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ganisino, cl loii(«'la sagesse (rMexandrn^ n'osi pas arrivée à la transformera à la purifier.
Comme dans son disconrs Prétextât a nommé Virgile, le rhéteur Evangèle, qui était présent et qui jouait le rôle (le critique, de provocateur, se jette sur ce nom de Virgile en disant qu'on a prêté au poëte beaucoup d'intentions qu'il n'eut jamais (1); — Symmaque répond au rhéteur en faisant l'éloge de Virgile. — Prétextât j)rend aussi sa défense et le regarde comme le plus versé des anciens d.ins h' droit pontifical et La science des antiquités religieuses ; il se plaît à montrer coninienl Virgile a distingué tout ce qui tient à la liturgie sacrée, comme il se garde bien de confondre les différentes espèces de dieux et de victimes, sachant le culte particulier qu'il faut rendre non-seulement aux dieux indigènes, mais encore aux (lieux étrangers ("2). — Flavianus, renchérissant sur ce discours, loue Virgile d'avoir, mieux qu'un autre, possédé la science comme le droit augurai des auspices et des présages. Les commentateurs littéraires se chargent ensuite de faire voir comment Virgile a répandu des tlu'ories philosophiques dans son poëme, tout ce qu'il y a chez lui de savoir astronomique, quels emprunts il a faits aux Grecs, avec quel art prodigieux il sait enlever à Homère un or que tantôt il montre et tantôt il cache, et comment il a su profiter des trésors d'Ennius (5). Ils
(1) Macrobe, Saturnales, 1. I, c. xxiv.
(2) Ibid. 1. m.
(5) Ainsi, Eusèbp au liv, IV, Eustatiie au liv. V, Furius Albinus et Ser. vius au liv. W.
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le melleni (Uifin an-dessus ch^ Cicoron lui-même^ pour avoir connu tontes les sources du pathétique, fait a^ir tous les ressorts de l'éloquence, aussi grand orateur qu(^ ,L*rand poëte. Voilà les entretiens sérieux des matinées de ces jours si savamment remplis.
Quant aux soirées, elles reproduisent encore une partie de renseignement qui se donnait chez les grammairiens et les rhéteurs. Je n'en veux d'autre preuve que ces jeux d'esprit, que ces gageures que se proposent les convives et que nous trouvons indiqués chez Sénèque le rhéteur. Dans les écoles du temps de Sénèque, où il n'était plus permis de discuter sur la loi agraire ni d'agiter au forum les intérêts de l'empire, entre autres questions propres à exercer l'éloquence des jeunes Romains et à remplir les loisirs de ces patriciens désœuvrés, nous rencontrons celle-ci : Quel est le premier de l'œuf ou de la poule? Il s'agit de savoir si le monde est l'ouvrage du hasard ou d'une souveraine sagesse; s'il estl'ouvrage d'une souveraine sagesse, elle a dû commencer par le bon commencement; Je commencement logique, naturel, est-il la poule ou bien ne serait-il pas l'œuf? Je vous laisse sur ce point, commt^ le fait le dialogue des Saturnales (1). Il nous suffit d'avoir une idée des futilités de cet enseignement qui se prétendait si grave, si savant, et qui voulait réunir tout ce qui restait de l'antiquité.
Macrobe cependant passera à la postérité : nous le
1) I.iv. VIL ]-]{>.
relrouveronsdansuii^cril d'AlarddoCambray, intitula : Livrer extraits de philosophie et de moralité; il y est mentionné, après Salonion, Cicéron, Virgile; ainsi il élait devenu assez populaire pour être cité, non pas en latin seulement, mais en langue vulgaire par un poëte.
Voilà l'esprit de l'enseignement romain ; voyons maintenant en détail quelles étaient \c< sciences (jui s'exprimaient par la voix de ces maîtres.
L'enseignement supérieur à Rome comprenait trois degrés : la grammaire, l'éloquence et le droit. La grammaire et l'éloquence étaient enseignées dans tontes les villes de la Gaule, comment n'auraient-ellt^s pas été enseignées à Rome? Le droit avait ses chaires spéciales; aucun enseignement juridique ofticiel n'(vxislail dans les villes des provinces, et Justinien ne connaît que trois villes où il y ait des écoles de droit : Rome, Constantinople et Béryte. On étudiait donc le droit à Rome; quant aux autres connaissances qui formaient Taccessoire indispensable d'une grande éducation litt(M'aire, on ne peut pas douter qu'elles n'y fussent professées, puisque Cicéron, comme Platon, demandait des musiciens et des géomètres pour en faire des orateurs, pensant que, sans cesxonnaissances, le discours serait obligé de se réfugier dans les vaines déclamations, les jeux d'esprit, les tirades sonores, au lieu d'être puisé dans une instruction bien faite et dans les entrailles même du sujet. La géométrie, la dialectique, l'astronomie, la musique, devaient donc entrer dans cet ensemble de sciences enseignées à la jeunesse romaine.
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l'our ne piwler que de la grammaire qui semble résumer toul, ce qui a donné lieu à plus d'une méprise, elle ne se borne pas à l'art élémentaire de parler et d'écrire correctement. Suétone et tous ceux qui se sont occupés de grammaire déclarent expressément que bien loin de se borner à l'étude de la langue, elle s'é • tend à l'explication et à la critique de tous les grands ouvrages de l'antiquité, à la lecture et à l'interprétation des poètes; son devoir n'est pas seulement de lire, mais de comparer et déjuger. Elle comprenait deux parties : la philologie et la critique; en France elle s'étendait dans le cercle des anciennes études jusqu'à la rhétorique exclusivement; elle comprenait les humanités et la lecture de tous les grands orateurs et poètes anciens.
La philologie n'était pas chez les anciens une science aussi rudimentaire que vous pouvez le croire; à entendre Varron et les anciens jurisconsultes faire dériver lacus a non lucendo et testamentum de testatio mentis, le sourire vient sur nos lèvres; mais nous n'imaginons pas ce qui se cachait de savoir et de travail dans le débrouillement du chaos des anciennes langues; les uns tiraient tous ces éléments divers et confus, dont se composait le vieux latin, de la langue grecque; les autres, du vieil idiome national; de là deux écoles contraires : les romanistes et les hellénistes, qui se disputèrent durant des siècles.
Un autre problème diversement résolu était celui-ci : quel est le plus ancien et quel est le maître en ce
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monde de lautorité ou de la liberté, du fini ou de Tinlini? Ceux qui faisaient (oui résider dans la mobilité accordaient tout à l'usage, qui change les mots, à l'irl'égularité, à ranomalie. Ceux qui s'attachaient à l'infini, à l'immuable, à l'éternel, les idéalistes, en un mot, ceux-là élisaient profession de nieltre par-dessus tout la loi, la règle qui doit subjuguer l'usage par la raison et faire prévaloir l'analogie. De là deux autres sectes : les anomal ist es et les analogistes.
Toutes les disputes sont donc transportées sur le terrain (le la grammaire, et c'est là que tous les trésors de la science anticjue viennent se réunir. N'était-ce pas, en effet, dans une décomposition laborieuse de la langue latine (jue l'on pouvait retrouver les origines d'institutions dont tant de traces avaient. disparu? N'est-ce pas là, dans cette étude aride et ingrate des élymologies latines, que nous allons les chercher nous-mêmes? et puis-je oublier que c est ainsi (jueM. Ballanche a trouvé, avec une divination nn^rveilleuse, les secrets de ces institutions <pii étaient restées un livre scellé sous h\ main des jurisconsultr's?
Voilà pour la philologie.
QiKint à la critique, nous voyons de bonne heure les grammairiens s'attacher aux vieux poètes Nievius, Ennius, Pacuvius ; Ions ceux-là ont été commentés, criti- ({ués de mille manières avant que de ces écoles soient soriis Lucrèce et Virgile; mais ([uand ces admirables modèles eurent paru, ils effacèrent tous les autres. La st ilue de Virgile fut bien quelque temps entourée de
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nuages; mais ces nuages se fondireiil, eL la radieuse image du poëte parut si lumineuse et si belle, que la postérité la prit pour celle d'un dieu : Virgile était honoré dans le laraire d'Alexandre-Sévère comme une divinité; son nom, déjà à cette époque, était inscrit dans les fastes ; le jour de sa naissance, la veille des ides d'octobre, était marqué et honoré comme le jour de la naissance d'un empereur ; en mêjne temps, les l'emmes de Mantoue se racontaient le songe merveilleux (U) sa mère, le laurier qu'elle avait vu pousser, et, lors- (ju'elles étaient prêtes d'enfanter, elles allaient en pèlerinage à l'oratoire du poëte et y portaient des offrandes votives. Aussi son nom grandissait de jour en jour, et c'est autour de lui que désormais vont se concentrer les efforts des scoliastes romains. Je pourrais nommer Donatus, Servius, Gharisius, Diomède et bien d'autres; mais celui que le moyen âge conservera, qui arrivera jusqu'à nous, ce sera Servius, Servius qui, comme Macrobe, voit dans Virgile non-seulement un poëte, mais un orateur, un philosophe, un théologien, et qui trouve le sixième livre de V Enéide si rempli d'enseignements divers, qu'il ne s'étonne pas que des écrivains aient déjà composé sur ce livre des traités entiers.
11 faut néanmoins que tout cet enseignement des anciens, que tout ce travail grammatical se concentre et aboutisse ; jamais, en effet, une activité grammaticale plus prodigieuse ne s'est montrée à Rome qu'en ce siècle; et c'est ce qui annonçait sa fin prochaine : il sem-