‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 153 sur 672 · III. PRÉFACE · texte numérisé non relu

III. PRÉFACE

pour l'éditiox de 1674, ra-12*.

AU LECTEUR

Je m'imagine que le public me fait la justice de croire que je n'aurais pas beaucoup de peine à répondre aux livres qu'on a publiés contre moi ; mais j'ai naturellement une espèce d'aversion pour ces longues apologies qui se font en faveur de bagatelles aussi bagatelles que sont mes ouvrages. Et d'ailleurs ayant attaqué, comme j'ai fait, de gaieté de cœur, plusieurs écrivains célèbres, je serais bien injuste si je trouvais mauvais qu'on m'attaquât à mon tour. Ajoutez que, si les objections qu'on me fait sont bonnes, il est raisonnable qu'elles passent pour telles; et , si elles sont mauvaises, il se trouvera assez de lecteurs sensés pour redresser les petits esprits qui s'en pourraient laisser surprendre. Je ne répondrai donc rien atout ce qu'on a dit, ni à tout ce qu'on a écrit contre moi; et, si je n'ai pas donné aux auteurs de bonnes règles de poésie , j'espère leur donner par là une leçon assez belle de modération. Rien loin de leur rendre injures pour injures, ils trouveront bon que je les remercie ici du soin qu'ils prennent de publier que ma Poétique est une traduction de la Poétique d'Horace ; car , puisque dans mon ouvrage, qui est d'onze cents vers, il n'y en a pas plus de cinquante ou soixante tout au plus imités d'Horace, ils ne peuvent pas faire un plus bel éloge du reste qu'en le supposant traduit de ce grand poète, et je m'étonne après cela qu'ils osent combattre les règles que j'y débite. Pour Vida*, dont ils m'accusent d'avoir pris aussi quelque chose , mes amis savent bien que je ne l'ai jamais lu, et j'en puis faire tel serment qu'on voudra, sans craindre de blesser ma conscience.

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