‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 331 sur 672 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

( Le remède le plus naturel contre l'abondance et la hardiesse, soit des métaphores, soit des autres ligures, c'est de ne les employer qu'à propos, etc. ) J'aimerais mieux traduire : « Mais je soutiens tou- « jours que l'abondance et la hardiesse des métapho- « res, comme je l'ai déjà dit, les figures employées « à propos, les passions véhémentes, et le grand, « sontles plus naturelsadoucissementsdu sublime. » Longin veut dire que, pour excuser la hardiesse du discours dans le sublime, on n'a pas besoin de ces conditions, pour ainsi dire, si je l'ose dire, etc. et qu'il suffit que les métaphores soient fréquentes et hardies, que les figures soient employées à propos, que les passions soient fortes , et que tout enfin soit noble et grand.

( Il dit que la rate est la cuisine des intestins. ) Le passage de Longin est corrompu, et ceux qui le liront avec attention en tomberont sans doute d'accord; car la rate ne peut jamais être appelée raisonnablement la cuisine des intestins, et ce qui suit détruit manifestement cette métaphore. Longin avait écrit, comme Platon, Ixjwcyeïbv, et non pas [xa-yeipEtov. On peut voir le passage tout du long dans le Timée, à la page 72 du tome III de l'édition de Serranus. Èxua-ysTcv signifie proprement y. E'.p -.y.* /.?:--•/, une serviette à essuyer les mains. Platon dit que « Dieu a placé la rate au voisinage du foie, afin « qu'elle lui serve comme de torchon, si j'ose me « servir de ce terme, et qu'elle le tienne toujours « propre et net; c'est pourquoi, lorsque, dans une « maladie, le foie est environné d'ordures, la rate, « qui est une substance creuse, molle, et qui n'a « point de sang, le nettoie, et prend elle-même « toutes ces ordures : d'où vient qu'elle s'enlle et « devient bouffie; comme, au contraire, après que « le corps est purgé, elle se désenfle, et retourne « à son premier état. » Je m'étonne que personne ne se soit aperçu de cette faute dans Longin, et qu'on ne l'ait corrigée sur le texte même de Platon, et sur le témoignage de Poilus, qui cite ce passage dans le chapitre iv du livre IL

(De fait, accusant Platon d'être tombé en plusieurs endroits, il parle de l'autre comme d'un auteur achevé, etc.) Il me semble que cela n'explique pas assez la pensée de Longin, qui dit : « En effet, il « préfère à Platon, qui est tombé en beaucoup « d'endroits; il lui préfère, dis-je, Lysias, comme un « orateur achevé, et qui n'a point de défauts, » etc.

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