‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 319 sur 672 · SS · texte numérisé non relu

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ôfAripu. Dans ce sens-là, on peut traduire ainsi ce passage : « Mais, comme l'Océan est toujours grand, « quoiqu'il se soit retiré de ses rivages , et qu'il se « soit resserré dans ses bornes, Homère aussi, « après avoir quitté l'Iliade, ne laisse pas d'être i grand dans les narrations même incroyables et « fabuleuses de l'Odyssée. »

( Je n'ai pas oublié pourtant les descriptions de tempêtes. ) De la manière dont M. Despréaux a traduit ce passage, il semble que Longin, en parlant de ces narrations incroyables et fabuleuses de l'Odyssée, n'y comprenne point ces tempêtes et ces aventures d'Ulysse avec le Cyclope : et c'est tout le contraire, si je ne me trompe; car Longin dit : « Quand je vous parle de ces narrations incroyables « et fabuleuses , vous pouvez bien croire que je n'ai - pas oublié ces tempêtes de l'Odyssée , ni tout ce « qu'on y lit du Cyclope, ni quelques autres en- « droits, » etc. Et ce sont ces endroits mêmes qu'Horace appelle Speciosa miracula.

( Il en est de même des colombes qui nourrirent Jupiter. ) Le passage d'Homère est dans le douzième livre de l'Odyssée, vers 62 :

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Tsr.pûva;, xat t' àaSsou'iViV Ait ■kxt^I cpÉpoudtv.

« Ni les timides colombes qui portent l'ambroisie à « Jupiter. » Les anciens ont fort parlé de cette fiction d'Homère , sur laquelle Alexandre consulta Aristote et Chiron. On peut voir Atbénée, livre II, page 490. Longin la traite de songe; mais peut-être Longin n'était-il pas si savant dans l'antiquité qu'il était bon critique. Homère avait pris ceci des Phéniciens , qui appelaient presque de la même manière une colombe et une prêtresse ; ainsi , quand ils disaient que des colombes nourrissaient Jupiter, ils parlaient des prêtres et des prêtresses qui lui offraient des sacrifices que l'on a toujours appelés la viande des dieux. On doit expliquer de la même manière la fable des colombes de Dodone et de Jupiter Ammon.

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