‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 310 sur 672 · BOII.I · texte numérisé non relu

BOII.I

s'était proposé, comme il le déclare lui-même, de dresser des autels à Virgile, il a parlé d'Homère d'une manière un peu profane. Mais, outre que ce n'est que par rapport a Virgile, et dans un livre qu'il appelle hyper critique , voulant témoigner par là qu'il y passe toutes les bornes de la critique ordinaire, il est certain que ce livre n'a pas fait d'honneur à son auteur, Dieu ayant permis que ce savant homme soit devenu alors un M. P"*, et soit tombé dans des ignorances si grossières, qu'elles lui ont attiré la risée de tous les gens de lettres , et de son propre fils même.

Au reste, afin que notre censeur ne s'imagine pas que je sois le seul qui aie trouvé ses dialogues si étranges et qui aie paru si sérieusement choqué de l'ignorante audace avec laquelle il y décide de tout ce qu'il y a de plus révéré dans les lettres, je ne saurais, ce me semble, mieux finir ces remarques sur les anciens, qu'en rapportant le mot d'un très-grand prince » d'aujourd'hui , non moins admirable par les lumières de son esprit , et par l'étendue de ses connaissances dans les lettres, que par son extrême valeur et par sa prodigieuse capacité dans la guerre, où il s'est rendu le charme des officiers et des soldats , et où , quoique encore fort jeune , il s'est déjà signalé par quantité d'actions dignes des plus expérimentes capitaines. Ce prince, qui, a l'exemple du fameux prince de Condé, son oncle paternel, lit tout, jusqu'aux ouvrages de .M. P*** , ayant en effet luson dernier dialogue, et en paraissant fort indigné, comme quelqu'un eut pris la liberté de lui demander ce que c'était donc que cet ouvrage pour lequel il témoignait un si grand mépris : « C'est un livre , dit-il , où tout ce que vous avez « jamais ouï louer au monde est blâme , et où tout « ce que vous avez jamais entendu blâmer est loué. »

RÉFLEXION X

ou

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