LIVRE SECOM
STANCES
Si des maux renaissants avec ma patience N'ont pouvoir d'arrêter un esprit si hautain .
1 Louange, gloire.
• Noos avons pris ce mot des Italiens , qui npppllmt Ainsi les couplets de lean chansons. Il vient de ttanza, parce <|u'nn s'arrête ordinairement a la fin de chaque staoce.
Mi H
It
ŒUVRES DE MALHERBE
Le temps est médecin d'heureuse expérience : Son remède est tardif; mais il est bien certain.
Le temps à mes douleurs promet une allégeance , Et de voir vos beautés se passer quelque jour ; Lors je serai vengé, si j'ai de la vengeance Pour un si beau sujet pour qui j'ai tant d'amour.
Vous aurez un mari sans être guère aimée ;
Ayant de ses désirs amorti le flambeau -,
Et de cette prison de cent chaînes formée
Vous n'en sortirez point que par l'huis du tombeau.
Tant de perfections qui vous rendent superbe, Les restes d'un mari , sentiront le reclus; Et vos jeunes beautés flétriront comme l'herbe Que l'on a trop foulée et qui ne fleurit plus.
Vous aurez des enfants des douleurs incroyables, Qui seront près de vous , et crieront à l'entour ; Lors fuiront de vos yeux les soleils agréables , Y laissant pour jamais des étoiles autour.
Si je passe en ce temps dedans votre province , Vous voyant sans beautés , et moi rempli d'honneur, Car peut-être qu'alors les bienfaits d'un grand prin- Marieront ma fortune avecque le bonheur : [ce '
Ayant un souvenir de ma peine fidèle,
Mais n'ayant point à l'heure autant que j'ai d'ennuis ,
Je dirai : Autrefois cette femme fut belle ,
Kt je fus autrefois plus sot que je ne suis.