LIVRE I, ODES
Les inarques de ta valeur :
L'astre dont la course ronde Tous les jours voit tout le monde N'aura point achevé l'an , Que tes conquêtes ne rasent Tout le Piémont, et n'écrasent La couleuvre de Milan «.
Ce sera là que ma Ivre , Faisant son dernier effort , Entreprendra de mieux dire Qu'un cygne près de sa mort '; Et, se rendant favorable Ton oreille incomparable, Te forcera d'avouer Qu'en l'aise de la victoire Rien n'est si doux que la gloire De se voir si bien louer.
Il ne faut pas que tu penses
Trouver de l'éternité
En ces pompeuses dépenses
Qu'invente la vanité ;
Tous ces chefs-d'rcuvres antiques
Ont à peine leurs reliques 3 :
Par les Muses seulement
L'homme esl exempt de la Parque;
Et ce qui porte leur marque
Demeure éternellement.
Par elles traçant l'histoire De tes faits laborieux , Je défendrai ta mémoire Du trépas injurieux; Et , quelque assaut que te fasse •* L'oubli , par qui tout s'efface , Ta louange , dans mes vers D'amarante5 couronnée, N'aura sa lin terminée Qu'en celle do l'univers.
1 Allusion aux armesdu duché de Milan, au milieu desqui 1 le> était peinte une couleuvre dévorant un enfant
• Tou> 1rs poëtea onl <iii qui' les cygnes chantaient agréablement, et surtout lorsqu'ils étaient sur le point de mourir. Mais la vérité est que i«'s <■> ^ih's ne chantent point lorsqu'ils vont mourir, et qu'ils ne chantent jamais agréablement Mi m.
3 Reliques pour reste a bonne grâce dans les compositions relevées. \'on tam refert <i"i<l dicas, quam quo loco. Ml N.
' on dit livrer, donner, <■! non pas faii\ un assaut, >i ce n'est chez Ifs maîtres d'armes. I !hi vni w
$ Amarante, fon lu grec mâpavrcç, qui ne se flétrit pas
< lette fleur est le s\ mbole de l'Immortalité.