‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 15 sur 672 · A M. LE DIC DE MBLLEG \I'J)E · texte numérisé non relu

A M. LE DIC DE MBLLEG \I'J)E

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A la fin c'est tri p de silence En si beau sujet de parler; Le mérite qu'on \eut celer

Souffre une injuste violence.

Bellegarde, unique suppon

Où mes vœux ont trouvé leur port,

Que tarde ma paresse ingrate

Que déjà ton bruit ' nonpareil

Aux bords du Tape et de l'Euphrate

N'a vu l'un et l'autre soleil?

Les bfoses, hautaines et braves, Tiennent le flatter odieux,

Et , comme parentes des dieu\ Ne parlent jamais en esclaves :

Mais aussi ne sont-elles pas De ces beautés dont les appas Ne sont que rigueur et que glace, Et de qui le cerveau léger, Quelque service qu'on leur fasse, Ne se peut jamais obliger.

La vertu , qui de leur étude Est le fruit le plus précieux, Sur tous les actes vicieux, Leur fait haïr l'ingratitude :

El les agréables chansons, Par qui leurs doctes nourrissons Savent charmer les destin

Récompensent un bon accueil De louanges que les annt -

Ne mettent point dans le cercueil.

Les tiennes, par moi publii

.le le jure sur les autels .

' Malherbe composa cette ode deux ans avant la mort de Henri l\ . il fais lit alors partie de la maison du duc d garde, qui lui donna i mille livres de p nsi et lui entreti nail un bomme el un ch< vaL

estlci pour renommée. Les italiens dis m •' il grido. vii N

■ n est \rai que les Muses sool >l - dk i — i n déesses d'un ordre Inférieur à Jupiter, à Apollon, à Mars, Bacchus,àJunoo, a ' «, a Mlnervi

autres dieux qu'on appelle majontm gentùtm Malherbe a dit que k - Muai

entendu parlée des dieu du premier ordre. <|u'il • appHcs ,a<-nr par excellence Ml >

ŒUVRES DE MALHERBE

En la mémoire des mortels Ne seront jamais oubliées ; Et l'éternité que promet La montagne au double sommet N'est que mensonge et que fumée, Ou je rendrai cet univers Amoureux de ta rénommée , Autant que tu l'es de mes vers.

Comme , en cueillant une guirlande ', L'homme est d'autant plus travaillé Que le parterre est émaillé D'une diversité plus grande; Tant de fleurs de tant de côtés Faisant paraître en leurs beautés L'artifice de la nature , Qu'il tient suspendu son désir, Et ne sait en cette peinture Ni que laisser, ni que choisir :

Ainsi , quand pressé de la honte Dont me fait rougir mon devoir, Je veux une œuvre concevoir Qui pour toi les âges surmonte, Tu me tiens les sens enchantés De tant de rares qualités Où brille un excès de lumière, Que , plus je m'arrête à penser Laquelle sera la première, Moins je sais par où commencer.

Si nommer en son parentage»

Une longue suite d'aïeux 3 Que la gloire a mis dans les cieux Est réputé grand avantage , De qui n'est-il point reconnu Que toujours les tiens ont tenu Les charges les plus honorables Dont le mérite et la raison , Quand les destins sont favorables, Parent une illustre maison ?

1 Cette façon de parler est très-belle ; el ceux qui y trouvent à dire, parce qu'on ne cueille point de guirlandes, mais seulement des fleurs dont on fait ensuite des guirlandes, ne savent ce que c'est que la poésie. Pline a dit de même , et plus hardiment encore : in horlis seri et coronamentajussit C'ato. Hist. natur. lib. XXI, cap. I. (MÉN.)

a d mot, quoique vieu y, ne laisse pas d'être beau, et il est bien plus poétique que celui de parenté. (MÉN.)

3 Leduc de Bell.-garde était de la maison de Saint-Lary, c'est-à-dire, de saint Hilnire: desancto Hilario; c'est ainsi que cette maison est appelée dans les titres latins. Le maréchal de Bellegarde était son oncle ; et c'est de ce maréchal et de celui de Termes, allié à la même maison, que Malherbe entend parler quand il dit que les parents du duc de Bellegarde ont toujours occupé en France les charges les plus honorable* (MÉN.)

Qui ne sait de quelles tempêtes Leur fatale main autrefois, Portant la foudre de nos rois, Des Alpes a battu les têtes « ?

Qui n'a vu dessous leurs combats Le Pà mettre les cornes ba^ », Et les peupbs de ses deux rives, Dans la frayeur ensevelis, Laisser leurs dépouilles captives A la merci des fleurs de lis?

Mais de chercher aux sépultures Des témoignages de valeur, C'est à ceux qui n'ont rien du leur Estimable aux races futures; Non pas à toi , qui , revêtu De tous les dons que la vertu Peut recevoir de la fortune , Connais que c'est que du vrai bien , Et ne veux pas, comme la lune , Luire d'autre feu que du tien.

Quand le monstre infâme d'Envie,

A qui rien de l'autrui ne plaît ,

Tout lâche et perfide qu'il est,

Jette les yeux dessus ta vie ,

Et te voit emporter le prix

Des grands cœurs et des beaux esprits

Dont aujourd'hui la France est pleine,

Est-il pas contraint d'avouer

Qu'il a lui-même de la peine

A s'empêcher de te louer?

Soit que l'honneur de la carrière T'appelle à monter à cheval , Soit qu'il se présente un rival Pour la lice ou pour la barrière , Soit que tu donnes ton loisir A prendre quelque autre plaisir Eloigné des molles délices ; Qui ne sait que toute la court3 A regarder tes exercices Comme à des théâtres accourt?

Quand tu passas en Italie, Où tu fus quérir pour mon roi Ce joyau d'honneur et de foi Dont l'Ame à la Seine s'allie ,

• Le maréchal de Termes commandait en Italie. (MÉN.)

2 Voyez, ode V. la note de Ménage Mir la corne du Tésin.

3 Ménage voulait qu'on écrivit toujours court, et non pas cour, ce mot venant du latin curtis, ou eorlis, de même que l'italien carte, et non pas de curia ; mais l'usage a prévalu sur l'étymologie.

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