‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 330 sur 672 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

( La déesse Vénus, pour châtier l'insolence des Scythes, qui avaient pillé son temple, leur envoya la maladie des femmes.) Par cette maladie des femmes , tous les interprètes ont entendu les hémorrhoïdes; mais il me semble qu'Hérodote aurait eu tort de n'attribuer qu'aux femmes ce qui est aussi commun aux hommes, et que la périphrase dont il s'est servi ne serait pas fort juste. Ce passage a embarrassé beaucoup de gens, et Voiture n'en a pas été seul en peine. Pour moi , je suis persuadé que la plupart , pour avoir voulu trop finasser, ne sont point entrés dans la pensée d'Hérodote , qui n'entend point d'autre maladie que celle qui est particulière aux femmes. C'est en cela aussi que sa périphrase parait admirable à Longin , parce que cet auteur avait plusieurs autres manières de circonlocution, mais qui auraient été toutes ou rudes ou malhonnêtes; au lieu que celle qu'il a choisie est très-propre, et ne choque point. En effet, le mot voûocç, maladie, n'a rien de grossier, et ne donne aucune idée sale : on peut encore ajouter, pour faire paraître davantage la délicatesse d'Hérodote en cet endroit, qu'il n'a pas dit vcyaov "pvaocwv, la maladie des femmes, mais par l'adjectif ôv.siav voua™, la maladie féminine , ce qui est beaucoup plus doux dans le grec, et n'a point du tout de grâce dans notre langue, où il ne peut être souffert.

REMARQUES DE M. DACIER

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