‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 277 sur 672 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De l'Amplification.

Entre les moyens dont nous avons parlé, qui contribuent au sublime, il faut aussi donner rang à ce qu'ils appellent amplification. Car quand la nature dessujets qu'on traite, ou des causes qu'on plaide, demande des périodes plus étendues et composées de plus de membres, on peut s'élever par degrés, de telle sorte qu'un mot enchérisse toujours sur l'autre. Et cette adresse peut beaucoup servir, ou pour traiter quelque lieu d'un discours , ou pour exagérer, ou pour confirmer, ou pour mettre en jour un fait , ou pour manier une passion. En effet , l'amplification se peut diviser en un nombre infini d'espèces : mais l'orateur doit savoir que pas une de ces espèces n'est parfaite de soi, s'il n'y a du grand et du sublime, si ce n'est lorsqu'on cherche à émouvoir la pitié, ou que l'on veut ravaler le prix de quelque chose. Partout ailleurs, si vous ôtez à l'amplification ce qu'il y a de grand, vous lui arrachez, pour ainsi dire, l'âme du corps. En un mot, dès que cet appui vient à lui manquer, elle languit, et n'a plus ni force ni mouvement. Maintenant , pour plus grande netteté , disons en peu de mots la différence qu'il y a de cette partie à celle dont nous avons parlé dans le chapitre précédent, et qui, comme j'ai dit, n'est autre chose qu'un amas de circonstances choisies, que l'on réunit ensemble : et voyons par où l'amplification en général diffère du grand et du sublime.

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