‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 120 sur 672 · A M. COEFFETEAU · texte numérisé non relu

A M. COEFFETEAU

ÉVI-QIE I>E MARSEILLE1.

MONSIEI.'B ,

Je viens d'apprendre, par une lettre que M. de Peiresc m'a écrite, le don que le roi vous a fait de l'cuVii! dp Marseille. \ oilà , grâces à Dieu , un grand démenti et une grande vergogne tout ensemble au nt homme qui disait que l'on tenait à la cour que vous en aviez assez. Je m'assure que non-seulement en votre diocèse , mais en toute la Provence, cette nouvelle sera reçue comme elle doit. Pour moi , outre la part que je prends en la joie commune, j'en ai une si particulière, qu'elle va jusques au transport. Le moyen qu'ont les rois de se faire bien obéir, c'est de bien régner ; et le bien régner, à mon a\ is , ne consiste en aucune chose tant qu'en la distribution des charges aux personnes de mérite. Je prie Dieu que le nôtre, qui a témoigné son bon goût eu votre élection, le continue en votre promotion si avanl que. comme vous êtes au comble de la doctrine et de la vertu, vous arriviez à celui de la dignité. Je fais cette prière de tout mon cœur; mais, monsieur, c'est à condition que vous m'aimerez toujours, et toujours me tiendrez pour votre serviteur très-humble et très-affectionne.

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1 Nicolas Coeffeteaa, nomme* fivèajue de Marseille en i62i, est anteur de plusieurs ouvrages qu'on ne lit plus.

DE BASSO.MPIEKIŒ'.

MONSIF.l I! ,

Il est vrai que la fortune a trop longtemps délibéré sur la récompense d'un mérite si grand et si manifeste comme le vôtre; mais, quoi que c'en soit, à la fin elle s'y est résolue. Et, sans mentir, vos actions lui ayant de tout temps fait connaître qu'elle vous devait des gratifications extraordinaires, les services qu'avec tant de périls vous avez rendus au roi en ce dernier trouble l'en ont si vivement sollicitée, qu'il fallait que, sans plus de remise, elle s'acquittât de cette dette ,ou qu'ouvertement elle se déclarât ennemie de votre vertu. Je ne sais avec quelles paroles une joie qui est commune à toute la cour, voire à toute la France, vous aura été représentée par ceux qui vous auront fait ce compliment. Pour moi , je ne vois rien qui vous puisse mieux exprimer la mienne, que de vous dire que j'ai été aussi aise que vous soyez parvenu à un honneur que je vous avais toujours désiré, comme je le fus de voir tomber nos idoles d'un lieu où je ne les avais jamais regardées qu'avec abomination. Je ne suis pas de si mauvaise humeur que je permette aux sujets de se bander contre les volontés du prince; mais aussi, quand ceux qui sont aimés de lui mettent ses affaires en désordre, je suis trop peu fait à la complaisance pour avouer qu'il soit ni raisonnable ni possible d'en recevoir du mal et de ne leur en souhaiter point. Une des principales marques de la bénédiction de Dieu sur le roi et sur le royaume, c'est que la faveur se rencontre en des personnes qui, de même soin que lepilote , travaillent au salut du navire . et n'aient point de plus grand intérêt que celui de sa prospérité. Je vous ai toujours reconnu d'une inclination tellement portée à toutes grandes choses, que. si cela doit jamais être , c'est vous de qui nous en devons espérer le premier exemple. Dieu veuille que cela soit, et que le point où les autres terminent leui grandeur ne soit que le premier degré de la vôtre; à la charge toutefois, monsieur, que vous me conserverez en vos bonnes grâces, et quetoujours vous me ferez l'honneur demetenirpour votre très-humble et très-obéissant serviteur.

1 François de Baseompierre , ootooel général îles Suisses,

puis maréchal de France, impiit en lorraine l'an I579. Le car dm. il de BJcheUen le tint don/c ans a la Bastille. Il mourut en 1646. C'était mi de> Domina les plus savants et les plus v aillants de son siècle.

108 ŒUVRES DE MALHERBE

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