‹ uvres complètes de A.-F. OzanamChapitre 29 sur 45 · I .V T!^M>1TI().\ I.llTKUAlRE. H · texte numérisé non relu

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blail «(uon cùl liàtedo sauver les débris de ce beau lanpa,i::o vers par vers, fragment par IVagment, de sauver qucbjues l'estesde tant d'auteurs qui allaient se perdre, et dont on ne devait recueillir que des lambeaux conservés par les grammairiens.

Les deux grammairiens éminent>< de celte époque soutDonatus etPriscien : Priscien, si honoré en Orient, que Théodose le Jeune copiait de sa main les dix-huit livres de sesJnsliînlionsfirdimiuUirah's; Donatus, qui (!ut pour disciple Saint-Jérôme, Donatus commenté avec tant (h' persévérance à toutes les époques et dont le nom devint synonyme de grammaire. La grammaiie (h; honat, que nous avons entre les mains, est devenue le Cidre, le type de toutes les grammaires modernes; par sa clarté el sa brièvel/' elle a subjugué tout le moyen ;ige; seulement elle fut pour les différents idiomes qui radoptèrent im lit de Procuste, Irop court pour quelques-uns, trop long pour d'autres. Ainsi, le Donalas proiHwialis dit qu'il ny a que huit parties dans le discours, et il oublie l'article, qui cependant existait lians le provençal. 11 y eut de même un Donat français et, comme nous n'avons point de déclinaisons, il lut Irès-diflicile à l'autour d'y faire rentrer les noms français; tout cela atteste les services rendus à nos pères et à notre langue par ce vieux maître, que vous lisez peu.

Tout ce prodigieux travail de critique et de grammaire devait se résumer dans un livre qui en contînt les éléments essentiels, les resserrât et les présentât

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SOUS une forme saisissante. Ces trésors do Tanliquité allaient ainsi traverser, sans trop de perles, un temps orageux, où l'on jetterait beaucoup de choses inutiles hors du navire. Le livre lui lail par Marlianus Capelhi, qui écrivait à Rome vers 470. C'était un vieux rhéteur africain, tout plongé dans les disputes du barreau el qui, comme il le dit lui-même, ne s'était point enrichi à plaider devant le proconsul. Il composa, pour l'instruction de la jeunesse, un livre intitulé : De Nupliis Mercurh et PJdlologiœ, des noces de Mercure, dieu de l'éloquence, avec la Philologie, qui était la déesse de la parole: c'est déjà un titre bien vicieux que celui qui a besoin d'êlre commenté. Les deux premiers livres racontent, en prose mêlée de vers, et de vers souvent é\6gants, comment Mercure, voyant: que les dieux avaient tous cédé aux lois de l'amour, pensa à faire comme eux. Le dieu va consulter Apollon, qui, aussitôt, rend un oracle et lui désigne pour épouse une vierge dont le regard lisait dans les astres, et qui, malgré les foudres de Jupiter, lui dérobait ses secrets. Jupiter, ayant été averti, rassemble le conseil des dieux, leur annonce qu'une mortelle va être appelée à prendre rang au milieu d'eux et leur demande de rendre un sénaltus-consulte pour naturaliser dans le ciel la vierge de la terre. Cependant la vierge Philologie, qui, an fond de sa retraite, ne perd rien de ce qui se passe, a su quelle noble alliance était projetée pour elle, et elle s'exerce, au moyen de procédés et de calculs pytliagoriques, à combiner la valeur numérique dos lettres de son nom avec celle des

lettres du nom de Mercure : elle découvre qu'ils t'orment entre eux une harmonie parfaite, et c'est ce qui la décide. Sa mère Plironésis et ses servantes Périagia et Épimélia se mettent à l'œuvre et achèvent sa parure. Elles ont à peine fini, que les muses viennent chanter à sa porte, et Athanasia accourt la féliciter; mais, avant de devenir immortelle, il faut (ju'elle se défasse de tout ce qu'il y a vu elle de périssable; la déesse de l'immortalité lui met alors la main sur la poitrine, et la vierge vomit un nombre effroyable de livres, de parchemins, de lettres, d'hiéroglyphes, de figures géométriques, et même de notes musicales. Le poëte déclare qu'on ne peut dire quel chaos s'échappa des lèvres entr'ouvertes de Philologie; alors, rien ne gênant plus son essor, elle est enlevée au ciel. Sa mère demande à Jupiter de faire lire publiquement la loi Paitid-Pnppd'a <lr niariifuidis ordinihus, La dot est déclarée, Apollon parait et présente les sept vierges que Mercure veut donner pour compagnes à son épouse; ces sept compagnes sont : In Grammaire, la lUiétorique, la Dialectique, l'Arithmétique, la Géométrie, l'Astronomie et la Musique, c'està-dire les sept arts libéraux des anciens. Tous ces personnages allégoriques viennent avec de certains attributs, avec un certain cortège, raconter ce qu'ils savent et résumer brièvement, tantôt en vers, tantôt en prose, tout l'ensemble des connaissances qu'ils étaient chargés de recueillir. Le nom de la géométrie n'est pas pris dans le sens moderne : il embrasse la géographie, la science de la terre; la niusi((ue ne se borne pas à Ja

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