LIVRE II, STANCES
Vous m'étiez présent a l'esprit En voulant tracer cet écrit ; Et me semblait vous voir paraître Brave et galant en cette cour, Où les plus huppés a leur tour Tâchaient de vous voir et connaître.
Mais ores à moi revenu , Comme d'un doux songe avenu Qui tous nos sentiments cajole, Je veux vous dire franchement, Et de ma façon librement , Que votre Histoire est une école.
Pour moi , dans ce que j*en ai veu , J'assure qu'elle aura l'aveu De tout excellent personnage; Et , puisque Malherbe le dit , Cela sera sans contredit :
Car c'est un très-juste présage.
Toute la France sait fort bien Que je n'estime ou reprends rien Que par raison et par bon titre ; Et que les doctes de mon temps Ont toujours été très-contents De m'élire pour leur arbitre.
La Garde, vous m'en croirez donc,
Que si gentilhomme fut onc
Digne d'éternelle mémoire,
Par vos vertus vous le serez
Et votre loz » rehausserez
Par votre docte et sainte Histoire.