‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 195 sur 672 · I -• magistral des lois emprunta le secours · texte numérisé non relu

I -• magistral des lois emprunta le secours

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i omédie il Aristophane lion

Et, rendant par edit les poètes plus sages, Défendit de marquer lés noms et les visages. Le théâtre perdît son antique fureur; La comédie apprit a rire sans aigreur, Sans fiel et sans venin sut instruire el reprendre, Et plut innocemment dans les vers de Ménandre '. Chacun , peint avec art dans ce nouveau miroir. S'y vit avec plaisir, ou crut ne s'y point voir . L'avare, des premiers, rit du tableau fidèle D'un avare souvent tracé sur son modèle; Et mille fois un fat , finement exprime , Méconnut le portrait sur lui-même formé.

Que la nature donc soit votre étude unique, Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique. Quiconque voit bien l'homme, et d'un esprit profond, De tant de cœurs cachés a pénètre le fond; Qui sait bien ce que c'est qu'un prodigue, un avare, Un honnête homme, un fat, un jaloux , un bizarre , Sur une scène heureuse il peut les étaler, Et les faire à nos yeux vivre, agir et parler. Présentez-en partout les images naïves; Que chacun y soit peint de< couleurs les plus vives. La nature, féconde en bizarres portraits, Dans chaque âme est marquée à de diff rents traits; Un geste la découvre, un rien la fait paraître : Mais tout espril n'a pas des yeux pour la connaître Le temps, qui change tout, change aussi nos hnmeurs Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses niours.

Unj'eunehomme, toujours bouillantdanssescapri Est prompt a recevoir l'impression des vices ; [ces Est vain dans ses discours, volage en ses désirs, Rétif à la censure, et fou dans les plaisirs. L'âge viril, plus unir, inspire un air plus sage; Se pousse auprès des grands, s'intrigue, se ménage; Contre les coups du sort son-e a se maintenir, Et loin dans le présent regarde l'avenir. La vieillesse chagrine incessamment amasse; (larde, non pas pour soi. les trésors qu'elle entasse; Marche en tous ses desseins d'un pas lent et glacé, Toujours plaint le présent et vante le passé; Inhabile aux plaisirs dont la jeunesse abuse . Blâme en eux les douceurs (pie l'âge lui icfuse.

Ne laites point parler vos acteurs au hasard, Un vieillard en jeune homme, un jeune homme en

Etudiez la cour et connaissez la ville: vieillard. L'une et l'autre est toujours en modèles fertile. Ces! par là que Molière , illustrant ses écrits. Peut-être de son art eût remporté le prix . Si . moins ami du peuple, en ses doctes peintures Il n'eut pas fait souvent grimacer ses figures, Quitte . pour le bouffon . l'agréable et le fin .

M. nandre était contemporain d'Alexandri le Grand.

Et sans honte à Térence allié Tabarin ; Dans ce sac ridicule où Scapin ■ s'enveloppe Je ne reconnais plus l'auteur du Misanthrope.

Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs, .N'admet point en ses vers de tragiques douleurs ; Mais son emploi n'est pas d'aller dans une place , De mots sales et bas charmer la populace : Il faut que ses acteurs badinent noblement; Que son nœud bien formé se dénoue aisément ; Que l'action , marchant où la raison la guide, Ne se perde jamais dans une scène vide; Que son style humble et doux se relève à propos ; Que ses discours , partout fertiles en bons mots , Soient pleins de passions finement maniées, Et les scènes toujours l'une à l'autre liées. Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter : Jamais de la nature il ne faut s'écarter. Contemplez de quel air un père dans Térence J Vient d'un fils amoureux gourmander l'imprudence; De quel air cet amant écoute ses leçons , Et court chez sa maîtresse oublier ces chansons. Ce n'est pas un portrait, une image semblable; C'est un amant , un fils , un père véritable. J'aime sur le théâtre un agréable auteur Qui , sans se diffamer aux yeux du spectateur, Plaît par la raison seule , et jamais ne la choque; Mais pour un faux plaisant, à grossière équivoque, Qui, pour me divertir, n'a que la saleté . Qu'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté, Amusant le Pont-Neuf de ses sornettes fades , Aux laquais assemblés jouer ses mascarades.

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