‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 321 sur 672 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

( Pour Cicéron, etc. ) Longin , en conservant l'idée des embrasements qui semblent quelquefois ne se ralentir que pour éclater avec plus de violence, définit très-bien le caractère de Cicéron , qui conserve toujours un certain feu, mais qui le ranime en certains endroits, et lorsqu'il semble qu'il va s'éteindre.

( Au contraire, l'abondance est meilleure lorsqu'on veut , si j'ose me servir de ces termes, répandre une rosée agréable dans les esprits. ) Outre que cette expression, répandre une rosée , ne répond pas bien à l'abondance dont il est ici question , il me semble qu'elle obscurcit la pensée de Longin , qui oppose ici y,xz%v~/.r,azi à èjc-àtî;*' , et qui , après avoir dit que « le sublime concis de Démosthène « doit être employé lorsqu'il faut entièrement éton- « ner l'auditeur, » ajoute, « qu'on doit se servir de « cette riche abondance de Cicéron , lorsqu'il faut « l'adoucir. » Ce wzm-Ixw. est emprunté de la médecine ; il signifie proprement/ore?'?, fomenter, adoucir ; et cette idée est venue à Longin du mot £x->.r,;o.i. Le sublime concis est pour frapper ; mais cette heureuse abondance est pour guérir les coups que ce sublime a portés. De cette manière , Longin explique fort bien les deux genres de discours que les anciens rhéteurs ont établis, dont l'un, qui est pour toucher et pour frapper, est appelé proprement oratio vehemens; et l'autre, qui est pour adoucir, oratio lenis.

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