CHAPITRE II
S'il y a un art particulier du sublime ; et des trois vices qui lui sont opposés.
11 faut voir d'abord s'il y a un art particulier du sublime; car il se trouve des gens qui s'imaginent que c'est une erreur de le vouloir réduire en art et d'en donner des préceptes. Le sublime, disent-ils, naît avec nous, et ne s'apprend point. Le seul art pour y parvenir, c'est d'y être né; et même, à ce qu'ils prétendent, il y a des ouvrages que la nature doit produire toute seule : la contrainte des préceptes
1 Gérard Langbaine, qui a fait de petites notes très-savantes sur Longin, prétend qu'il y a ici une faute, et qu'au lieu de «sp'.-'ozAcv pùxXeîai; vôvaîcbva, il faut mettre taEps&xXov £Ùx).c!xt;. Ainsi , dans son sens, il faudrait traduire : ont porté leur gloire au delà de leurs siècles. Mais il se trompe; 77é3isëoXov \ eut dire ont embrassé , ont rempli toute la postérité de Vétendue de leur gloire. Et quand on voudrait même entendre ce passage à sa manière, il ne faudrait point faire pour cela de correction, puisque ireoiÉëaXcv signifie quelquefois ÔTTcpéoaXov, comme on le voit dans ce vers d'Homère :
I(TT£ fap OffffOV EfJLOl ap£TV) ÎTepiOX/.XSTOV ur— Cl.