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Denys d'Haï icarnasse, pour montrer que la beauté •lu st\ le consiste principalement dans l'arrangement
des mois, cite un endroit de l'Odyssée, où, l lysse
1 biriyo alors pnr de Visé et Thomas Corneille.
et Kuméeétant sur lepointdese mettre à table pour déjeuner, Télémaque arrive tout àcoup dans la maison d'Eumée. Les chiens, qui le sentent approcher, n'aboient point , mais remuent la queue ; ce qui fait voir a Ulysse que c'est quelqu'un de connaissance qui est sur le point d'arriver. Denys d'Halicarnasse, ayant rapporté tout cet endroit , fait cette réflexion : Que ce n'est point le choix des mots qui en fait l'agrément , la plupart de ceux qui y sont employés étant , dit-il, très-vils et très-bas, sfrrgXearaTcàv -i xm. TawetvoT«T<ov , mots qui sont toujours dans la bouche des moindres laboureurs et des moindres artisans, et qui ne laissent pas de charmer par la manière dont le poète a eu soin de les arranger. En lisant cet eudroitje me suis souvenu que, dans une de vos nouvelles remarques', vous avancez que jamais on n'a dit qu'Homère ait employé un seul mot bas. (. vous de voir si cette remarque de Denys d'Halicarnasse n'est point contraire à la vôtre , et s'il n'est point à craindre qu'on ne vienne vous chicaner ladessus. Prenez la peine de lire toute la réflexion de Denys d'Halicarnasse, qui m'a paru très-belle et merveilleusement exprimée; c'est dans son traité -:;! TJVTï'actd; ov.u.arwv, à la troisième page.
J'ai fait réflexion aussi qu'au lieu de dire que le mot d'âne est engrec un mot très-noble, vous pourriez vous contenter de dire que c'est un mot qui n'a rien de bas1, et qui est comme celui de cerf, de cheval, de brebis, etc.; le tres-noble me paraît un peu trop fort.
Tout ce traité de Denys d'Halicarnasse , dont je viens de vous parler, et que je relus hier tout entier avec un grand plaisir, me fit souvenir de l'extrême impertinence de M. Perrault, qui avance que le tour des paroles ne fait rien pour l'éloquence, et qu'on ne doit regarder qu'au sens; et c'est pourquoi il prétend qu'on peut mieux jiiL'er d'un auteur par son traducteur, quelque mauvais qu'il soit , que par la lecture de l'auteur même. Je ne me souviens point que, vous ayez relevé cette extravagance, qui vous donnerait pourtant beau jeu pour le tourner en ridicule.
Pour le mot de y. •.-,;• -/m, qui signifie quelquefois cohabiter avec une femme ou avec un homme, et souvent converser simplement, voici des exempli s tirés de l'Écriture. Dieu dit à Jérusalem , dans Ézéchiel : Congi'egabo tibi iunut<u-< s tm>s , cum quibus commislaes, etc.3 Dans le prophète Daniel, les deux vieillards, racontant comme ilsont surpris Su-
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zanne en adultère , disent , parlant d'elle et du jeune homme qu'ils prétendent qui était avec elle : l'idimus eos pariter commisceri1 . Us disent aussi à Suzanne : Assentire nobis, et commiscere nobiscum*. Voilà commisceri dans le premier sens. Voici des exemples du second sens. Saint Paul dit aux Corinthiens : Ne commisceamini fornicariis : « N'ayez point de commerce avec les fornicateurs. » Et , expliquant ce qu'il a voulu dire par là , il dit qu'il n'entend point parler des fornicateurs qui sont parmi les gentils; « autrement, ajoute-t-il , il faudrait re- « nonceràvivreavecles hommes; mais quandje vous « ai mandé de n'avoir point de commerce avec les « fornicateurs , non commisceri, j'ai entendu parler « deceux qui sepourraienttrouver parmi les fidèles; « et non-seulement avec les fornicateurs, mais ente core avec les avares et les usurpateurs du bien « d'autrui , etc. 3 » Il en est de même du mot cognoscere, qui se trouve dans ces deux sens en mille endroits de l'Écriture.
Encore un coup, je me passerais de la fausse érudition de ïussanus •*, qui est trop clairement démentie par l'endroit des servantes de Pénélope. M. Perrault ne peut-il pas avoir quelque ami grec, qui lui fournisse des mémoires?