POUR LE ROI
\l.l. \\T CHATIER LA RÉBELLION DES BOCH1 I 1 OIS, ET CHASSER LES LNGLAIS QUI IN I M 11 IWII 11 ETAIENT DESCE.NDIS E.\ LILE t»E I1III ..
HJL'7.
Donc un nouveau labeur a tes armes s'apprête : Prens ta foudre, Louis . el va comme un lion Donner le dernier coup a la dernière tète De la rébellion.
Eais choir en sacriOce au démorJ de la France Les fronts trop élevés de ces ifer;
Et n'épargne contre eux, pour notre délivrance, xNi le feu ni le fer.
Assez de leurs complots l'infidèle malice A nourri le désordre et la sédition :
Quitte le nom de Juste. OU fais \oir ta justice En leur punition.
Le centième décembre l a les plaines ternies, Et le Centième avril les a [teintes de Heurs,
■ Peuples ainsi appi lésdevcf«i,qui signifiepd/tira qui' ces peuples campaient dans leurs pâturages avec leur» troopi aux. < 'esl de 1 1 qu'est venu le mot *« m I Mi %
2 Ménélas « >■ Idi . au Ml' livre d III* de l" xn d'Aimer, l'ade mèm< d
I mus MU.
ODUers de ce ni'.is pour m irquer s; mais je ferais diftlcult dédire, ou plutiMji point du lout, le vingtième ou le IrenUème décembi
dire la \ Ingtiei u la In ntit deréquhoque
du vingUème et du trentième jo s de décembre.
ŒUVRES DE MALHERBE
Depuis que parmi nous leurs brutales manies Ne causent que des pleurs.
Dans toutes les fureurs des siècles de tes pères, Les monstres les plus noirs firent-ils jamais rien Que l'inhumanité de ces cœurs de vipères Ne renouvelle au tien ?
Par qui sont aujourd'hui tant de villes désertes, Tant de grands bâtiments en masures changés, Et de tant de chardons les campagnes couvertes, Que par ces enragés?
Les sceptres devant eux n'ont point de privilèges, Les immortels eux-même ' en sont persécutés ; [léges Et c'est aux plus saints lieux que leurs mains sacri- Font plus d'impiétés 2.
Marche , va les détruire , éteins-en la semence; Et suis jusqu'à leur fin ton courroux généreux, Sans jamais écouter ni pitié, ni clémence Qui te parle pour eux.
Ils ont beau vers le ciel leurs murailles accroître, Beau d'un soin assidu travailler à leurs forts , Et creuser leurs fossés jusqu'à faire paraître Le jour entre les morts ;
Laisse-les espérer, laisse-les entreprendre : Il suffit que ta cause est la cause de Dieu , Et qu'avecque ton bras elle a pour la défendre Les soins de Richelieu ;
Ilichelieu , ce prélat de qui toute l'envie Est de voir ta grandeur aux Indes se borner, Et qui visiblement ne fait cas de sa vie Que pour te la donner.
Rien que ton intérêt n'occupe sa pensée , Nuls divertissements ne l'appellent ailleurs, Et de quelques bons yeux qu'on ait vanté Lyncée 3, Il en a de meilleurs.
Son âme toute grande est une âme hardie, Qui pratique si bien l'art de nous secourir,
1 Ménage fait remarquer que la grammaire voulait euxmêmes, au pluriel, et que Malherbe pouvait dire : même les immortels en sont 'persécutés ; mais qu'il a sans Sorte trouvé ce vers peu satisfaisant pour l'oreille. Impetratum est a cons ti'tudine utpeccare suavitaus causa liceret.
2 Pour être correct aujourd'hui ,il faudrait dire : font le plus d'impiétés
3 Lyncée élail un des Argonautes. 11 avait la vue si bonne qu'elle pénétrait les choses les plus solides, comme les arbres, les murs et la terre, (Mén!
Que, pourvu qu'il soit cru, nous n'avons maladie Qu'il ne sache guérir.
Le ciel, qui doit le bien selon qu'on le mérite, Si de ce grand oracle il ne t'eût assisté, Par un autre présent n'eut jamais été quitte Envers ta piété.
Va , ne diffère plus tes bonnes destinées , Mon Apollon t'assure et t'engage sa foi Qu'employant ce Tiphys ', Syrtes 2 et Cyanées 3 Seront havres pour toi.
Certes, ou je me trompe, ou déjà la Victoire, Qui son plus grand honneur de tes palmes attend , Est aux bords de Charente en son habit de gloire , Pour te rendre content.
Je la vois qui t'appelle , et qui semble te dire : Roi, le plus grand des rois , et qui m'es le plus cher. Si tu veux que je t'aide à sauver ton empire , Il est temps de marcher.
Que sa façon est brave et sa mine assurée! Qu'elle a fait richement son armure étoffer! Et qu'il se connaît 4 bien, à la voir si parée , Que tu vas triompher !
Telle, en ce grand assaut où des fils de la Terre La rage ambitieuse à leur honte parut, Elle sauva le ciel, et rua 5 le tonnerre Dont Briare mourut.
Déjà de tous côtés s'avançaient les approches : Ici courait Mimas , là Typhon se battait, Et là suait Eurythe à détacher les roches 6 Qu'Encelade jetait.
A peine cette Vierge eut l'affaire embrassée, Qu'aussitôt Jupiter en son trône remis Vit selon son désir la tempête cessée, Et n'eut plus d'ennemis.
Ces colosses d'orgueil furent tous mis en poudre, Et tous couverts des monts qu'ils avaient arrachés ;
1 Pilote du na\ ire des Argonautes.
2 Les Syrtes sont deux golfes tic la .Méditerranée, sur les côtes de Barbarie, ou les vaisseaux sont entraînés par la rapidité des courants.
3 Nous avons déjà remarqué ce mot dans la huitième strophe de l'ode VIII.
4 Cette locution répond au si conosce des Italiens.
5 La signification de ce mot qui vient du latin ruere est moins étendue aujourd'hui qu'elle n'était du temps de Malherbe : lança h. tonnerre Berall l'expression propre.
« Dans ce vers, on sent le travail du géanl qui détache la roche; dans le suivant, on la voit partir. (La Harpe.)
LIVRK I, ODES.
Phlègre ' qui les reçut pue1 encore la foudre Dont ils furent touchés3.
L'exemple de leur race à jamais abolie Devait sous ta merci tes rebelles ployer : Mais serait-ce raison qu'une même folie N'eût pas même loyer 4 ?
Déjà l'étonnement leur fait la couleur blême; Et ce lâche voisin5 qu'ils sont allés quérir, Misérable qu'il est , se condamne lui-même A fuir6 ou mourir.
Sa mute le remord : Mégère le regarde, Et lui porte l'esprit à ce vrai sentiment, Que d'une injuste offense il aura , quoiqu'il tarde, Le juste châtiment.
liien semble être la mer une barre assez forte Pour nous ôter l'espoir qu'il puisse être battu : Mais est-il rien de clos dont ne t'ouvrent la porte Ton heur et ta vertu ?
Neptune , importuné de ses voiles infâmes, Comme tu paraîtras au passage des Ilots, Voudra que ses Tritons mettent la main aux rames, Et soient tes matelots.
Là rendront tes guerriers tant de sortes de preuves , Et d'une telle ardeur pousseront leurs efforts , Que le sang étranger fera monter nos fleuves Au-dessus de leurs bords.
Par cet exploit fatal , en tous lieux va renaître La bonne opinion des courages français ; Et le monde croira , s'il doit avoir un maître , Qu'il faut que tu le sois.
1 (li impou vallée de Thessalie, témoin de la guerre des dieux avec les géants.
' Notre délicatesse s'offenserait aujourd'hui de ce mot qu'on retrouve dans la plupart des écrivains de ce temps-là.
Le mol touché* est trop faible pour peindre une action si terrible En cela, Malherbea voulu imiter les Latins, qui disent toueht de lu foudre , pour foudroyé :
De corto ii. tu memlnl pnrdirerc quercus. Vjrg. Buiol. cclog. I , v.
Mus il n'a pas pris garde qu'ils ne le disent que des choses sur lesquelles la foudre estsfmptemenl tombée, et non pas de celles que la foudre a fracassées et réduites en poudre. (Mi s.)
' Coyer signifie proprement le prix , in récompense; toutefois il se 'lit aussi du châtiment et de la punition. Lee Latins ont usé de même du mot pretium , en ces deux significations.
I Mh\.) — Ce mol a vieilli; C'est une perte pour la poésie Mm: HONTEL.)
■ i." anglais.
Malherbe, qui avait l'oreille bonne, ce qui n'est pas unedes moindres parties du poète, a toujours fait/btr de deus syDabes,el fuit d'une syllabe; et en cela il a été suivi par plusieurs poètes célèbres, el approuve de Vaugelas. Mi s
Oh! que, pour avoir part en si belle aventw Je me souhaiterais la fortune d'Éson,
Qui vieil comme je suis, revint contre nature En sa jeune saison ■ !
De quel péril extrême est la guerre sui\ ie Où je ne fisse voir que tout l'or du Levant N'a rien que je compare aux honneurs d'une vie Perdue en te servant ?
Toutes les autres morts n'ont mérite ni marque : Celle-ci porte seule un éclat radieux . Qui fait revivre l'homme, et le met de la barque A la table des dieux.
Mais quoi! tous les pensers dont les âmes bien nées Excitent leur valeur et flattent leur devoir, Que sont-ce que regrets , quand le nombre d'années1 Leur ote le pouvoir?
Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les \ i En vain dans les combats ont des soins dilisents Mars est comme l'Amour; ses travaux et ses peint s Veulent déjeunes gens.
Je suis vaincu du temps , je cède à ses outra. Mon esprit seulement , exempt de sa rigueur , A de quoi témoigner en ses derniers ouvrages Sa première vigueur.
Les puissantes faveurs dont Parnasse m'honore Non loin de mon berceau commencèrent leur cours: Je les possédai jeune, et les possède encore A la fin de mes jours.
Ce que j'en ai reçu je veux te le produire : Tu verras mon adresse ; et ton front , cette fois , Sera ceint de rayons qu'on ne vit jamais luire Sur la tête des rois4.
Soit que de tes lauriers ma lyre s'entretienne ,
1 Éson , père de lason . fut rajeuni par les enchantements -le Médée. VoyezOvidcdansleVir livre de ses Métan* -,
— Onécrit et on prononce aujourd'hui vieux devant une consonne.
> Malherbe s'affranchit ici des règles de la grammaire, qui voudrait b nombre in minus; et Ménage pense ■ , hardiesse n'a rien de contraire au génie de notre langue, toujours prèle a favoriser l'impatience et la v ivacite de la nation.
; Boileau , attaque d'une hvdropisie de poitrine, et pji
pirer. répondait par ce vers de Malherbe aux personnes qui le questionnaient sur sa santé. C'est ainsi que le législateur du Parnasse, jusqu'à son dernier moment, rendait hommage B celui qu'il regardait comme le père de la poésie franc i
I ■•au mourut le 13 mars ni. àpe de ■•. ans.
* Celle strophe serait Une des plus helles ,1e M alla 1 1
premier vers répondait aux suivants
Soit que de tes bontés je la fasse parler, Quel rival assez vain prétendra que la sienne Aitdequoim'égaler1?
Le fameux Amphion , dont la voix nonpareille Bâtissant une ville étonna l'univers, Quelque bruit qu'il ait eu , n'a point fait de merveille Que ne fassent mes vers.
Par eux de tes beaux faits la terre sera pleine , Et les peuples du Nil , qui les auront ouïs , Donneront de l'encens comme ceux de la Seine Aux autels de Louis.