‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 12 sur 672 · LIVRE I, ODES · texte numérisé non relu

LIVRE I, ODES

Et ces matières de pleurs , Massacres , feux et rapines , De leurs funestes épines Ne gâteront plus nos Heurs ■ .

Nos prières sont ouïes ,

Tout est réconcilié ;

Nos peurs sont évanouies ,

Sedan est humilié.

A peine il a vu le foudre

Parti pour le mettre en poudre,

Que, faisant comparaison

De l'espoir et de la crainte ,

Pour éviter la contrainte

Il s'est mis à la raison.

Qui n'eût cru que ces murailles , Que défendait un lion, Eussent fait des funérailles Plus que n'en Ot Ilion; Et qu'avant qu'être à la fête De si pénible conquête Les champs se fussent vêtus Deux fois de robe nouvelle, Et le fer eût en javelle Deux fois les blés abattus ?

Et toutefois , ô merveille !

Mon roi , l'exemple des rois, Dont la grandeur nonpareille Fait qu'on adore ses lois , Accompagné d'un génie Qui les volontés manie, L'a su tellement presser D'obéir et de se rendre, Qu'il n'a pas eu pour le prendre Loisir de le menacer.

Telle qu'à vagues épandues Marche un lieuse impérieux De qui les neiges fondues Rendent le cours furieux :

Rien n'est sur en son rivage; Ce qu'il treuve', il le ravage, Et, traînant comme buissons Les chênes el leurs racines3, Ote aux campagnes voisin - L'espérance des moissons :

1 Expression trop figurée, el d'ailleurs an peu embarrassée. Le poète veul dire : les massacres, lesfeui el les rapines, qui son) des maUëres de pleurs, ne troubleront plus notrejoie p. ii- des afflictions. Mi ».

J Cfest ainsi (pièce mol Efécrivail el se prononçai! n 1 < ■ r?- .

3 La dernière partie de ce vers n'est point superflue, comme quelques-uns le prétendent Elle marque L'impétuosité du débordement V. Hom. Iliud. Iiv. I\ , \ 17. Mi n

Tel , et plus épouvantable , S'en allait ce conquérant , A son pouvoir indomptable Sa euh re mi mraut.

Son iront avait une audace Telle que Mars en la Thrace; Et les éclairs de ses yeux Étaient comme d'un tonnerre Qui gronde contre la terre Quand elle a fâché les cieux.

Quelle vaine résistance A son puissant appareil N'eût porté la pénitence Qui suit un mauvais conseil.

Et vu sa faute bornée D'une chute infortunée, Comme la rébellion Dont la fameuse folie Fit voira laThessalie Olympe sur Pélion?

Voyez comme en son courage, Quand on se range au devoir, La pitié calme l'orage Que l'ire1 a fait émouvoir :

A peine fut réclamée Sa douceur accoutumée, Que, d'un sentiment humain Frappé non moins que de charmes .

Il fit la paix, et les armes Lui tombèrent de la main.

Arrière, vaines chimères De haines et de rancœurs; Soupçons de choses anières, Eloignez-vous de nos cœurs :

Loin , bien loin , tristes pei Où nos misères passées Nous avaient ensevelis !

Sous Henri . c'est ne voir goutte Que de révo ruer en doute Le salut dos (leurs de lis.

0 roi qui du rang des hommes i i eptes p ir ta bonté,

Roi qui de l'âge on nous sommes

Page 1