‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 271 sur 672 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De l'origine du style froid.

Toutes ces affectations cependant , si basses et si puériles, ne viennent que d'une seule cause, c'est à savoir de ce qu'on cherche trop la nouveauté dans les pensées, qui est la manie surtout des écrivains d'aujourd'hui. Car du même endroit que vient le bien, assez souvent vientaussi le mal. Ainsi voyonsnous que ce qui contribue le plus en de certainesoccasions à embellir nos ouvrages; ce qui fait, dis-je, la beauté, la grandeur, les grâces del'élocution, cela même, en d'autres rencontres, est quelquefois cause du contraire, comme on le peut aisément reconnaître clans les Hyperboles , et dans ces autres figures qu'on appelle Pluriels. En effet, nous montrerons dans la suite combien il est dangereux des'enservir.Il fautdonevoir maintenant comment nous pourrons éviter ces vices qui se glissent quelquefois dans le sublime. Or nous en viendrons à bout sans doute, si nous acquérons d'abord une connaissance nette et distincte du véritable sublime , et si nous apprenons à en bienjuger, ce qui n'estpas une chose peu difficile; puisque enfin, de savoir bien juger du fort et du faible d'un discours , ce ne peut être que l'effet d'un long usage, et le dernier fruit, pour ainsi dire, d'une étude consommée. Mais par avance, voici peut-être un chemin pour y parvenir.

1 II n'y avait point do murailles à Sparte. (Boil.)

2 Ce sont (1rs ambassadeurs persans qui le disent dans Hérodote (liv. v, c. 18), chez le roi de Ofacédolne Âmyntas. Cependant Plutarque l'attribue a Alexandre le Grand , et le net au rang des Apoputhegmea de ce prince. Si cela est, il fallait qu'Alexandre P. ut prisa Bérodote. Je suis pourtant du sentiment de Longin, et je trouve le mot froid, dans la bouche même d'Alexandre. (Bon..)

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