CHAPITRE XXXIII
( De même, ces paroles mesurées n'inspirent point à l'esprit les passions qui doivent naître du discours, etc.) Longin dit : « De même, quand les périodes « sont si mesurées, l'auditeur n'est point touché « du discours; il n'est attentif qu'au nombre et à <> l'harmonie; jusque-là que, prévoyant les cadences « qui doivent suivre, et battant toujours la mesure « comme en une danse, il prévient même l'orateur, « et marque la chute avant qu'elle arrive. » Au reste, ce que Longin dit ici est pris tout entier de la rhétorique d' Iristote; et il peut nous servir fort utilement a corriger l'endroit même d'où ii a été tire. Aristote, après avoir parlé des périodes mesurées,
OEUVRES DE J30ILEAU.
ajoute : tÔ u.îv -yà? <£«îOavov, -c-Xàcra'. -p.s ^y.cî xaj âij.a... ijjûrniat, irpoffêYew -^àp 77oi£Ï tw cjjioÎo) kots TrâXiy
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to , riva aipelrai lin Tpôiïov 6 «teXeuOeooijuevoç, KXe'tova. Dans la première lacune, il faut suppléer assurément xxi aua robç xxo6ovR|ciijcan)<M;et dans la seconde, après «Cet, ajouter ô jtal^flâvovTeçirpoawoJt^ouffi Scnrep c5v, etc.; et après àirsXeu8epo(ijAevo? il faut un point interrogatif. Mais c'est ce qui paraîtra beaucoup mieux par cette traduction : « Ces périodes mesu- « rées ne persuadent point; car, outre qu'elles pa- « raissent étudiées , elles détournent l'auditeur et « le rendent attentif seulement au nombre et aux « chutes , qu'il marque même par avance , comme « on voit les enfants se hâter de répondre Cléon, a avant que les huissiers aient achevé de crier : Qui « est le patron que veut prendre l'affranchi? » Le savant Victorius est le seul qui ait soupçonné que ce passage d'Aristote était corrompu ; mais il n'a pas voulu chercher les moyens de le corriger.