e 1' «iltro n Tare, Per lo pcrfctlo luogo onde si preme;
17 E giunto lui, comincia ad operare,
Coai,mlando prima, e poi avviva Ciô che per sua materia fe constare.
18 Anima fatta la virtute attiva,
Quai d' una pianla, in tanlo différente, Che quest' è in via, e quella è già a riva,
19 Tanto ovra poi, che già si muove e sente,
Corne fungo marino; ed ivi imprende Ad organar le posse ond* è semente.
20 Or si spiega, figliuolo, or si distende
La virlù ch' è dal cuor del générante, Dove natura a tutte membra in tende.
21 Ma, corne d' animal divegna fante.
Non vedi tu ancor : quest' è tal punto Che più savio di te già fece errante;
22 Si che, per sua dottrina, fe disgiunlo
Dair anima il possibile intelletto, Perché da lui non vide organo assunto.
25 Apri alla verità che viene il petto, E sappi che, si tosto com' al feto L' articolar del cerebro è perfetto,
24 Lo Motor primo a lui si volge lieto,
Sovra tant' arte di natura, e spira Spirito nuovo di virlù repleto,
25 Che ciô che truova atlivo quivi tira
In sua sustanzia, e fassi un' aima sola, Che vive e sente, e se in se rigira.
à subir l'action, l'autre à l'exercer à cause de la source plus j)arfaite dont il émane ;
c< Et arrivé là, il commence son œuvre, d'abord en coagulant la matière qu'il s'est cherché, ensuite en la vivifiant quand il lui a donné sa consistance.
« La puissance active devient une Ame pareille à celle d'une plante, avec cette différence qu'elle est en chemin, et que l'àme de la plante est à son terme.
« Puis, elle travaille de telle sorte que déjà elle se meut et sent comme un mollusque de mer; et ensuite elle commence à organiser les puissances dont elle est le germe,
c( Tantôt se replie, mon fils, et tantôt se dilate, la vertu qui vient du cœur du père, où la nature s'applique à former tous les membres.
c< Mais comment d'animal elle devient raisonnable, tu ne le vois point encore, et telle est cette difficulté, qu'elle a jeté dans l'erreur plus sage que toi ;
c< Si bien que dans sa doctrine il a séparé de l'àme l'intellect possible, parce qu'il ne vit pas d'organe qui lui fût approprié.
« Ouvre ton cœur à la vérité qui te vient, et sache qu'aussitôt que l'organisation du cerveau est parfaite,
a Le premier moteur se tourne joyeux vers l'enfant, et, se penchant sur un si bel ouvrage de la nature, il y souffle un esprit nouveau et puissant,
« Qui attire en sa substance tout ce qu'il trouve d'actif en ce lieu, et il s'en forme une seule âme qui vit, qui sent et qui se réfléchit sur elle-même ;
26 E perclîè nicno amniiri la parola,
Guarda il calor del Sol che si fa vino, Giunto air umor che délia vite cola.
27 E quando Lachcsis non ha più lino,
Solvesi dalla carne, ed in virtute Seco ne porta e V umano e il divine.
28 L' altre potenzie tutle quante mute;
Memoria, intelligenzia, e volontade, In atto, molto più che prima, acute.
29 Senza ristarsi, per se stessa cade
Mirabilmente ail' una délie rive; Quivi conosce prima le sue strade. 50 Tosto cheluogo li la circonscrive,
La virtù formativa raggia intorno, Cosi e quanto nelle membra vive,
31 E come 1' aère, quand' è ben piorno,
Per r altrui raggio che in se si riflette, Di diversi color si mostra adorno ;
32 Cosi r aer \icin quivi si mette
In quella forma, che in lui suggella Virtualmente 1' aima che ristette :
55 E simigliante poi alla fiammella
Che segue il fuoco là 'vunque si muta, Segue allô spirto sua forma novella.
54 Perocchè quindi ha poscia sua paruta,
È chiamat' ombra; e quindi organa poj Ciascun sentire insino alla veduta.
55 Quindi parliamo, e quindi ridiam noi,
c( Et pour que ma parole t'étonne moins, considère la chaleur du soleil qui se change en vin, jointe à la sève (jui coule delà vigne.
« Lorsque Lachesis n'a plus de lin, Tàme se détache de la chair, et emporte en sa puissance l'humain et le divin ;
«Toutes les autres facultés comme inactives, la mémoire, l'intelligence et la volonté, plus subtiles qu'auparavant dans leur action.
« Sans s'arrêter, elle tombe d'elle-même et d'une manière merveilleuse à l'une Mes deux rives; c'est là que pour la première fois ses voies lui sont montrées.
« Aussitôt arrivée là, un lien la circonscrit; la puissance formatrice rayonne tout autour de la môme manière et avec la même proportion que dans les membres où elle vivait.
« Et comme l'air, quand il est bien pénétré d'eau, si le rayon de soleil vient s'y réfléchir, se montre orné de diverses couleurs,
« Ainsi l'air environnant prend la forme que lui imprime par sa puissance l'àme arrêtée là ;
a El pareille ensuite à la flamme qui suit le feu quelque part qu'il se transporte, la forme nouvelle suit l'esprit à qui elle s'attache ;
« Et parce qu'il se rend visible par elle, on le nomme ombre, et c'est par là que l'esprit organise tous ses sens jusqu'à celui de la vue..
« C'est par là que nous parlons et par là que nous
Quindi facciam le lagrime e i sospiri Che per lo monte aver sentili puoi. * 30 Secondo che ci affigon li disiri
E gli allri affelti, V ombra si figura; E questa è la cagion di che tu miri.
37 E già venuto ail' ultima tortura
S' era per noi, e volto alla man destra, Ed eravamo attenti ad allra cura.
38 Ouivi la ripa liamma in fuor balestra,
E la cornice spira fiato in suso,
Che la refletle, e via da lei séquestra.
39 Ond' ir ne convenia dal lato schiuso
Ad uno ad uno, ed io temeva il fuoco Quinci, e quindi temeva il cader giuso.
40 Lo Duca mio dicea : per questo loco
Si vuol tenere agli occhi stretto il freno, Perocch' errar potrebbesi per poco.
41 Summx Deus deynentix^ nel seno
Del grand' ardore allora udi' cantando, Che di volger mi fe caler non meno.
42 E vidi spirti per la fiamma andando ;
Perch' io guardava ai loro ed a' miei passi, Compartendo la vista a quando a quando.
43 Appresso in fine ch' a quell' inno fassi,
Gridavan alto : Vinim non cognosco; Indi ricominciavan l' inno bassi.
44 Finitolo, anche gridavano : Al bosco
Si tenue Diana, ed Elice caccionne, Che di Venere avea senti to il tosco.
45 Indi al cantar tornavano; indi donne
lions; par là nous avons les larmes et les soupirs que lu peux avoir entendus en gravissant la montagne;
c< Selon que nous pénètrent les désirs et les autres affections, l'ombre en prend la figure, et là est la raison de ce qui fait ton étonnement. »
Et déjà nous étions arrivés à la dernière expiation, et, lournant à droite, nous donnions notre attention à d'autres soins.
Ici, le flanc de la montagne darde des flammes, et, du bord de l'abîme, souffle en baut un vent qui la repousse et la chasse du cbemin.
De sorte qu'il fallait aller un à un du côté découvert, et d'une part je craignais le feu, de l'autre je craignais de tomber dans le précipice.
Mon guide me disait : « Dans ce passage, il faut tenir serfé le frein de ses yeux, car on pourrait aisément s'y tromper.
c< Summx Deus clejneuthv ; ce cbant, que j'entendis alors dans le sein du grand embrasement, me força néanmoins de me retourner.
Et je vis des esprits cheminant par la flamme; c'est pourquoi je regardais leurs pas et les miens, partageant mes regards par intervalles.
Après les mots qui terminèrent ce chant, ils criaient à haute voix : Vinnn non cognosco; puis ils recommençaient l'hymne à voix basse.
L'hymne fini, ils criaient encore : «Diane resta dans le bois, et elle en bannit Hélice qui avait goûté le poison de Véùus.
Puis ils retournaient à leurs chants, ensuite ils criaient
414 DEL PURGATOIUO.
Gridavano, c marili che fur casli, Corne virlute c matrimonio imponne.
4G E qucsto modo credo che lor basti
Per tiiUo il tempo che '1 fuoco gli abbrucij Con tal cura conviene e con lai pasti
47 Che la piaga dassezzo si ricucia.
les noms dos femmes et des maris qui furent chastes comme l'imposent la vertu et la loi du mariage.
Et je crois que cette alternative leur suffit pour tout le temps que le feu les brûle : c'est par de tels remèdes et par de tels aliments que leur plaie, la dernière de toutes, doit se fermer.
COffllENTAIRE DU CHANT XXV
A mesure que nous avançons dans l'étude de la Dkine Comédie, nous pénétrons dans la connaissance de la société contemporaine, et peu à peu le commentaire du poëme nous fait visiter les points les plus curieux de l'histoire du moyen âge. Ainsi la rencontre de Dante et de Hugues Capet nous font connaître l'origine des Capétiens, les progrès de leur race, la maison d'Anjou en Italie et la chute des Templiers; l'entrevue de Dante et de Forèse, les mœurs de Florence et ses di visions intestines. Quand Virgile et Stace se reconnaissent, nous retrouvons les traditions qui se rattachaient aux grands poètes, et, pour les lettres comme pour les empires, une histoire fabuleuse à côté de l'Iiistoire véridique. Aujourd'hui nous abordons un de ces passages où, sous la couronne du poëte, le philosophe se découvre; oij Dante aime à traiter une de ces questions qui agitaient l'école et divisaient les docteurs. Dans le supplice des gourmands il montre comment les âmes peuvent souffrir de la faim, et quelle est la condition de l'âme après la mort, le rapport du corps et de l'âme, en un mot, tout le mystère de la destinée humaine; non la psychologie seulement, mais l'anthropologie. Varchi, commentant ce XXV^ chant au Purgatoire^ dit : « Ce chapitre seul que je juge plus utile et
COMMENTAIRE DU CHANT XXV. il7
« plus difficile que les autres, peut montrer amplement « comment Dante fut à la fois excellent médecin, ex- « cellent philosoplie, excellent théologien, ce qui n'ar- « rive peut-être à aucun autre poëte grec ni latin; et « pour moi, non-seulement je vous confesse, mais ente core je vous jure qu'autant de fois je l'ai lu, et je l'ai « lu jour et nuit plus de mille fois, toujours j'ai senti c( s'augmenter l'étonnement, la stupeur, croyant y « trouver de nouveaux enseignements, et par consé- « quent aussi des beautés nouvelles. » (Cité par Biagioli.)
Le soleil est dans le Bélier et le Taureau est au méridien, c'est que tout le signe du Bélier en est sorti. Or le zodiaque mettant vingt-quatre heures à passer par le méridien, chaque signe y met deux heures, c'est-àdire qu'il était deux heures après midi. De même la nuit devait être dans le signe de la Balance, et la Balance ayant quitté le point opposé du méridien, devait avoir laissé la place au Scorpion.
Tous les poètes ont aimé ces souvenirs astronomiques : serait-ce une habitude des premiers âges du monde où les hommes lisaient dans les étoiles, ou bien la poésie ne peut-elle se d<Uacher du ciel d'où elle est descendue'?
Toute cette doctrine physiologique est péripatéticienne. La doctrine psychologique est celle de saint Thomas'. Mais le poëte n'aurait pas interrompu ses visions s'il n'était poussé par un grand intérêt, par un
' Rapprochement avec le Convilo, lib. IV, 21. ^ Summ., 1*, qusesl. 76, 118.
grand devoir. Il s'agit d'une question qui partage les esprils et qui menace d'ébranler les fondements du christianisme.
La nature de Tarne, le lien qui la rattache d'un côté à Dieu, de l'autre nu corps, sa destinée quand le lien corporel est rompu, voilà les problèmes qui n'ont jamais laissé de repos à la pensée. La sagesse des Indiens, ne reconnaissant d'être véritable qu'en Dieu, le r*^gardent comme l'ame suprême, 'paramatma, en qui seule réside la connaissance éternelle et dont se détache comme une étincelle l'âme individuelle, djivalma^ qui est le principe vital des corps. Tout l'effort de la contemplation est de ramener l'âme individuelle à sa source et de perdre la personnalité humaine dans l'immensité divine.
Aristote considère l'âme comme la forme du corps, et dans l'âme deux intellects, l'un actif, l'autre passif; mais comme la forme ne peut subsister sans sa matière, l'âme, quoique différente du corps, ne peut exister sans lui. Aoxs? ^'/iTZ àv£v (jod^j.ocroç elvai^ [j.'nrs go^^j-cc tl ^vyrt.
Cependant cette intelligence par laquelle nous concevons les principes ne peut être périssable, et c'est pourquoi Aristote la fait venir du dehors, par conséquent de Dieu ; en sorte que l'âme périt, mais que l'intellect divin qui s'était prêté à elle se retire et subsiste.
Averrhoès, en commentant Aristote [Saint Thoman, contr. AveiTh.)^ s'efforce d'établir que l'intellect qu'Aristote appelle possible est une substance séparée du corps quant à l'être, et qui lui est unie quant a la forme, et de plus que l'intellect possible est unique
COMMEiNTAIRE DU CHANT XXV.
pour tous. Or, étant détruite la diversité de l'inlellecl possible qui est seul immortel, il s'ensuit qu'après la mort il ne reste rien des aines humaines que l'unité de l'intellect, et ainsi on supprime les peines et les récompenses. Albert le Grand ajoute que, distinguant l'ame sensible de l'àme intellectuelle, les péripatéticiens font naître la première du sang du père; mais l'àme intellectuelle, ils la conçoivent séparée et rayonnant sur l'âme sensible comme le solerl sur le milieu transparent, et de même que si l'on ôte les objets illuminés il ne reste que la lumière du soleil, de même, les hommes périssant, il ne reste qu'une seule intelligence perpétuelle et impérissable.
Propagation de ces doctrines en Italie. — 1215, les é[)iciilieiis à Florence; les pelits-fils d'Aven lioès à la cour de Frédéric II. Ses écrits, traduits par Ermangard de Biais, se propagent par toute l'Italie. Saint Thomas et Egidius Coloiina s'appliquent à le réfuter. Tiiomplie de saint Thomas, peint par Traïni, à Sainlc-Catherinc de Pise, oii, entouré des évangélistcs, des docteurs, de Platon et d'Aristole, il teriasse Averrhoès. Cependant le règne d'Aven hoès continue. Dante, au IV'' chant de VEyifer, le range parmi les sages du paganisme, le^ile dans le Convito (\\, 5j; le combat au XXIP chant du Purgatoire. Le combat ne fmil point. Frère Urbain de Bologne explique, en 1354, le commentaire d'Averrhoès sur la physique d'.\ristote •. Pétrarque raconte comment il était harcelé à Venise par ceux qui, selon la coutume des philosophes modernes, pensent n'avoir rien fait s'ils n'aboient contre le Christ et sa doctrine surhumaine. Pétrarque cite saint Paul, on lui répond: « Tiens-t'en à la religion clnétienne, je n'en crois pas un mot. Ton Paul, ton Augustin et tons les autres ne furent que des radoteurs; si tu pouvais seulement supporter la lecture d' Averrhoès, tu verrais comltien il
*^Tiraboschi, 10, 89. — Sur l'Averrhoïsme, voir le commentaire de Pielro di Dante.
l'emporte sur ces jongleurs. » Pétrarque met rinterlocuteur à l.i porte. Quatre averrhoïstes, après l'avoir inutilement pressé, décident qu'il est : sine litteris bonum vinim. — Conclusion de Pétrarque : « Pour moi, })lus j'entends parler contre la foi du Chri<t, plus j'aime le Christ, et plus je me confirme dans la loi du Clnist; et il m'arrive comme à un fils en qui s'est refroidie la piété filiale, mais qui, entendant mal parler de son pèie, s'il est vraiment fils, sent se rallumer dans son cœur cet amour qui d'abord semblait éteint. »
Pourquoi Stage porte la parole. Pietro di Dante : Vnde mm sit hoc, videtiir passiis potius fidei et moralitatis quam hnmanx rationis. Ideo Virgilius, id est philosophia rationalisa committit hoc Statio poetx christiano vel philosophix morali ut hoc décidât.
Nous avons vu comment Danlese trouva conduit par le dessein de son poëme et par les controverses de son temps à traiter cette formidable question de la nature et de l'immortalité des âmes. Chose merveilleuse, l'homme a la passion de l'immortalité, et il en a peur; il veut, il poursuit l'immortalité de son nom qui doit mourir, et il doute de la durée de son âme. Lutte des rehgions et des philosophies. Les religions enseignent les peines et les récompenses; la philosophie indienne ramène toutes les âmes à l'âme suprême pour les y perdre.
Argumentation de saint Thomas [Contra Geniiles, lib. II, cap. 73.)
1 . L'intelligence est unie au corps comme la forme à la matière. Or, il est impossible qu'il y ait une seule forme pour plusieurs matières, paf ce que tout acte suppose une puissance propre qui lui soit pioportionnée. Donc, on ne peut admettre une seule intelligence I oiir tous les hommes.
2. Chaque moteur veut un inslrurnent qui lui soit propre. Autre est l'instrument du joueur de flûte, autre celui de l'architecte. Or, liiifelligence est le moteur du corps, comme l'établit Aristote. Donc r architecte ne peut user de l'instrument du joueur de flûte; ainsi ii est impossible que l'intellect d'un homme soit celui d'un autre I ommo.
5. L'intellect possible est celui par lequel l'homme conçoit selon Aiistole. Or, si l'intellect possible est un pour tous, il faut qu'il contienne les notions intelligibles de tout ce que les hommes ont jamais su. Donc, chacun de nous ne concevant rien que par l'intellect possible, chacun concevra tout ce qui a élc conçu par chaque homme depuis le lommencement; ce qui est manifestement faux.
Dante, en interrompant le récit de son pèlerinage an uîoiule invisible pour exposer tout un système de métaphysique chrétienne, imite encore Virgile, qui au VI'' livre de V Enéide, met dans la bouche du vieil Anehise loule la ddctiine des néopythagoriciens
Principio cœlum ac terras camposque liquentes... LK cor.i's sLinii .
Diificulté de concevoir l'àme sé[)arée du corps. Le matérialisme est au ibnd de loule l'antiquité païenne.
1. L'Inde, lois de Manou, XII, iG, 21. — Si l'àme a prati(iué lu veitu et r; reir.ent le vice, révolue d'un corps emprunlé aux cinq éléments elle sav.mre les délices du j»aradis. Mais si elle s'est jidonnée fréquemment au mal et rarement au bien, elle prend un auhe corps à la formation duquel concourent les cin(| éléments et qui est destiné aux tortures de l'enfer. Lorsque les âmes ont goûté les joies ou subi les peines qui leur furent réservées, les particules élémentaires se sépaicnt et rentrent dans les éléments d'oii elles étaient sorties.
'2. La Grèce, psychologie d'Homère.— L'àme, •yj;>^ï3, c'est lesouflle. Il a >oii siège dans la poitrine et sa nouriiture dans le sang. Après la moit il descend dans l'IIadès pour y vivre dans une image dépouH'ue de sang, formée d'uiie matière subtile comme la fumée, 6f(îw).ov ou vîçp£)>ï;. L'ombre re[)roduit les traits du héros, mais non son caractère; exténuée, languissante, elle regrette la lumière et îa vie. Achille aimerait mieux cidtiver les champs aux gages d'un homme obscur que de régner parmi les ombres. Le sacrifice d'Ulysse {Odijss.^W); le sang noir dans la fosse; les âmes s'échappent de l'Erèbe : des épouses, des jeunes gens, des vieillards accablés de misères, de tendres vierges, déplorant leur mort prématurée,
et des guerriers iiui, rcvèliis ilc leiirariimrc sanglante, furent percés par des lames (rainun. De toutes paris ces mânes voltigent en foule, [)Oussantcle lamcnlablcs cris. Ulysse tire son cpéc et ne permet pas que les ombies approclicnt du sang avant (jne Tirésias ne soit venu s'y dc'saltérer. Tirésias approche, et, quand il a bu le sang noir des victimes, il parle.
La pbilosopiiic païenne se dégage lentemenl de ces conceptions grossières. Anaximandre faisait de l'âme une matière indéfinie. Anaximène, Diogènc d'ApolIonie et Anaxagore la confondaient avec l'air. Heraclite en faisait un feu, et les Stoïciens se rapprochaient de l'opinion d'Heraclite en disant que c'était un souffle pénéti-é d'une chaleur divine; ils lui accordaient la vie future, muis non l'immortalité.
Les premiers philosophes chiétiens n'arrivent pas sans peine à la notion de l'esprit pur. Origène, Uepl «p;>^wv, conçoit Dieu seul comme incorporel. 11 prête aux démons et aux âmes qu'il leur assimile « des corps composés de cet air épais et humide qu'on sent quand le vent souffle. » Saint Augustin (de Civ. Del, lib. XXI, cap. x) rapporte ce sentiment et laisse la question douteuse en ce qui touche les démons.
Saint Augustin (Confess., lib. VII, xii) se débat longtemps contre cette difficulté. II ne pouvait concevoir d'autre substance que celle qui se voit par les yeux, et quoique délivré des erreurs manichéennes, tout être à qui il refusait l'étendue ne lui semblait plus qu'un rien. H arrive pourtant à la notion de Dieu, à la notion de 1 âme. Mais quand l'âme se sépare du corps, il se demande si elle va dans un lieu corporel. « L'âme a-t-elle quelque autre corps quand elle quitte celui-ci? Le démontre qui pourra, je ne le pense point... En ce qui touche l'âme elle-même, non-seulement je le pense, mais j'ose dire que je le sais. Cependant on ne peut nier qu'elle puisse avoir la similitude d'un corps et de tous les membres corporels, puisque, en songe, elle se voit aller, s'asseoir, mai cher, voler même ici et là, ce qui ne se peut sans la similitude d'un corps. [De Genesiad litteram, XII, xxxii, xxxiii.) On lit dans un livre attribué à saint Augustin, de Spiritu et Anima, cap. xv : « L'âme se retire du corps entraînant tout à sa suite : le sens, rimagination, la raison, l'intellect, l'intelligence, la concupiscibilité, l'irascibihté. »
Saint Thomas est plus sévère [Sximmx siipplem., quest. 70,
COMMENTAI IlE DU CHANT X\V. 423
ait. l) ; il ne veut point que rame séparée conserve les puissances sensilives, si ce n'est comme la racine contient l'arbre, et le principe ses développements; de telle sorte qu'elle puisse développer (le nouveau ces puissances, si elle est de nouveau unie à un corps. 11 conçoit l'ànie coupable livrée au leu vengeur. — Dante, se lait une opinion moyenne, 11 emprunte à saint Tbomas la notion de l'àme séparée qui recueille ses puissances intellectuelles plus actives (jue jamais, sa sensibilité comme endormie; à saint Augustin, à Origèiie, la notion de ron;brL' ou du corps subtil.
Isidore de Sévillc (Etijm.^ lib. XIV, cap. m) complète la des- < ril»liun du paradis ton e>tre par ce trait : Sepliis estiuidique Romphœo Ihiviiuc, ila ut ejus cum cœlo pxne jungatur incendium.
Mentre che si per 1' orlo, uno innanzi al Iro, Ce n' andavamo, spesso il buon Maestro Diceva : Guarda; giovi ch' io ti scaltro.
2 Feriami il Sole in su V omero destro, Che già, raggiando, lutto 1' occidente Mutava in bianco aspelto di cilestro :
5 Ed io facea con V ombra più rovente
Parer la fiamma, e pur a tanto indizio Vidi molt' ombre, andando, ponermenle.
4 Quesla fu la cagion che diede inizio
Loro a parlar di me; e cominciarsi A dir : Celui non par corpo fitlizio.
5 Poi verso me, quanto potevan farsi,
Cerli si feron, sempre con riguardo Di non uscir dove non fosser arsi.
G 0 tu, che vai, non per esser più tarde, Ma forse reverente, agli al tri dopo, Rispondi a me, che in sete e in fuoco ardo
Tandis qu'ninsi nous cheminions le long du bord, l'un devant l'autre, souvent notre bon maître disait : a Prends garde et que nos avertissements te profitent. »
Le soleil me frappait l'épaule droite, et ses rayons qui embrasaient tout roccident, blancliissaient de ce côté l'azur du ciel.
Et mon ombre faisait paraître la flamme plus rouge, et sur un tel indice, je vis beaucoup d'âmes arrêter leur attention tout en continuant leur chemin.
Ce fut l'occasion qui leur donna lieu de parler de moi et elles commencèrent à .se dire : « Celui-ci ne semble point un corps mensonger. »
Puis vers moi autant qu'elles le pouvaient, quelquesunes se pressèrent, toujours en se gardant de s'avancer jusqu'au point où elles ne brûleraient pas.
c< 0 toi qui va derrière les autres, non que tu sois pi us lent, mais peut-être par respect, réponds à une âme qui brûle de soif et de feu.
i20 HEL l'URGATORIO.
7 Ne solo a me la tua risposta è uopo;
Chè tutti qucsli n' hanno maggiors Ulî Clie d' acqua fredtla Indo o Etiopo.
8 Dinne com' c clic fai di te parete
Al Sol, corne se tu non fossi ancora Di morte enlrato dcnlro dalla rete.
9 Si mi parlava un d' essi, ed io mi fora
Già manifeste, s' i' non fossi attcso Ad altra novità ch' apparse allora;
10 Chè per lo mezzo del cammino acceso
Venia gente col viso incontro a questa, La quai mi fecea riniirar sospeso.
11 Li YCggio d' ogni parte farsi près ta
Ciascnn' ombra, e baciarsi una con una, Senza ristar, contente a brève festa.
12 Cosi per entre loro schiera bruna
S' ammusa F una con V altra formica, Forse a spiar lor via elor fortuna.
13 Tosto che parton 1' accoglienza amica.
Prima che '1 primo passe li trascorra, Sopraggridar ciascuna s' affatica :
14 La nuova gente : Soddoma e Gomorra ;
E r altra : Nella vacca entra Pasife, Perché il torello a sua lussuria corra.
15 Poi come gru, ch' aile montagne Rife
Yolasser parte, e parte in ver V arène, Queste del giel, quelle del Sole schife ;
16 L' una gente sen va, 1' altra sen viene,
E tornan lagrimando a' primi canti, E al gridar che più lor si conviene :
ClIAM XXVI. 427
« Et je ne suis pas le seul qui ait besoin de ta réponse, mais tous cenx-ci en sont plus altérés que l'Indien ou l'Éthiopien n'est altéré d'eau froide.
« Dis-nous comment il se peut que tu fasses obstacle au soleil, comme si tu n'étais point encore tombé dans le lilet de la mort. »
Ainsi me parlait un d'eux, et déjà je me serais fait connaître, si je n'avais été attentif à une autre nouveauté qui m'aj)parut alors.
Par le milieu du chemin brûlant, vint une troupe d'àmes comme à la rencontre de celle-ci, ce qui me fit rester suspendu à leur aspect.
Puis je vis des deux côtés les ombres s'empresser et se baiser l'une l'autre sans s'arrêter, contentes d'une courte fête.
Ainsi à travers de leurs brunes légions, les fourmis se rencontrent tète à tète, peut-être pour s'informer de leur route et de leur butin.
Aussitôt qu'elles mettent fin à cet accueil amical, avant que le premier pas les ait séparées, chaque âme s'efforce de crier plus haut que ses compagnes.
Les nouveaux venus disent : « Sodome et Gomorrhe ; o et les autres : a Pasiphaé entra dans la vache d'airain pour que le taureau assouvît sa luxure. »
Puis comme des grues dont la moitié volerait vers les monts Riphées et la moitié vers les sables, celles-ci fuyant les glaces et celles-là le soleil.
L'une des deux troupes s'en va, l'autre s'en vient, et touten pleurs, elles recommencentleurspremierschants, et les cris qui conviennent mieux à leur pénitence.
17 E raccostarsi a me, corne (lavant i,
Essi medesmi che m' avean pregato, Altenti ad ascoltar ne' lor sembianli.
13 lo, che due volte avea visto lor grato, Incominciai : 0 anime sicure D' aver, quando che sia, di pace stato,