‹ uvres complètes de Boileau DespréauxChapitre 34 sur 672 · SUB LA MOBT DE SON MAKI · texte numérisé non relu

SUB LA MOBT DE SON MAKI

Ainsi , quand Mausole 3 fut mort , Artémise accusa le sort, De pleurs se noya le visage, Et dit aux astres innocents Tout ce que fait dire la rage Quand elle est maîtresse des sens.

Ainsi fut sourde au reconfort, Quand elle eut trouvé dans le port La perte qu'elle avait songée,

' La toile de Pénélope se dit proverbialement des ouvrages qui os s'achèvent Jamais. Mrs.)

' ( r poème, que Malherbe composa en Provence, est beau depuis le commencement jusqu'à là lin. M. du Perrier, avocat au parlement d' vi\ , croil avoir oui dire à son père, l'ami familier de Malherbe, que Cftritée étail une dame de grand mérite el de grande beauté, veuve d'un gentilhomme provençal , seigneur de Saint-Elienne . nommé PEi éque. Mi \. i — Trois éditions de cette pièce, antérieures à l'année l€io, prouvent combien était peu fidèle la tradition de ces personnes de la vieille cour, sur la fui desquelles Saint-Ëvremonl a dit que Malherbe avait composé ces stances pour consoler Marie de

Médlcls de la iimit de Henri l\ . s i -MARC.)

J Mausole, lils d'Hécatomne, roi de Carie, épousa Itrtémiie sa sosur* et succéda a son père. Lrlémlse l'aima avi r la passion la plus ardente dont Jamais femme ait aimé son mari. Après sa mort, elle avala ses cendres, t Ile ne se contenta pas de lui avoir donne ce tombeau vivant, pour me servir de l'expression de Valère Maxime*, elle lui en lit l'aire un de marbre . et -i magnifique, qu'il a été mis au nom Lie des sepl

merveilles du monde, el ijue deson 1101 .1 appelé mauso-

i' es imis les antres tombeaux magnifiques. Mi n

• Uv IV. rh vi.

Vous n'êtes seule en ce tourment Qui témoignez du sentiment , O trop (idele Caritée!

En toutes âmes l'amitié, De mêmes ennuis agitée, Fait les mêmes traits de pitié.

De combien déjeunes maris, En la querelle de Paris, Tomba la vie entre les armes , Qui fussent retournés un jour, Si la mort se payait de larmes ; A Mycènes 3 faire l'amour!

Mais le destin , qui fait nos lois , Est jaloux qu'on passe deux fois Au deçà du rivage blême :

Et les dieux ont gardé ce don , Si rare que Jupiter même Ne le sut faire à Sarpédon 4.

Pourquoi donc, si peu sagement Démentant votre jugement, Passez-vous en cette amertume Le meilleur de votre saison , Aimant mieux plaindre par coutume, Que vous consoler par raison?

Nature fait bien quelque effort Qu'où ne peut condamner qu'a tort :

Mais que direz-vous pour défendre Ce prodige de cruauté

1 Remarquez {es ■passions pour la passion. Desportes a dit

de même dans le premier sonnet a Diane :

Je n'aprandirai point , riche d'Inventions .

Vos beautés , >os dédains, ma fui , nu ■■> ca-sslons.

2 AJcyone el Ceyx son époux tarent changea en oiseau* marins '. — Il < si Impossible de faire un meilleur u- mythologie. Les fables, suivant la remarque Judicieuse de

l'Iularqile. sont l'allie de l.i poésie; In, lis il \ ,i de I". .dresse

à s'en bien servir. Nous ne devons recourir qu'à ■• tout le monde saii. Ronsard . pour en avoir employé qui ne m, nt connues que des savants, el qui ne se trouvent que dans les scoliastes , au lieu d'acquérir la repu t. d ion de docte, a mérité e. lie de pédant. Il ne faut pas non plus k a prodigu< r, . t, comme disait Connue ans tJetdePin Lire, k s n pandi gac . m. us .i\iv l.i m. un. Mi n.

> Ville du Péloponèse, capital* Lgamemnon.

■t Prince de Lycie, tiis de Jupiter et de Laodamie, selon les mis; de Jupiter et d'Europe , selon les autres. Il fut tué

par PatrOCle : et Homère. -ion. dd qu'il ne lui

gervil de rien d'elre lils de Jupiter.

'.•«MéUm. d'OvMr. llv XI , rti it

ŒUVRES DE MALHERBE

Par qui vous semblez entreprendre De ruiner votre beauté?

Que vous ont fait ces beaux cbeveux ,

Dignes objets de tant de vœux ,

Pour endurer votre colère ,

Et, devenus vos ennemis,

Recevoir l'injuste salaire

D'un crime qu'ils n'ont point commis?

Quelles aimables qualités En celui que vous regrettez Ont pu mériter qu'à vos roses Vous ôtiez leur vive couleur, Et livriez de si belles choses A la merci de la douleur?

Remettez-vous l'âme en repos , Changez ces funestes propos; Et par la fin de vos tempêtes Obligeant tous les beaux esprits, Conservez au siècle où vous êtes Ce que vous lui donnez de prix.

Amour autrefois en vos 37eux Plein d'appas si délicieux, Devient mélancolique et sombre , Quand il voit qu'un si long ennui Vous fait consumer pour une ombre Ce que vous n'avez que pour lui.

S'il vous ressouvient du pouvoir Que ses traits vous ont fait avoir Quand vos lumières étaient calmes , Permettez-lui de vous guérir, Et ne différez point les palmes Qu'il brûle de vous acquérir.

Le temps d'un insensible cours , Nous porte à la fin de nos jours ; C'est à notre sage conduite, Sans murmurer de ce défaut , De nous consoler de sa fuite, En le ménageant comme il faut.

CONSOLATION A M. DU PERRIER1 Ta douleur, du Perrier, sera donc éternelle?

1 François du Perrier, gentilhomme de Provence , était fils de Laurent du Perrier, avocat au parlement d'Aix, petit-tfls

Et les tristes discours ' Que te met en l'esprit l'amitié paternelle L'augmenteront toujours ?

Le malheur de ta fille 2 au tombeau descendue

Par un commun trépas , Est-ce quelque dédale où ta raison perdue

Ne se retrouve pas?

Je sais de quels appas son enfance était pleine;

Et n'ai pas entrepris, Injurieux ami , de soulager ta peine

Avecque son mépris.

Mais elle était du monde , où les plus belles choses

Ont le pire destin; Et , rose , elle a vécu ce que vivent les roses ,

L'espace d'un matin 3

Puis , quand ainsi serait que , selon ta prière ,

Elle aurait obtenu D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière ,

Qu'en fût-il avenu?

Penses-tu que plus vieille en la maison céleste

Elle eût eu plus d'accueil, Ou qu'elle eût moins senti la poussière funeste

Et les vers du cercueil ?

JN'on, non, mon du Perrier; aussitôt que la Parque

Ote l'âme du corps, L'âge s'évanouit au deçà de la barque ,

Et ne suit point les morts.

Tithon 4 n'a plus les ans qui le firent cigale ;

Et Pluton aujourd'hui , Sans égard du passé , les mérites égale

D'Archémore 5 et de lui.

de Gaspard du Perrier, conseiller au même parlement, et petit-neveu de Jacques du Perrier, chevalier de Rhodes, tué au siège de Rhodes, comme nous l'apprenons de l'histoire de Provence de Nostradamus et du Martyrologe de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. (Mén.)

1 Remarquez ici le choix du rhythme , et comme ce petit vers qui tombe régulièrement après le premier, peint l'abattement de la douleur. C'est la le vrai secret de l'harmonie dont on parle tant aujourd'hui : il ne s'agit pas de la tra\ ailler avec effort, il faut la choisir avec goût I La Harpe.)

2 Marguerite du Perrier, sur la mort de laquelle tous les beaux esprits de Provenœ, et François du Perrier lui-même, tirent des vers.

3 Quelle douceur! quelle sensibilité! quelle expression! (La Harpe.)

4 Tithon ayant demandé à l'Aurore l'immortalité, et l'ayant obtenue, oublia de lui demander une jeunesse éternelle. Devenu vieux, et s'ennuyant de vivre, il fut changé en cigale.

5Lycurgue, roi de Némée, eut un fils nommé Opheltès, qu'il fit élever parHypsipile. Les sept princes grecs qui allaient

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