CHAPITRE III
(Il fait beaucoup, et ditraêmel ischos sd'ase sens. Longin dit de Timée, -. v.-v. i--.;:i -.
Mais ce demi, r mot ne me parait pas pouvoir signifier uji homme «qui dit les chos sd'as is;<> etil me semble qu'il veut bien plutôt dire un homme « qui a de l'imagination, > etc. Et e'esi ldeTimée. Dans ces deux mots, Longin n'a fa ; traduire ce que Cicérou a dit de cet auteur dai
d livre de son <>i,\ 1 1 ; n. rerwm copia et sente 11 lia ru m ru IS. Uihtîaïuf répond à rerumeopia, el MhsententUu 1
(aie.
(Qu'Isocrate n'en a employé a composer son Panégyrique.) J'aurais mieux aimé traduire, « qu'Iso- « crate n'en a employé à composer le Panégyrique. » Car le mot son m'a semblé faire ici une équivoque, comme si c'était le Panégyrique d'Alexandre. Ce Panégyrique fut fait pour exhorter Philippe à faire laguerre aux Perses; cependant les interprètes latins s'y sont trompés, et ilsont expliqué ce passagecomme si ce discours d'Isocrate avait été l'éloge de Philippe pour avoir déjà vaincu les Perses.
(Puisqu'ils furent trente ans à prendre la ville de Messène.) Longin parle ici de cette expédition des Lacédémoniens qui fut la cause de la naissance des Parthéniens, dont j'ai expliqué l'histoire dans Horace. Cette guerre ne dura que vingt ans ; c'est pourquoi , comme M. Lefèbvre l'a fort bien remarqué , il faut nécessairement corriger le texte de Longin, où les copistes ont mis un>. quisigniûe trente, pour un * qui ne marque que vingt. M. Lefèbvre ne s'est pas amusé à le prouver : mais voici un passage de Tyrtée qui confirme la chose fort clairement :
Aucfû> rtoiJ' Ètiây/vr' twtaxatoéxdo' etn NcoXepe'tù; aîù TaXaawpptrt* 8uu.lv ïyovnç
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•DtûfOv f8u(j.aîuv ix. aEfÔAwv ôpswv.
« Nos braves aïeux assiégèrent pendant dix-neuf « ans , sans aucun relâche , la ville de Messène , et à « la vingtième année les Messéniens quittèrent leur « citadelle d'Ithome. » Les Lacédémoniens eurent encore d'autres guerres avec les Messéniens ; mais elles ne furent pas si longues.
(Parce qu'il y avait un des chefs de l'armée ennemie , qui tirait son nom d'Hermès de père en fils , savoir Hermocrate , fils d'Hermon. ) Cela n'explique point, à mon avis, la pensée deTimée, qui dit : « Parce qu'il y avait un des chefs de l'armée enne- « mie, savoir, Hermocrate , fils d'Hermon , qui des- « cendait en droite ligne de celui qu'ils avaient si « maltraité. » Timée avait pris la généalogie de ce général des Syracusains dans les Tables qui étaient gardées dans le temple de Jupiter Olympien, près de Syracuse , et qui furent surprises par les Athéniens au commencement de cette guerre , comme cela est expliqué au long par Plutarque dans la Vie de Nicias. Thucydide parle de cette mutilation des statues de Mercure; et il dit qu'elles furent toutes mutilées, tant celles qui étaient dans les temples, que celles qui étaient à l'entrée des maisons des particuliers.
(S'il n'eût eu des vierges aux yeux , et non pas des
pruneiles impudiques.) L'opposition qui est dans le texte entre «sa; et «opvz; n'est pas dans la traduction, entre vierges et prunelles impudiques • cependant comme c'est l'opposition qui fait le ridicule que Longin a trouvé dans ce passage de Timée, j'aurais voulu la conserver et traduire, « s'il eût eu des « vierges aux yeux, et non pas des courtisanes. »
(Ayant écrit toutes ces choses, ils poseront dans les temples ces monuments de cyprès.) De la manière dont M. Despréaux a traduit ce passade , je n'y trouve plus le ridicule que Longin a voulu nous y faire remarquer: car pourquoi des ta blettes de cyprès ne pourraient-elles pas être appelées des monuments de cyprès? Platon dit : « Ils poseront dans lestem- « pies ces mémoires de cyprès. » Et ce sont ces mémoires de cyprès que Longin blâme avec raison : car en grec comme en notre langue on dit fort bien des mémoires; mais le ridicule est d'y joindre la matière, et de dire des mémoires de cyprès.
(Il y a quelque chose d'aussi ridicule dans Hérodote, quand il appelle les belles femmes le mal des yeux.) Ce passage d'Hérodote est dans le cinquième livre ; et si l'on prend la peine de le lire , je m'assure que l'on trouvera ce jugement de Longin un peu trop sévère : car les Perses , dont Hérodote rapporte ce mot , n'appelaient point en général les belles femmes le maldesijeux ; ils parlaient de ces femmes qu'Amyntas avait fait entrer dans la chambre du festin , et qu'il avait placées vis-à-vis d'eux , de manière qu'ils ne pouvaient que les regarder. Ces barbares qui n'étaient pas gens à se contenter de cela , se plaignirentà Amyntas , et lui dirent qu'il ne fallait point faire venir ces femmes , où qu'après les avoir fait venir il devait les faire asseoir à leurs côtés, et non pas vis-à-vis pour leur faire mal aux yeux. Il me semble que cela change un peu l'espèce. Dans le reste, il est certain que Longin a eu raison de condamner cette figure. Beaucoup de Grecs déclineront pourtant ici sa juridiction, sur ce que de fort bons auteurs ont dit beaucoup de choses semblables. Ovide en est plein. Dans Plutarque , un homme appelle un beau garçon « la fièvre de son fils. » Térence a dit, tuos mores morbum illi esse scio. Et pour donner des exemples plus conformes à celui dont il s'agit, un Grec a appelé les fleurs i^-h ôyco>;, la fête de la vue , et la verdure, 7rcwwppw ôç9aXp**-
( Parce que ce sont des barbares qui le disent dans le vin et la débauche.) Longin rapporte deux choses qui peuvent en quelque façon excuser Hérodote d'avoir appelé les belles femmes le mal des yeux : la première, que ce sont des barbares qui le disent ; et la seconde , qu'ils le disent dans le vin et dans la débauche. En les joignant, on n'en fait qu'une, et il me
REMARQUES DE M. DACIER
semble que cela affaiblit en quelque manière la pensée de Longin; qui a écrit « parce que ce sont des « barbares qui le disent, et qui le disent même dans « le vin et dans la débauche. »