II. PRÉFACE
pour l'édition de 1674, m-4°.
AU LECTEUR
J'avais médité une assez longue préface, où, suivant la coutume reçue parmi les écrivains de ce temps , j'espérais rendre un compte fort exact de mes ouvrages, et justifier les libertés que j'y ai prises ; mais, depuis, j'ai fait réflexion que ces sortes d'avant-propos ne servaient ordinairement qu'à mettre en jour la vanité de l'auteur, et , au lieu d'excuser ses fautes , fournissaient souvent de nouvelles armes contre lui. D'ailleurs je ne crois point mes ouvrages assez bons pour mériter des éloges, ni assez criminels pour avoir besoin d'apologie. Je ne me louerai donc ici , ni ne me justifierai de rien. Le lecteur saura seulement que je lui donne une édition de mes satires plus correcte que les précédentes, deux épitres nouvelles1, X Art poétique en vers, et quatre chants du Lutrin*. J'y ai ajouté aussi la traduction du Traité que le rhéteur Longin a composé du Sublime ou du merveilleux dans le discours. J'ai fait originairement cette traduction pour m'instruire, plutôt que dans le dessein de la donner au public; mais j'ai cru qu'on ne serait pas fâché de la voir ici à la suite de la Poétique, avec laquelle ce traité a quelque rapport , et où j'ai même inséré plusieurs préceptes qui en sonttirés. J'avais dessein d'y joindre aussi quelques dialogues en prose que j'ai composés; mais des considérations particulières m'en ont empêché. J'espère en donner quelque jour un volume à part. Voilà tout ce que j'ai à dire au lecteur. Encore ne sais-je si je ne lui en ai point déjà trop dit, et si, en ce peu de paroles, je ne suis point tombé dans le défaut que je voulais éviter.
* Les épitres u et in.
1 Les deux derniers ne parurent qu'en 1663.
ŒUVRES DE ROILEAU.